RECETTES ET RENSEIGNEMENTS DIVERS
A. défaut d’atelier.
Les amateurs qui n’ont pas à leur disposition d’atelier vitré peuvent le remplacer en certain cas, par un agencement fort simple. On choisit dans l’appartement la pièce la mieux éclairée et à l’aide de deux glaces convenablement disposés devant une fenêtre, on constitue une sorte de cabinet lumineux, où le plein jour de l’extérieur vient se réfléchir sur la personne qui pose ou sur le tableau à reproduire. La disposition des glaces est généralement celle des deux côtés d’un triangle rectangle, dont la fenêtre formerait la base ; il suffit de faire varier de quelques décimètres l’angle formé par chaque panneau de glace pour projeter la lumière avec plus ou moins d’intensité sur le sujet à photographier. La meilleure disposition pour les miroirs est celle adoptée pour les glaces des tailleurs ou des couturières ; deux montants
verticaux les soutiennent, et, au milieu de la hauteur, une vis de serrage formant pivot permet de faire subir au miroir une inclinaison en avant ou en arrière. C’est en somme ce que les ébénistes nomment une psyché.
Avec deux miroirs de 1 mètre de hauteur, sur environ GO centimètres de largeur, montés comme nous venons de l’indiquer, on peut obtenir d’excellents résultats. Il y a quelques années M. Cassan, de Montauban, a publié un album de photographies, obtenues avec ce simple éclairage, qui a été fort apprécié.
Photographie de nuit.
Il est probable que, dans un avenir prochain, on nous fournira à domicile la force et la lumière électriques, comme aujourd’hui on a l’eau et le gaz à tous les étages. Alors l’atelier vitré n’aura plus qu’une bien moindre raison d’être, et les amateurs seront en possession d’un mode d’éclairage, dont ceux qui trouvent longues les journées brumeuses et les soirées d’hiver doivent appeler l’avènement de tous leurs vœux.
En attendant, il peut être utile d’indiquer quels moyens sont employés pour faire de la photographie soit pendant la nuit, soit dans des lieux obscurs.
Le til de magnésium donne une lumière photogénique très suffisante pour impressionner une glace au gélatinobromure d’argent, malheureusement sa combustion produit des vapeurs si abondantes qu’elles couvrent d’un nuage opaque les sujets qu’elle pourrait éclairer. On ne peut l'utiliser qu’en en recevant la lumière sur un miroir concave, en cuivre argenté ou nickelé ; ce miroir doit être d’assez grande dimension pour que sa projection embrasse l'ensemble de l’objet à photographier. Nous avons
vu dans la maison Braun, de l’avenue de l'Opéra, des reproductions de tableaux et de sculpture de cathédrales obtenues grâce au magnésium, et qui sont de toute beauté.
Certains mélanges pyrotechniques ont été essayés pour opérer pendant la nuit. M. Moule, en Angleterre, a produit de remarquables clichés avec un mélange dont Monkhoven donne la formule :
Salpêtre 86 parties.
Fleur de soufre 21 —
Antimoine sulfuré natif 6 —
On réduit séparément en poudre chacune de ces trois substances et on les passe à un tamis de soie très fin, puis on les mélange à la main, après quoi, afin d’obtenir une masse bien homogène, on repasse deux ou trois fois au tamis. Le mélange est légèrement comprimé dans de petitscyiindres en papier que l’on posesurdes soucoupes. Lorsque l’on a mis au point en éclairant avec une lampe ordinaire, on allume deux ou trois de ces chandelles, qui doivent avoir une durée de vingt à trente secondes.
Il est jusqu’ici extrêmement difficile, avec la lumière artificielle, d’obtenir la reproduction des vêtements et des tableaux. Certaines couleurs qui donnent au costume ou à la peinture une valeur dominante s’éteignent ou prennent trop d'importance dans le cliché.
La lumière du jour elle-même n’agit pas sur un assez grand nombre de nuances ; bien plus, il est des couleurs qui, exactement semblables pour l’œil, ont un pouvoir photogénique différent. M. Glaishair a mélangé du rouge garance de façon à lui donner la même teinte que celle du vermillon ; il a peint une tenture moitié avec l’une, moitié avec l’autre de ces couleurs, et a obtenu un cliché qui dénotait deux tons fort distincts, là où l’œil le plus exercé n'en découvrait qu'un. Une expérience encore plus
curieuse de cet ingénieux chercheur consiste à peindre, sur papier blanc, avec une solution de sulfate de quinine. Aucun des traits n’est visible ; mais un cliché au collodion les révèle nettement.
