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PROCÉDÉS OPÉRATOIRES POUR LE CLICHÉ

Pour ne pas dépenser des glaces inutilement dans les débuts, il est utile de se faire au maniement de l’appareil, d’exécuter des opérations^ blanc exactement comme si l’on avait une plaque sensible dans le châssis, et ce n’est qu’après avoir acquis une sorte de routine que l’on devra risquer une première photographie. En se promenant un jour ou deux avec son appareil, on aura compris ce que doit être le choix du paysage, la façon dont il doit se montrer sur le verre dépoli et la recherche de la mise au point. Nous reviendrons du reste sur ces deux premiers sujets dans un chapitre spécial.

Nous conseillons aux débutants de se borner pendant quelque temps au paysage, à la reproduction de monuments ou de gravures, et de n’aborder que plus tard le portrait, bien autrement difficile à réussir que les sujets inanimés.

Voici donc la chambre noire en place, solidement éta-

blie sur son pied. On ôte l’obturateur qui bouche l’objectif, le voile noir est déployé sur l’arrière-partie de la chambre noire, on s’en enveloppe la tête pour regarder l’image peinte sur le verre. En éloignant ou en rapprochant la glace dépolie de l’objectif, on finit par trouver le point exact où les détails sont nettement reproduits. Ceci bien vérifié, on serre la vis qui maintient l’écartement du soufflet , puis on remet en place l’obturateur, et l’on enlève la glace dépolie qui est remplacée par le châssis contenant la plaque sensible. Nous avons dit combien la chambre noire devait être impénétrable à la lumière, le châssis qui renferme la glace doit l’être tout autant. Une fois ce châssis glissé dans la feuillure, on rejette le voile noir de façon à ce qu’il le cache complètement, puis la main sous le voile on tire le volet qui démasque la glace, en maintenant le voile de telle sorte qu’il recouvre châssis et volet. Le moindre reflet de lumière blanche suffirait à voiler le cliché.

Il est bien entendu que la glace aura été mise au châssis dans le laboratoire, le côté gélatiné, tourné de façon à ce qu’une fois dans la chambre noire, il se trouve faire face à l’objectif.

En un mot, les rayons lumineux traversant les lentilles doivent tomber directement sur la mixture de gélatine sans avoir à traverser le verre qui la supporte.

Il est rare qu’en tirant la planchette du châssis an léger ébranlement de l’appareil ne se produise pas; on devra attendre que l’immobilité soit complète pour enlever doucement l'obturateur, que l’on tient en main tant que dure la pose, puis on le remet vivement sur l’objectif. On repousse à nouveau le volet et l’on enlève le châssis.

En général, il est avantageux de ne pas rester plus de deux ou trois jours sans produire le développement d’une glace posée. Le plus souvent c’est au retour de la promenade que cette opération est faite.

Ce serait ici le cas peut-être de donner les indications indispensables sur le temps de pose ; nous préférons cependant, pour ne pas interrompre la série des procédés opératoires, dire immédiatement en quoi consiste le développement.

Du Développement.

La plaque sensible qui vient d’être exposée à la lumière de la chambre, noire renferme à l’état latent l’image exacte que l’on avait vu apparaître sur la glace dépolie. Pour la révéler, il faut rentrer dans le laboratoire et faire subir à la mixtion dans laquelle elle est imprimée une nouvelle série d’opérations.

On se sert généralement de deux formules qui donnent presque d’aussi bons résultats l’une que l’autre, ledéveloppateur au fer et le développateur à l’acide pyrogallique.

Dans l’atelier nous préférons de beaucoup le premier, qui permet de voir lentement apparaître l’image, d’en suivre seconde par seconde l’impression et qui ne tache pas les doigts; mais en voyage le développateur à l’acide pyrogallique a l’avantage de donner des bains plus concentrés, par conséquent de permettre l’emploi de fioles plus petites. Dans un étui de dix centimètres au carré, sur trois d’épaisseur, l’on peut transporter la quantité de réactifs suffisants pour développer vingt glaces quart de plaque.

