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DU MATÉRIEL POUR CLICHÉS OU NÉGATIFS

Des objectifs.

Débutons par l’appareil indispensable : Y objectif.

Il existe clés centaines de combinaisons de lentilles pour l’usage photographique, mais toutes peuvent se ramener à deux genres, dont l’un constitue Y objectif simple et l’autre Y objectif double. Le premier, plus spécialement construit pour le paysage, a la propriété de réunir les faisceaux lumineux de telle sorte, qu’une fois le premier plan mis au point, tous les plans s’étagent successivement, en donnant leurs lignes à peu près exactes. Avec cet objectif on peut faire du portrait, mais il exige une pose relativement longue, étant donné que l’on puisse appeler longue une pose de quatre à cinq secondes, temps à peu près voulu en plein air, avec les glaces au gélatino-bromure d’argent.

L’objectif double n’a d’autre différence d’aspect avec le

précédent que de posséder deux lentilles ou mieux deux combinaisons de lentilles, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière de la lunette. Il concentre les rayons solaires avec plus d’ intensité que l’objectif simple, mais il a l'inconvénient d’avoir moins de profondeur de foyer , c’est-à-dire qu’une fois un plan mis au point, les autres plans viennent, sur la gdace dépolie, déformés ou sans précision. Ce défaut se remarque dans la majorité des portraits, où les figures étant nettes, les mains apparaissent énormes, parce qu’elles sont généralement placées à 20 ou 30 centimètres en avant de la tète. Mais les objectifs doubles sont d’une rapidité extrême, certains d’entre eux donnent un clieval au trot.

Enfin, l’optique photographique produit un objectif dont les lentilles sont conjuguées de telle sorte qu’elles peuvent à la fois servir pour le paysage et pour le portrait.

En France, AI. Darlot livre à très bas prix des objectifs de ce genre, et qui donnent d’excellents résultats. Cependant, si quelques-uns de nos lecteurs désiraient acquérir un objectif de premier ordre pour portrait et paysage, ils ne devraient pas en chercher d’autre que le Rapide rectilinêaire de Dallemayer, qui coûte, pour couvrir une plaque de 9x12,1 lo francs.’ Mais rien n’est comparable comme rapidité, précision et profondeur de foyer. Armé de cet objectif, on peut tout entreprendre et tout réussir.

Moins extraordinaire mais très-bon également, l’appareil de M. Darlot ne coûte que 30 francs pour la môme dimension. Aussi les débutants n’ont-ils pas à hésiter entre l’un et l’autre.

Des Diaphragmes.

Simples ou doubles, tous les objectifs sont munis de

diaphragmes, c’est-à-dire de petits disques en cuivre percés d’un trou plus ou moins grand, et qui se placent en avant ou en arrière delà lentille. Le but des diaplirag- * mes est d’amincir à volonté les pinceaux lumineux. Avec le plus petit diaphragme on obtient de la netteté jusque sur les bords de la plaque, mais on réduit l’entrée de la lumière, et par conséquent la pose doit être plus longue. En se servant du grand diaphragme, on a une pose rapide, mais les bords sont vagues, sans précision dans les lignes.

Il y a en ceci une question de mesure, variable avec chaque objectif, et dont, lors de la mise au point, on se rend compte sans hésitation possible.

De la Chambre noire.

On appelle chambre noire en photographie, une boite coupée en deux, et dont les deux parties sont réunies par un soufflet en toile noire, absolument impénétrable à là lumière. L’avant de la boîte est percé d’une ouverture sur laquelle se visse l’objectif, l’arrière reçoit une glace dépolie mobile à volonté. Lorsque couvrant la chambre noire d’un voile noir également, on regarde la glace dépolie, après avoir enlevé l’oblurateur de l’objectif, les objets placés en vue de la lentille viennent se reproduire sur la glace dépolie. Ils ne peuvent y apparaître avec leurs lignes bien précises, qu’à condition que l’on rapproche ou éloigne plus ou moins la glace dépolie de l’objectif. C’est à obtenir ce mouvement d’avance ou de recul, qu’est destiné le soufflet. Le résultat se nomme la mise au point.

De la mise au point.

La mise au point, est un terme que chacun comprend.