Reproductions de vieilles épreuves ou de gravures anciennes.
Les épreuves photographiques vieillies ou exposées au soleil prennent une teinte jaunâtre qui fait mal venir les reproductions. Le seul moyen que nous connaissions pour les faire revenir au noir est de passer sur leur surface un pinceau d’encre de chine délayée plus ou moins claire. On fera bien de mouiller préalablement l’épreuve avant de l’enduire, afin qu’en étendant ce glacis, la trace des coups de pinceaux ne reste pas apparente.
Les plaques daguerriennes peuvent être ravivées en les lavant d’abord à l’alcool, puis en les couvrant de la dissolution suivante :
Eau GO grammes.
Cyanure de potassium 1 décigramme.
Après nettoyage rincer la plaque à grande eau et la faire sécher. 11 est indispensable d’éviter tout miroitement de la plaque daguerrienne en lui donnant la pose devant l’objectif.
Blanchiment des gravures.
Un grand nombre de gravures anciennes, et des plus intéressantes à reproduire sont tachées ou piquées de jaune. Il faut si l’on tient à en obtenir un bon cliché, procéder à leur nettoyage avant de les phographier.
Quoique l’opération à exécuter soit fort connue, nous donnons ici la formule du bain généralement employé :
Bicarbonate de soude 1 kilogramme.
Eau 2 litres 1/2.
Faire bouillir pendant un quart d’heure, puis ajouter en remuant sans cesse :
Chlorure de chaux pulvérisé 800 grammes.
On laisse déposer, on décante à froid et l’on filtre.
La gravure est plongée dans ce bain, on ne l’y laisse que juste le temps nécessaire pour que les taches disparaissent, puis on lave à grande eau, en prenant soin de ne pas fatiguer le papier, dont la pâte souvent mal collée pourrait se désagréger.
M. Van den Berghem préconise une autre méthode.
Il met tout simplement baigner la gravure pendant quelques minutes dans de l’eau de javelle et la rince ensuite dans de l’eau trois ou quatre fois renouvelée. On prétend que l’eau de javelle attaque moins profondément que le chlorure de chaux et ne laisse pas de trace dans le papier.
Retouches Se Dégradés.
Nous réunissons sous cette rubrique deux procédés fort ingénieux et qui produisent d’assez bons résultats.
Le premier est dû à un photographe d’Alger.
Afin de donner aux portraits le flou qui enlève à la figure les modelés trop accentués, et aussi pour faire disparaître les taches ou érosions que portent presque tous les visages, M. Hassan interpose lors de l'insolation, entre le papier sensibilisé et le cliché, une feuille de crêpe ou de gaze, tissu à mailles peu serrées et facilement extensible. Chaque fois que l’on ouvre un volet du
châssis pour surveiller la venue de l’épreuve, on tire la feuille de crêpe, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, et, avec quelque habileté, on arrive ainsi à produire des images d’une extrême douceur.
M. Houeix de la Brousse a publié le moyen suivant pour obtenir des dégradés de bustes sur le cliché même.
Il fait poser sur un fond noir, puis introduit dans la chambre noire un carton de même dimension que le soufflet et percé en son centre d’un trou ovale. Ce carton doit se trouver cà cinq ou six centimètres devant le verre dépoli et les dimensions de l'ouverture ovale sont proportionnées à celles du buste qui se peint sur la glace.
Obturateurs.
Nous avons dit que l’on nommait obturateur le bouchon creux qui ferme l’objectif. Avec les anciens procédés, c’est au moyen de ce bouchon enlevé et remis en place avec plus ou moins de rapidité que l’on donnait la pose.
Les plaques au gélatino-bromure d’argent, ayant réduit considérablement le temps de pose, on en est arrivé à construire des obturateurs fonctionnant plus activement que ne peut le faire le mouvement de la main.
