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PROCÉDÉS DÉRIVANT DE LA PHOTOGRAPHIE

Nous sortirions du rôle auquel nous tenons à nous borner, si nous donnions dans ce chapitre les instructions complètes que comportent chacun de? procédés que nous y indiquerons. Ces procédés ont été le sujet de monographies spéciales auxquelles l’amateur devra se reporter, s’il désire avoir une connaissance approfondie des opérations que nous allons exposer sommairement.

On peut cependant, et sans crainte d'erreur, agir d'après les renseignements que nous fournissons, sauf à rechercher ailleurs les documents plus détaillés que nécessiterait le désir de faire grand emploi de l'un des procédés, documents que le cadre d'un traité élémentaire, nous le répétons, ne saurait comporter.

Des impressions par la lumière.

En dehors de l'impression d'un cliché sur le papier

sensibilisé au nitrate d'argent, on peut, avec le même châssis qui a servi à cette opération, obtenir des impressions de toutes sortes, pourvu que la gravure ou le dessin qui feront office de cliché soient assez transparents pour permettre à la lumière de pénétrer aisément jusqu’à la feuille de papier sensible. Il est facile ainsi d'obtenir une première épreuve qui servira soit comme épreuve, soit comme cliché, selon que l'on applique à l'envers ou à l'endroit, la gravure ou le dessin sur le papier sensibilisé. Après exposition dans le châssis ; le virage et le fixage à l’hyposulfite se font ainsi que nous l'avons indiqué.

La pratique de ce procédé rend de tels services qu'un chercheur intelligent, M. A. Marion, l'a vulgarisé en établissant une usine spéciale pour la fabrication des papiers sensibles. Son papier au ferro-prussiate permet de reproduire à l'infini, les dessins industriels ou artistiques les plus délicats , pourvu qu'ils soient exécutés sur papier pelure , et avec une encre ou un crayon bien noirs. Le temps de pose dans le châssis à volets dépend bien entendu de l'intensité lumineuse.

Au soleil, le papier mariotype est impressionné en quelques minutes; à l’ombre il faut beaucoup plus de temps. En tous cas, la teinte obtenue doit avoir dépassé le bleu gris, arriver au vert olive pour que l’épreuve donne une reproduction bien colorée. Au sortir du châssis l’épreuve est plongée dans l'eau pure; elle y séjourne jusqu’à ce que les clairs du dessin soient bien nets, tandis que le fond prend une couleur bleu d'outremer. En employant de l'eau chaude à 30 ou 3o degrés, on accélère le dégorgement et on le rend plus complet. Après un dernier lavage à l'eau l'épreuve est mise à sécher.

Epreuves positives sur verre.

Au lieu de papier, on peutemployer pour recevoir l'image

d’un cliché une glace au gélatino-bromure. Choisissez un cliché bien venu, aussi fin de détails que possible, et mettez-le dans le châssis à volets comme si vous aviez à faire une impression ordinaire. Sur le cliché vous placez au lieu du papier une plaque au gélatino-bromure ; la gélatine tournée contre celle du cliché. Cette opération doit être faite bien entendu dans le cabinet obscur, et avant d’en sortir on a soin de poser sur la glace du châssis un papier ou un carton noirci que l’on y tient bien appliqué avec la main. On transporte le châssis en pleine lumière et, d’un mouvement très rapide on enlève et l’on replace aussitôt le papier noir; l’impression est faite instantanément. On rentre alors le châssis au laboratoire, où se font le développement et le fixage, comme si la glace avait été exposéeàl’objectif. Après le fixage, la glace traitée comme du papier sensibilisé, passe par les bains de virage et d’hyposulfite de soude.

L’image ainsi obtenue est d’une merveilleuse finesse et produit l’illusion complète de la réalité dans le stéréoscope.

On emploie aussi les positives sur verre comme sujets de lanterne magique, mais leur véritable utilisation consiste dans la production d’images scientifiques ou industrielles qui, glissées dans les appareils de projection de Molténi, sont reçues sur l’écran, soit grossies, soit à la grandeur d’exécution de l’original.

Ce procédé a permis d’établir des cours d’anatomie, de géologie, d’entomologie, etc., etc., qui peuvent suppléer à l’étude de visu de l'organisme, du sol ou de l’insecte pris sur nature.