Il n’est personne qui, s’étant servi d’une lunette, n’ait éprouvé le besoin d’en allonger ou d’en raccourcir le tube, de façon à voir se produire nettement les lignes des objets observés. Mais en photographie, il peut être avantageux de fausser la mise au point. Ainsi, si vous avez à faire un portrait, c’estsurle visage que se doit rechercher toute lapuretédes contours. Dans le paysage, avez-vous comme sujet principal un grand chêne, au-devant duquel se trouve une rivière dont les bords sont garnis de roseaux, tandis qu’au dernier plan on voit un village? Si vous mettez au point sur la rivière ou sur le village , vous risquez de sacrifier l’arbre. Donc, négligez le premier et l’arrière plan pour concentrer toute la puissance de votre lentille sur le sujet principal. Vous aurez ainsi une élude vigoureuse, précédée et suivie, encadrée en un mot d’accessoires moins nets, mais qui donne à la vue un flou, dont tous les artistes comprennent l’importance.

Avec l’objectif simple, le premier plan étant une fois mis au point, les autres se trouvent rigoureusement nets.

Le verre dépoli doit être d’un grain assez fin pour permettre de juger sans difficulté de l’image que l’objectif transmet. S’il a le grain trop gros, on peut en faire im soi-même :

Achetez de l’émeri dit : de dix minutes de dépôt , jetezen quelques pincées sur une glace bien unie, bien plane, puis avec de l’eau et un morceau de glace épaisse, dépolissez jusqu’à ce que la première glace devienne entièrement mate. Alors la surface est d’un grain excessivement fin, et la mise au point se fait avec facilité.

Revenons à la Chambre noire. Nous avons dit que la glace dépolie est mobile. En effet, ne servant qu’à juger de la valeur de l'image qui s’y peint, elle doit pouvoir se remplacer par un châssis à volet qui glisse dans la même rainure. Ce châssis, double quelquefois, contient la plaque

sensible qui doit occuper identiquement le plan de la glace dépolie, si bien que, lorsqu’on soulève le volet, l'image se trouve à la mise au point où était la glace dépolie.

Il existe dans le commerce des chambres noires de toutes sortes. Elles sont généralement de la dimension des épreuves que l’on désire produire ; cependant les grandes chambres sont munies de cadres mobiles où se logent exactement les glaces de toutes les dimensions moindres.

Voici les divers formats des glaces françaises, et par conséquent des chambres noires :

1/4 de plaque égale 0,09 X 0,12 centimètres.

Plaque entière = 0,18x0,24 »

Grande plaque = 0,21 x 0,27 »

Id. = 0,24 x 0,30 »

Aux débutants nous conseillerons le quart de plaque ou la demi-plaque. Le quart de plaque est, chez certains fabricants, construit si légèrement qu'il n’embarrasse pas plus en voyage qu’un volume du format d’un dictionnaire de poche.

Les chambres noires peuvent être ou carrées ou à soufflet tournant. Ces dernières sont inliniment plus commodes pour le paysagiste puisqu’elles permettent de prendre suivant le besoin une vue en longueur ou en hauteur. Elles sont du reste un peu plus chères que les chambres carrées, qui simplement faites, sont tarifées de 30 à 3b francs. Mais si l’on tient à un appareil de haute façon, c’est la chambre noire de Jonte que l’on doit choisir. Le plus petit modèle, celui destiné au quart de plaque coûte, pied, gibecière et châssis compris, IbO francs, prix qui peut paraître élevé lorsqu’on n’a pas eu en main cette petite merveille d ’ébénisterie.

Encore un mot pour en finir avec la chambre noire. Dans les anciens procédés au collodion , il n’était pas

rigoureusement utile .qu'elle fût parfaitement close, mais avec les préparions en gélatino-bromure d’argent, la sensibilité de la plaque est telle, que le moindre reflet de lumière suffit pour L impressionner. On n’a plus alors que des clichés plats, sans vigueur, voilés. Il est donc indispensable, non-seulement d’avoir une chambre noire fermant bien, mais encore de ne jamais sortir les châssis renfermant les glaces, sans qu’ils soient enveloppés du voile noir. Par un tour de main facile à pratiquer, on les glisse à la place du verre dépoli sous le voile encore, et c'est toujours sous le voile noir qu’on fait jouer la planchette qui met en^gipport l’objectif et la glace.

Ces précautions sont indispensables surtout lorsque l’on opère en plein air, et par le soleil.

Des Pieds.