Les obturateurs Cadett et Guerry qui se placent soiten avant, soit en arrière de l’objectif, consistent en un petit cadre de bois dans lequel est articulé un volet en velours noir. Un tube de caoutchouc plus ou moins long met l’appareil en communication avec une poire en caoutchouc. En comprimant la poire en caoutchouc, l’air qu elle renferme, violemment chassé, fait pression sur une ventouse logée dans le cadre et soulève ainsi le volet. La rapidité de la transmision est extrême, et l’on peut, grâce à ce très ingénieux système, faire poser sans que la personne que l’on photographie se doute du mo-
ment où elle a été saisie. On gagne ainsi beaucoup en naturel et en bon aspect de tenue. L’obturateur Guerry est un perfectionnement sur celui de Cadett.
Si rapide que soit cet obturateur, il ne donne pas l’instantanéité, et comme c’est aujourd’hui par fraction de secondes que l’on saisit certaines poses, on a eu recours à un obturateur dit à guillotine. M. Carette est dépositaire d’un excellent modèle de ce genre. Deux languettes en bois juxtaposées et réunies par un liteau sur chaque côté sont percées au centre d’un trou rond. Entre les deux planchettes, une autre petite planche très mince glisse sans frottement de haut en bas ; elle est ellemême percée d’une ouverture égale à celle dont nous venons de parler. Il est facile de concevoir que. lorsque l’on soulève la cloison intérieure, le jour ne parait plus à travers les ouvertures. Laissez la retomber par son propre poids, et, dans un instant très court, les trois ouvertures auront été en communication en même temps. Ce petit appareil s’applique à l’avant de l’objectif ; il est muni d’un tube et d’une poire à compression en caoutchouc pour lâcher le déclin qui maintient relevée la planchette interne.
Un autre obturateur, imaginé par M. Boca, vient tout récemment d’être livré au commerce par M. Rédier.Il est un peu trop compliqué pour que nous en donnions la description. L’avantage qu’il présente, c’est que l’on peut régler le temps de pose depuis zéro jusqu'à six secondes en fractionnant par cinquantième de seconde. C’est une merveille d’ingéniosité.
Clichés retournés. — Photomètre. — Radiomètre.
On sait que, dans le procédé au charbon, l’épreuve que l’on obtient directement d’après le cliché est tournée à
l'inverse de l’objet reproduit. Sans avoir recours à l'opération dite du double transfert , qui, pour les débutants, est assez délicate, on peut obtenir une image cotiforme à la nature par le moyen suivant .
Lors de la mise au châssis de la glace, au lieu de présenter à l’objectif le côté sensible, on tourne le dos de la plaque en face des lentilles, de sorte que l’impression se produit à travers la glace. On doit avoir soin de retourner le verre dépoli et d’employer des plaques qui aient exactement la même épaisseur que lui. afin que la mise au point ne soit pas faussée.
Il est facile de concevoir qu'en ce cas il n’est pas nécessaire, en développant un tel cliché, de pousser à fond l’apparition des grands noirs au dos de la plaque.
Tandis que nous sommes revenus au procédé au charbon, parlons d’un appareil presque indispensable pour y réussir à coup sûr.
Le papier qui supporte la mixtion n’étant pas blanc comme le papier albuminé, il est impossible de se rendre compte des progrès de l’insolation et du moment précis où l'image, étant imprimée, doit être enlevée du cMssis à volets. La table d'indication, établie par M. Vidal, ne donne qu'approximativement ce temps de pose, aussi est-il bon, sil'on veut arriver aune précisionplus grande, d’employer un contrôle plus exact. De nombreux genres de photomètres ont été imaginés à cet effet ; il en est peu qui soient vraiment pratiques. Le plus simple qui ait été indiqué est dûau docteur Monkhoven; nous en trouvons la description dans l’Aide-mémoire de photographie pour 1880.
Dans 200 grammes d’eau dissolvez 100 grammes de nitrate d’urane; versez dans une capsule en porcelaine et chauffez. Ajoutez peu à peu une dissolution chaude et concentrée de carbonate d'ammoniaque dans l’eau.