Il est indispensable de préserver la couche de gélatine des positives sur verre, en y accolant une glace bien transparente. Les deux verres sont maintenus appliqués l’un contre l’autre au moyen de bandelettes de papier solide

collées sur leur tranche, et recouvrant les bords sur une largeur de quelques millimètres.

Du stéréoscope.

Le stéréoscope a pour résultat de produire la sensation du relief. Tout le monde connaît si bien cet appareil que nous n’avons pas besoin de le décrire. Disons seulement de quelle manière s’obtient le cliché destiné aux vues stéréoscopiques.

Les photographes qui ont l’emploi fréquent de ce procédé se servent d’une chambre noire spéciale munie de deux objectifs exactement semblables et prennent ainsi en une seule pose les deux vues ou portraits qu’il faut faire sur la même glace. On peut cependant se dispenser des deux objectifs, mais la chambre noire doit être forcément divisée verticalement en deux sections, par une cloison en carton noirci grâce à laquelle, lors de la pose, une moitié seulement de la glace est impressionnée. De plus, la planchette où se visse l’objectif doit être mobile et glisser de gauche à droite et de droite à gauche, de façon à ce que les lentilles, s’étant pour la première pose trouvées en face d’une moitié de' la plaque sensible puissent à la seconde pose être présentées à l’autre moitié.

En somme, il est nécessaire de produire sur une même glace deux clichés, ' et l’agencement de la chambre noire doit être tel que ces deux clichés s’obtiennent aussi nettement l’un que l’autre. C’est pour arriver à ce résultat qu’une cloison divisera la chambre noire et que l’objectif pourra glisser tantôt sur la droite tantôt sur la gauche de cette chambre, afin d’éclairer avec la même intensité l’une et l’autre partie de la glace.

Voici en deux mots sur quel phénomène optique repose l’illusion du stéréoscope.

Léonard de Vinci avait prouvé par d’ingénieuses figures que le sentiment du relief provenait de la vision binoculaire ; trois siècles après lui, Wheatstone utilisa cette observation en construisant le premier stéréoscope dont la vulgarisation de la photographie est venue consacrer l’usage. La disposition des images stéréoscopiques est par conséquent basée sur ce fait : que chacun de nos yeux enveloppe une partie différente de l’objet perçu par la vue ; l’œil gauche voit la partie gauche tandis que l’œil droit voit la partie droite. Il s’agit donc, pour donner la sensation du relief, de combiner deux images de façon à ce que, confondues dans la vision binoculaire, elles apparaissent comme si les corps qui la composent étaient doués des saillies qu’ils possèdent à l’état naturel. On y arrive en espaçant d’un certain écart le point d’où chacune des images est prise.

A cet effet la chambre noire, au lieu d’être vissée directement sur son pied, est fixée sur une planchette d’environ 70 centimètres de longueur que le pied supporte. Dans cette planchette est pratiquée une fente longitudinale de 50 à GO centimètres, fente assez large pour que la tige du boulon de la chambre noire puisse y jouer librement. On peut ainsi promener la chambre noire d’une extrémité à l’autre de la planchette et donner un écart suffisant au point de vue des deux clichés. Il est bon de tracer au milieu de la planchette une ligne noire afin que, lors des deux poses, on puisse écarter de même mesure la chambre, sur le côté droit ou sur le côté gauche.

Ce mécanisme est fort simple. Quant à son emploi il ne l’est pas moins, car il ne s’agit que de régler l'écartement des deux points de vue d’après la distance de l’objet à reproduire. Plus il est éloigné plus l’écartement doit être accru; en général pour les objets rapprochés de 2 à 3 mètres, un écartement de 10 centimètres, est suffisant ;

pour des vues plus éloignées, il faut user de toute la course que permet la longueur de la planchette.

Il est bien entendu que, dans chacune des poses, c’est exactement le même centre de vue qui doit être mis au centre de la glace dépolie, afin que les deux clichés présentent identiquement le même ensemble.

Lors du montage de l’épreuve sur bristol, ne pas omettre de transposer les deux vues, celle de droite devra être collée àgauche, et celle de gauche à droite.

Le Procédé au Charbon.

La photographie au charbon n’est probablement qu’une forme transitoire des procédés recherchés pour rendre l’épreuve inaltérable. Depuis que l’on trouve dans le commerce des papiers mixtionnés, au charbon, à la sanguine, etc., l’opération est de beaucoup simplifiée, la préparation de la mixtion étant la plus délicate de celles que nécessite le procédé.