Voici la formule deTun et de l’autre bain :

Développateur au fer

( Eau 100 grammes ou

1er Flacon. ] cent, cubes.

( Oxalate neutre de potasse. . . 30 gr.

Se conserve indéfiniment.

( Eau 100 gr.

2° Flacon. ] Sulfate de fer pur 30 —

( Acide citrique 1 —

Ne se conserve que quinze à ■vingt jours ; doit toujours être bien limpide, de couleur émeraude et sans dépôt ferreux.

Filtrez l’une et l’autre de ces solutions, puis prenez :

Solution d’oxalate 30 grammes.

Solution de fer , . . 10 —

La solution de fer doit être versée sur celle d’oxalate agitée à l’aide d'une baguette de verre, ou par une action de la main qui imprime au liquide un mouvement giratoire.

Développateur à l’acide pyrogallique.

( Acide pyrogallique 10 grammes.

lor Flacon. ] Alcool 100 —

( Glycérine 10 —

Ne se conserve pas longtemps.

( Bromure de potassium 10 grammes.

2B Flacon. j Eau filtrée ou bien pure 100 ‘ —

( Ammoniaque 5 —

Se conserve très longtemps.

Verser dans un verre o0 grammes d’eau bien pure avec 2 grammes de la solution d’acide pyrogallique et 1 gramme de la solution de bromure.

Nous devons insister sur la qualité de l’eau employée pour les solutions. On est allé jusqu’à exiger de l’eau distillée, de plus accommodants réclament de l’eau de pluie; nous nous contentons de demander de l’eau non pas chimiquement, mais apparemment propre. Celle qui sort d’une source limpide, ou d’un filtre bien établi est suffisamment bonne.

Les quantités de bain que nous indiquons ici sont

données pour des glaces quart de plaque, mais on comprend que le volume du bain doit varier avec la dimension de la glace employée. L’essentiel c’est qu’une fois le bain mis dans la cuvette, on puisse y plonger la glace sans crainte qu’elle ne soit pas instantanément recouverte par le liquide.

Quel que soit le développateur employé, le bain est versé dans la cuvette en porcelaine; on ferme la porte du laboratoire, et l’on sort la glace impressionnée du châssis, en ayant soin de ne la toucher que par les angles, ou par la face non recouverte de gélatine.

Elle est rapidement plongée dans la cuvette , dont on tient le liquide en mouvement de façon à ce qu’il courre sur sa surface. En dix à vingt secondes, l’image apparaît et se renforce successivement. On soulève la glace avec l’ongle, pour juger par transparence du degré de pénétration cju réactif, et au bout de trois minutes environ les grands noirs ayant percé l’épaisseur de la gélatine, l’image est plus ou moins visible au dos de la glace.

Il faut toujours tenir compte que le négatif paraît plus intense qu’il ne le sera définitivement, une fois l’opération finie.

Quand le cliché est à l’intensité voulue, on le lave au robinet, d’abord, puis on le laisse deux ou trois minutes toujours en pleine eau dans la cuvette en porcelaine, d’où l’on a sorti le bain développateur.

Tout ceci est infiniment plus facile à exécuter qu’à décrire, et nous prions nos lecteurs de ne pas s’effrayer des précautions minutieusement détaillées que le désir d’être clairs nous fait énumérer.

Après cet abondant lavage, la glace est plongée dans la cuvette en carton durci, où l’on aura préalablement versé en quantité égale à peu près au bain développateur, une solution d’hyposullite de soude. La formule de cette solution est variable suivant la saison. En été, on peut la

faire de 12 à 15 grammes d’hyposulfite pour 100 d’eau ; en hiver la solution peut être portée à 20 pour 100 d’hyposulfite.