Il se produit alors dans la capsule une effervescence due au dégagement de l'acide carbonique, et il se forme un précipité jaune d’uranate d’ammoniaque. Mais à mesure que l’on ajoute du carbonate d’ammonique, la solution s’éclaircit, et il arrive un moment où elle est complètement limpide, parce que l'excès de carbonate d’ammoniaque dissout l’uranate. On l'abandonne alors au refroidissement jusqu’au lendemain, et l’on trouve le fond de la capsule entièrement tapissé de cristaux de carbonate ammoniacal d’urane que l’on enlève pour les placer dans un buvard d’abord, puis, le» sécher doucement au feu.
On met alors 50 grammes de ce sel d’urane dans une dissolution de 30 grammes d’acide oxalique préalablement fondu dans 200 grammes d’eau et l’on agite. Le sel d’urane se dissout et l’on a de l’oxalate d’urane. On colore le liquide avec un peu de violet d’aniline et l’on filtre dans un flacon de 250 grammes qui sera rempli jusqu’au goulot. Le bouchon qui couvre la bouteille est en caoutchouc, et percé en son centre pour recevoir un tube en verre d’environ 30 centimètres do longueur sur un millimètre de diamètre intérieur. Ce tube dépassera le bouchon de 1 à 2 millimètres, et le liquide doit y monter à 5 ou G centimètres de haut. On munit le tube d’une échelle en papier divisée en centimètres et millimètres. Flacon et tube sont recouverts d’une cloche en carton noirci tant qu’ils ne sont pas en usage.
Dès que cet instrument est exposé au jour, le liquide commence à monter dans le tube.
On met sous châssis un cliché très intense et un cliché très faible. Si. après développement du papier mixtionné, on trouve les épreuves venues à point, on n’aura plus qu’à noter le temps qu’il a fallu pour imprimer avec le degré fourni sur l’échelle du photomètre. Il est rare que
l’on arrive du premier coup à la réussite de ces deux impressions, mais, une fois qu’on les possède, elles servent d’étalons pour des clichés de valeur intermédiaire. En effet, le degré indiqué par l’ascension du liquide donnant la proportion exacte de l’action de la lumière, on est assuré qu’avec tel degré, il faudra tant de minutes, pour imprimer un cliché d’une intensité déterminée par le maximum et le minimum de l’éclielle qu’auront fourni les deux clichés types.
Il existe un curieux instrument qui peut également servir de photomètre, c’est celui auquel son inventeur, M. William Grookes, a donné le nom de Radiomètre. Il consiste en une sorte de petit moulin dont les ailes très légères ont une face noircie, tandis que l’autre est peinte en blanc. Ce petit appareil est enfermé dans le renflement d’un tube en verre où le vide a été produit. Exposées à la lumière, les ailes du moulinet se mettent en mouvement avec une vitesse proportionnelle à sa puissance ; un compteur électrique inscrit le nombre de tours et par conséquent détermine l’activité photogénique.
Papier au gélatino-bromure d’argent.
L’ennui d’avoir à transporter en voyage de grandes quantités de plaques de verre, les déboires qui peuvent survenir par suite de leur fragilité, font rechercher l’emploi du papier comme support de la couche de gélatine sensibilisée. La maison Morgan, de Paris, a obtenu avec du papier au gélatino-bromure d’argent, d’excellents résultats pour le tirage des épreuves positives. En quelques secondes, on peut imprimer à la lumière d’une lampe ou d’une bougie. Ce papier peut également être employé à la production de clichés. M. Stebbing livre au commerce
des pellicules au gélatino-bromure d’argent qui simplilient grandement le bagage photographique du touriste.
Photo -relief américain.
Le brevet Lévy et Beackrack, exploité en Amérique pour une méthode d'impression photographique de planches gravées, a été livré à la publicité par le Moniteur de la Photographie.
Toute la première partie du procédé, celle qui concerne la production de l’image, est identique aux méthodes déjà connues où l’on fait usage de gélatine bichromatée.
Une couche de gélatine sensibilisée au bichromate de potasse est étendue sur une glace, puis exposée après dessication sous un cliché de façon à ce que la lumière frappe perpendiculairement la couche. Cette exposition a lieu pendant environ une demi-heure en plein soleil afin que tout le bichromate soit réduit dans les parties impressionnées.