Le pied sur lequel se monte la chambre noire varie dans sa disposition selon qu’il est destiné à rester dans l'atelier, ou qu’il doit être employé pour les excursions.

Le pied d’atelier est un meuble assez coûteux muni d’une manivelle avec engrenages; nous ne le décrirons pas. Le pied de campagne doit être aussi léger et aussi solide que possible. Le modèle à trois tiges articulées sous une planchette où se visse la chambre noire est le meilleur. On en fait déplus portatifs dans lesquels la planchette est détachée, et dont les trois tiges, composées de fer et bambou creux, rentrent l’une dans l’autre de façon à servir de canne. Ils sont moins stables que le premier. Le moindre vent suffit pour agi ter la chambre noire, et perdre une glace, mais ils sont si légers, si commodes pour la promenade, que nous n'osons trop en faire le procès.

Matériel du Laboratoire pour clichés.

Ce matériel est fort simple ; il consiste en une série de vases en verre, en porcelaine, et en carton durci, ^ou en gutta-perclia:

1° Une ou plusieurs éprouvettes graduées de 1 gramme à 500 grammes. En général, une seule éprouvette suffit, et pour les glaces de quart et demi plaque on peut la prendre de petite dimension; soit de 1 gramme à 100 grammes.

2° Une cuvette en porcelaine du format des plaques que l’on a l’intention d’employer ;

3° Une seconde cuvette en carton durci de môme dimension ;

4° Un verre à pied, ou une grande éprouvette de contenance égale à celle d’un verre à boire ;

5° Trois ou quatre flacons, ou fioles de formes différentes contenant de 500 grammes à 1 litre ;

G® Deux entonnoirs en verre de la capacité d'un litre environ ;

7° Une petite balance à plateaux de 500 grammes à 1 kilo, avec sa série de poids.

Il est utile que ces flacons puissent se reconnaître au touçher, car il arrive souvent que, dans l’obscurité du 3 laboratoire, on ait peine à lire les étiquettes.

Quoiqu’il soit difficile de commettre des erreurs sur les ^attributions de chacun des flacons, il est pourtant indispensable d’indiquer leur contenu par des étiquettes écrites en gros caractères. Comme les liquides employés sont souvent corrosifs, nous conseillons, lorsque ces étiquettes ont été colléessur le verre, de les enduire de vernis.

Le meilleur vernis, s’obtient en faisant dissoudre de la gomme-laque en feuilles dans de l'alcool à 90 degrés. Ce

vernis absolument imperméable, s’applique au pinceau à deux ou trois couches sur l’étiquette une fois sèche.

Précautions et Soins.

On peut poser en principe que sans une propreté méticuleuse et des précautions excessives , on n’arrivera jamais à réussir en photographie. Nous avons vu des débutants gâter leurs bains, en mettant le bouchon d’un flacon sur une fiole voisine à laquelle il n’appartenait pas. Après chaque opération, les éprouvettes et cuvettes doivent être rincées, puis inclinées de façon à ce qu’il ne s’y forme pas ce sédiment calcaire que déposent presque toutes les eaux.

On ne doitjamais toucher à l’hyposulfite de soude sans se laver les mains, sous peine de voir se gâter d’autres solutions, ou de tacher d’une façon irrémédiable les glaces que l’on manierait ensuite.

Les pesées de réactifs doivent être faites soigneusement, en mettant sur le plateau de la balance une petite feuille de papier, alin qu’une seconde pesée d'un réactif diffèrent, ne contienne pas quelques parcelles du premier.

11 arrive parfois que les glaces sensibles au gélatinobromure sont couvertes de quelque poussière.

En les sortant de la boîte et avant de les mettre dans le châssis de la chambre noire, il sera utile de passer un pinceau bien sec ou un blaireau sur la surface gélatinée. Le blaireau à barbe, soigneusement lavé et séché, est excellent pour cet effet.

Enfin les glaces sensibilisées ne doivent être maniées que dans la partie la plus obscure du laboratoire, dans celle où l’on est le plus assuré de ne pas avoir de reflets autres que celui de la lumière rouge. On ne les touchera

que par les angles, et jamais avec les mains humides.

Toute solution, tout bain qui se trouble ou perd sa couleur primitive doit être rejeté.

Devenir méticuleux, jusque et y compris la manie, est un devoir en photographie.

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