Dans ce bain, les parties de la glace non impressionnées par la lumière s’effacent, si bien qu’au bout de 5 à 10 minutes, quelquefois moins, la nuance laiteuse apparente au dos de la glace a disparu entièrement. On enlève alors le cliché de la cuvette, on le lave au robinet, puis on l’immerge dans une assiette creuse pleine d’eau. Cette assiette doit être de telle dimension que les angles seuls de la glace portent sur ses bords , et qu’une mince couche d’eau la recouvre. Cette opération a pour but, en lavant la glace, de précipiter au fond du vase tout l’hyposulfite dont elle est encore imbibée. La couche gélatinée, doit donc être en dessous, pour que le sel de soude plus lourd que l’eau, se dégage mécaniquement de l’enduit muqueux qu’il a imprégné.

Ce dernier lavage dure de dix à quinze minutes, puis on met sécher la plaque, inclinée dans un égouttoir composé de deux plancliettesà rainures, ou plus simplement, accotée contre une paroi quelconque, sa partie inférieure reposant sur une feuille de papier buvard.

Le docteur Monkboven demande qu’au sortir de ce dernier lavage la glace subisse encore l’influence d’un autre bain.

Ce bain consiste en une solution d’alun de chrome dans l’eau.

Eau 1 litre

Alun de chrome 10 grammes.

Station dans ce bain pendant quinze à vingt minutes ; puis nouveau lavage à l’eau pendant une minute. L’alun, dit-il, a la propriété d’éclaircir l’image, de faire disparaître les raies, lignes et marques de toute espèce, surtout de rendre la gélatine imputrescible. Nous n’en

avons reconnu vraiment l’utilité que pour cette dernière propriété, aussi ne le conseillons-nous que pour les clichés que l’on a jugés assez bons pour être mis en collection.

Les opérations que nous venons de décrire constituent les plus importantes de celles qu’ait à produire le photographe. L obtention d’un bon cliché est la chose la plus difficile, c’est celle à laquelle on doit apporter les plus grands soins. Ce que nous avons énuméré, ne constitue que la partie mécanique du procédé, mais il est indispensable d’en posséder parfaitement la pratique pour arriver à produire de belles épreuves. Nous aurons à revenir, nous l’avons déjà dit, sur le choix et l’éclairage des sujets, mais, pour en finir avec le cliché, nous allons donner une sommaire instruction sur le temps de pose.

Du Temps de pose.

L’espace de temps pendant lequel la glace sensible doit rester exposée à la lumière de la chambre noire est extrêmement variable. Tant d’éléments entrent enjeu, que si nous voulions les analyser tous, nous risquerions fort d’égarer les débutants, ou de les plonger dans d’inextricables incertitudes. En effet, le temps de pose dépend à la fois : de la plus ou moins grande rapidité de l’objectif, de la composition de la couche sensible, et de la qualité de la lumière qui éclaire l’objet à reproduire.

La pratique est donc un maître indispensable en cette matière. Cependant, à titre de renseignement, voici une formule qui peut rendre des services. Elle est due à un fabricant de glaces très appréciées : M. Dorval.

La table ci-dessous donne, avec une approximation suffisante le temps de pose nécessaire dans la majorité des cas.

Pour s’en servir, on déterminera d’abord la puissance photogénique de l’objectif que l’on emploie, ce qui se fait de la manière suivante :

Prenez, en millimètres, le foyer de votre objectif; divisez-le par le diamètre du diaphragme employé, pris également en millimètres; multipliez le quotient par luimême et divisez le produit obtenu par 600.

Le nombre ainsi trouvé représentera, en secondes , le lemps de pose nécessaire pour obtenir une grande vue panoramique en plein soleil.

Prenant ce temps de pose ponr unité , vous n’aurez plus qu’à le multiplier par le nombre donné par la table, pour le cas spécial où vous opérerez.

Indication sommaire des sujets qui peuvent se présenter. Si celui que l’on a à faire ne s’y trouve pas, prendre la moyenne entre ceux qui s’en rapprochent le plus.

SOLEIL plein du jour

SOLEIL matin et soir

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