Ensuite on garnit les bords de la glace de cire fondue pour empêcher la couche de s’arracher, et on la plonge dans l'eau froide où elle séjourne plus ou moins longtemps suivant l’épaisseur de la couche et le dosage de bichromate. Le but de cette immersion est de gonfler la gélatine dans toute les portions non attaquées par la lumière.
L’image déjà en relief est mise dans un bain de nitrate d’argent, qui a pour but de former à sa surface du bichromate d’argent. Au sortir de ce bain, la plaque est lavée, puis plongée dans une solution de sulfate de fer acidulée pour faciliter la réduction du dépôt métallique.
Ce bain est prolongé jusqu’à ce que, vue à travers la glace, l’image apparaisse en lignes rouges sur fond gris
noirâtre. On a ainsi une couche métallisée dans toute son épaisseur.
On lave encore copieusement, et l’on verse immédiatement sur la surface une solution faible de sulfure de potassium qui, par la formation de sulfure d’argent, fait passer l'image au noir.
Il ne reste plus qu’à mettre l’épreuve dans un bain galvanique au sulfate de cuivre, bain où s’opère le dépôt métallique définitif. On a ainsi une planche en cuivre reproduisant exactement tous les creux et tous les reliefs de 1‘ image en gélatine.
En chauffant légèrement la glace, elle se sépare aisément du moule en métal, derrière lequel on peut verser du plâtre pour accroître sa résistance sous la presse.
M. Warnercke a simplifié ce procédé en employant un métal fusible à basse température pour le couler dans le moule en gélatine; l'alliage dont il a fait choix est le métal de spence, composé de soufre et de sulfure de fer.
On peut obtenir le môme résultat avec le métal Darcet composé de :
Bismuth 000 grammes.
Plomb 250 —
Etain 150 —
et qui est fusible dans l’eau bouillante. Avant de le couler sur la gélatine, il serait indispensable d’enduire l’épreuve de plombagine finement répandue, puis brossée au blaireau.
Le premier de ces procédés est de beaucoup le meilleur.
Virages
M. Fabre, dans Y Aide-Mémoire de 1881 , extrait du Britisli- Journal des recettes de bain de virage que nous
donnons comme variantes à celles recommandées au chapitre IV.
1° Pour obtenir un ton de sépia riche, préparer le bain en employant la formule ci-dessous :
On neutralise une solution de chlorure d’or à 3 % en y mêlant de la craie en poudre ; le liquide est agité puis, une fois le dépôt formé, on prend :
Solution neutre de chlorure d’or. 10 centimètres cubes
Eau 320 — —
Alcool 10 — —
On immerge les épreuves dans ce bain jusqu’à ce que la teinte rougeâtre, qui est leur couleur naturelle, ait disparu, mais sans prolonger la durée du virage ; on lave rapidement puis on passe à l’hyposulfite.
2° Pour obtenir un ton pourpre clair on emploie :
Eau 1500 centim. cubes
Chlorure d’or neutre 1 gramme 1/2.
Solution saturée de citrate de soude. 48 centim. cubes
Alcool 48 — —
Le chlorure d’or doit être dissous et neutralisé à l’avance dans une portion de la quantité d’eau prescrite.
3° Le ton noir est produit par un bain de :
Eau 1 litre.
Chlorure d’or neutre 1 gramme.
Acétate de soude fondu 32 —
Alcool 32 —
On dissout le chlorure d’or dans la quantité d’eau indiquée, on neutralise par la craie, on filtre après avoir agité et laissé reposer, puis on ajoute les autres substances.
Vernis à retouche.
Les vernis à retouche se trouvent tout préparés chez la plupart des fournisseurs de produits photographiques.
Cependant voici deux recettes pour les amateurs qui voudraient faire leurs vernis eux-mêmes. Elles diffèrent quelque peu de celle que nous avons indiquée au chapitre VII.
Formule Janssens.
Alcool 120 grammes.
Gomme sandaraque 20
Camphre 20
Térébenthine rectifiée 8
Essence de lavande 6
Ce vernis prend très bien la retouche, il s’applique h froid, mais ne sèche guère avant vingt-quatre heures.
Autre Formule.
Alcool 64 grammes.
Térébenthine rectifiée 4
Gomme sandaraque 7 l
Camphre 1
Se sèche facilement, sans qu'il soit nécessaire de chauffer la glace.