Il est à croire que de longtemps encore les impressions mécaniques, n’atteindront pas comme finesse et netteté de trait, les admirables résultats de la photographie au charbon; aussi engageons-nous nos lecteurs à se familiariser avec les opérations qu’elle comporte; ce procédé étant celui qui donne jusqu’à présent les meilleurs rendus artistiques.

Il est presque impossible de réussir ce genre de photographie si l’on n’est déjà rompu aux manipulations des impressions que nous avons décrites. Ici le papier sur lequel on doit agir n’est qu’un véhicule : il supporte la mixtion gélatineuse qui contient l’image et c’est cette mixtion même, pellicule légère, facilement contractile, qu’il faut rèporter sur une plaque de verre ou sur une

feuille de papier albuminée. Ceci constitue le 'premier transfert.

Dans certains cas on doit en faire un second, mais le travail en est tellement complexe, qu’il n'y a pas lieu de le décrire dans un traité élémentaire.

Sensibilisation du papier mixtionné.

La sensibilisation des papiers mixtionnés s'opère dans l'ombre du laboratoire, en les immergeant dans une dissolution de bichromate de potasse.

Le dosage du bain aqueux de bichromate de potasse, peut varier de 2 à 6 grammes pour 100. La température extérieure est la cause de ces différences: ainsi en été le dosage de bichromate ne doit pas être aussi élevé qu’en hiver; l'humidité de l'atmosphère a également une action marquée sur la sensibilité du papier mixtionné.

En général le bain à 3 pour cent de bichromate donne de bons résultats. Les mêmes influences de chaleur et d'humidité déterminent le temps de pose, ou l'insolation dans le châssis à volets. Nous y reviendrons tout à l'heure.

Le bain est filtré avec soin, puis versé dans une cuvette en porcelaine ; il est utile qu’au moment de la sensibilisation du papier la température de la solution n’excède pas 40 degrés. On commence par immerger la feuille dans la cuvette, la mixtion en dessus, en prenant soin d'éviter l’interposition de toute bulle d’air entre elle et le liquide. Lorsqu’elle est recouverte par le bain, on la retourne avec précaution , pour la poser dans le sens inverse, c’est-à-dire la mixtion tournée contre le fond de la cuvette. Le temps de séjour dans cette position est indiqué par le moment où le papier montre ime tendance

à s’enrouler sur lui-même. En général, ces immersions n’exigent pas plus de deux à trois minutes.

La feuille est alors saisie par deux angles et suspendue à une corde par deux pinces à ressort, ou plus simplement piquée par deux épingles contre un liteau. Il est utile que la pièce obscure où sèchent les papiers sensibilisés soit suffisamment aérée, afin que la dessiccation soit aussi rapide que possible. En cinq ou six heures le séchage doit être achevé; s’il durait plus de dix ou douze heures, on risquerait de voir se former à la surface des feuilles des cristaux de bichromate de potasse qui nuiraient à l’impression de l’image. Bien préparé, le papier sensibilisé peut être conservé pendant trois à quatre jours en été et huit ou dix en hiver, dans l’une ou l’autre saison toujours au sec et à l’abri de la lumière. Quelques opérateurs, afin d’assurer cette conservation, font subir à leur papier au sortir du bain sensibilisateur un lavage rapide à l’eau pure, qui élimine l’excès de bichromate qu’il pourrait contenir.

Impression du papier* mixtionné.

Malgré le soin avec lequel a été opérée la dessiccation de la feuille sensible, il peut arriver que dans le châssispresse elle se colle au cliché ou qu elle le salisse . On prévient cet accident en vernissant le cliché, et en garnissant ses bords de bandelettes de papier noir ; puis on ferme le châssis en ayant garde d’éviter tout frottement, ou tout glissement qui dérangerait les bandes interposées entre le papier et les bords du cliché. Pour rendre aussi uniforme que possible l'application de la feuille sur le cliché, il est bon de poser sur elle une plaque de verre bien plane, avant d’y mettre le cahier en papier buvard dont on se sert pour les épreuves ordinaires.

La durée de l’insolation a été précisée par un maître en cette matière, M. Léon Vidal ; c’est à lui que nous empruntons la description de ce procédé, et nous ne pouvons mieux faire que de reproduire les renseignements qu’il a publiés sur ce sujet.

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