Oolle pour épreuves
La meilleure colle que nous connaissions est celle au dollage de peau, dont la formule est due à M. Davanne.
Eau 400 centimètres cubes.
Dollage de peau blanche. lb grammes.
Faites bouillir dix minutes et ajoutez en remuant continuellement :
Amidon 30 grammes.
Délayé dans Eau..., 1 00 ^ —
Laissez bouillir deux minutes, puis filtrez dans une fine mousseline.
Cette colle est d’une pâte très fine, de bonne consistance, et produit une adhérence parfaite. Elle a de plus le grand avantage de ne pas se corrompre facilement.
On trouve le dollage de peau chez tous les fabricants de gants.
11 existe un moyen bien simple de préparer une colle qui résiste même à l’eau bouillante. Nous ne donnons cette recette qu’à titre de curiosité, car nous n’en voyons guère l'emploi en photographie.
On sait que le bichromate de potasse a la propriété de rendre la gélatine indissoluble lorsque celle-ci a été soumise à l’insolation. Il suffit donc, pour obtenir une colle ne se dissolvant pas dans l’eau chaude, d’incorporer une solution de bichromate de potasse à de la colle forte, ou colle de gélatine, et de conserver le vase qui la contient à l’abri de la lumière. Après emploi sur une matière transparente, verre ou papier, on expose au soleil.
Traitement des résidus de papiers photographiques.
Les rognures d’épreuves au papier albuminé sensible renferment une quantité d’argent assez grande pour qu'il soit utile, si l’on fait de nombreux tirages, de les conserver. Voici un moyen fort simple d’en extraire l’argent.
Faites tremper ces rognures dans une forte solution de salpêtre pendant cinq ou six heures, puis laissez-les égoutter et sécher. Après dessication on les tasse dans un
creuset en terre, que l’on chauffe presque au rouge. A la fin de l’opération, on trouve l’argent réduit au fond du creuset .
Monkhoven indique un autre traitement des résidus. Il fait brûler les papiers, puis prend :
Cendres de papiers 10 parties.
Carbonate de soude desséché. ... h —
Sable 2
Le tout est placé dans un creuset et fondu dans un fourneau chauffant fortement.
On brasse la masse en fusion avec une tige de fer et l'on obtient ainsi une gangue vitreuse très fluide, avec une température relativement peu élevée. La grenaille d’argent se rassemble facilement, et le culot qui reste au fond du creuset se dissout parfaitement dans l’acide nitrique à moitié coupé d’eau.
Couleur noire mate.
On est parfois embarrassé pour donner à certains instruments du matériel photographique la couleur noire mate nécessaire pour absorber les rayons lumineux. Sa composition est des plus simples. Prenez chez un marchand de couleurs du noir léger, de l’essence de térébenthine et du vernis japon ou, à défaut, du vernis à polir.
Délayez le noir léger dans l’essence, et ajoutez-y un peu de vernis aussi peu que possible afin de ne pas arriver au brillant, mais assez pour donner du corps à la couleur. Cette peinture très fluide s’applique au pinceau, prend bien sur cuivre, sur carton et sur bois. Elle sèche très rapidement, et en général il n’est pas besoin d’en donner plus d’une couche.
Enduit imitant l’ardoise.
Le journal La Nature a publié clans son numéro de février 1882 la recette d’un enduit dur dont la nuance neutre peut être utilisée en photographie, tandis que sa résistance permet d’en faire un tableau de fond sur lequel on peut, selon les besoins du moment, tracer des lignes, estomper une tenture, des attributs, etc., etc.
Voici la recette fournie par M. Rosenbacli :
Alcool h 90° 20 litres.
Sandaraque 1 kilog. 500 grammes.
Gomme laque 1 — 500 —
Après dissolution on ajoute :
Emeri très fin en poudre. . . 3 kilog.
Noir de fumée 1 — 500 grammes.
Bleu d’ outre-mer » — 350 —
Cet enduit étendu au pinceau peut recouvrir du papier, du bois, du zinc, etc., etc. On chauffe doucement et on laisse sécher.
On peut écrire sur les objets recouverts de cette composition comme sur une ardoise, et les effacer ensuite sans que le tableau conserve rien des premières traoes.