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INSUCCÈS. — CAUSES ET REMÈDES

Voiles.

On nomme voile en photographie un effet de solarisation qui peut s’étendre sur la glace toute entière ou n’en affecter qu’une partie. Le voile proprement dit. provient d’un filet de lumière qui s’est introduit soit dans la boîte où se conservent les glaces, soit dans la chambre noire avant la pose, soit lors des divers maniements de la glace sensible. En tout cas, une traînée opaque se manifeste au développement, couvrant comme d’un écran tous les détails de l’image.

Par amplification, on a appelé voile l’effet, moins facile à constater pour les débutants, qui résulte d’une pose trop longue. L’aspect n’est plus aussi tranché que lorsque le voile a été produit par l’inlluence de la lumière tombant directement sur la glace. Les principaux traits de

l’image sont révélés, mais on ne les voit qu’à travers une sorte de brouillard. Il n’y a plus ni relief, ni modelé, tout est terne, sans valeur de tons dominant l’ensemble. Ici il n’y a pas de remède ; le cliché doit être considéré comme perdu.

Le docteur Eder recommande le moyen suivant pour empêcher le voile de se produire sur les glaces qui ont vu le jour en dehors de la chambre noire, dans la boite par exemple. Il le considère comme efficace, même pour celles qui ont subi pendant une demi-minute l’action de la lumière diffuse.

On prépare un bain formé de 100 grammes d’eau, 10 grammes de ferricyanure de potassium et 10 grammes de bromure d’ammonium ou de potassium, et l’on y plonge les glaces pendant dix à quinze minutes. On les égoutte, on les lave soigneusement pendant deux ou trois heures, de façon à éliminer les dernières traces de ferricyanure et on les laisse sécher.

Ainsi traitées les glaces ne donnent plus aucun voile, mais leur sensibilité est considérablement diminuée. Le docteur Eder explique, comme il suit, l’action du ferricyanure de potassium.

« Les glaces qui ont vu la lumière renferment un sous-bromure d’argent qui se dédouble très facilement en argent métallique et bromure d’argent. Le ferricyanure de potassium agissant sur l’argent métallique donne du ferrocyanure de potassium et du ferrocyanure d'argent. Ce dernier corps est immédiatement décomposé par le bromure de potassium en bromure d’argent et ferricyanure de potassium. Après lavage, la glace ne renferme donc plus que du bromure d’argent. »

Nous n’avons pas eu encore occasion d’essayer de ce procédé, mais l’autorité du docteur Eder suffit pour que nous l’indiquions.

Excès ou manque de pose.

Il peut arriver que la pose n'ait pas été assez excessive pour produire un voile, mais qu’elle ait été trop longue pour que le cliché ait toute sa valeur. L’image alors se révèle trop rapidement dans le bain développateur. Aussitôt qu’on remarque cette activité trop grande du réactif, il faut sortir la glace de la cuvette et la laver rapidement, puis on ajoute au bain quelques gouttes d’une solution à 10 pour cent de bromure de potassium dans l’eau. On remet la glace dans la cuvette, et si la quantité de bromure de potassium introduite n’a pas été suffisante pour retarder le développement, on continue à ajouter goutte par goutte la solution dans un angle de la cuvette, en l’agitant constamment et en prenant soin que le liquide ne tombe pas directement sur la glace.

La pose a-t-elle été, au contraire, trop courte, et l’image est-elle trop longue à venir, on peut, si le développement se fait à l’oxalate, ajouter un peu de bain de fer, si c’est à l’acide pyrogallique, quelques gouttes d’une solution à 2 pour cent d’ammoniaque dans l’eau. L’action de ce réactif est extrêmement prompte, et il est nécessaire de renouveler complètement lo bain aussitôt qu’il se colore en noir.

Renforçage.

Le renforçage est une opération qui consiste à accentuer les noirs d’un cliché qui manque d’intensité; elle se fait en pleine lumière. Si le cliché est déjà sec on devra le plonger dix minutes dans l’eau pour amollir la couche de gélatine.

Voici la formule de ce bain de renforçage :

1er flacon

Biclilorure do mercure 10 gram.

Eau 100 —

Conserver dans un flacon ot bien agiter, puis laisser reposer au moment de s’en servir.

2° flacon j “naque ( Eau

2b gram.

Plongez le cliché dans la solution de mercure, plus il y blanchira, plus on le verra prendre d’intensité dans le second bain.

Au sortir du mercure, la glace est lavée et immergée dans la solution d’ammoniaque. Avec une extrême rapidité la réaction a lieu ; sitôt qu’elle est complète, nouveau et abondant lavage.

Le bichlorure de mercure, étant un poison violent, ne doit être manié qu’avec de sérieuses précautions.

Décollement de la gélatine.

Rien n’est désagréable comme de voir un cliché bien venu se couvrir au sortir du bain d’hyposulfite, d’ampoules qui vont se gonflant, s’étendant, et la gélatine dilatée finissant quelquefois par abandonner complètement la glace qui lui sert de support.

Cet accident a le plus souvent pour cause la mauvaise qualité de la préparation gélatino-bromurée. Lorsqu’on a la mauvaise chance de tomber sur une boîte qui donne cet insuccès, il faudra, avant le développement, faire séjourner deux ou trois minutes la glace dans de l’alcool « puis la laisser se gonfler dans l’eau alcoolisée. On développe, on abrège les lavages et on baigne le cliché dans une solution d’alun de chrome à 5 pour cent On lave el l’on fixe.

Les ampoules ou soulèvement de couche proviennent parfois, mais plus rarement de l’emploi d’un révélateur trop alcalin si l’on développe à l’acide pyrogallique, ou de l’usage d’hyposulfite trop concentré. A ceci le remède est facile, il suffit de modifier la composition du bain.

Clichés trop développés.

Si, après le lavage, un cliché parait avoir trop d’intensité, présenter des reliefs durs, on peut en atténuer la trop grande vigueur par le moyen suivant.

Préparez un bain de :

Eau 1 00 grammes

Cyanure de potassium. . 20 à 30 centigr.

Faites y séjourner la glace en surveillant avec attention l’action du réactif, et lorsqu’elle aura été jugée suffisante, lavez-la soigneusement.

Le cyanure de potassium est un poison des plus dangereux à manier, la moindre coupure aux doigts suffit pour donner lieu à des accidents parfois mortels. Son contre-poison le meilleur est le café noir très fort et pris avec abondance.

Pointillés.

Quelques glaces présentent après développement une masse de petits trous. Ce defaut résulte souvent de la nature de la gélatine, mais quelquefois aussi de poussières ténues qui se seraient fixées sur sa surface. En ce cas, un coup de blaireau pour épousseter la glace avant la mise au châssis lait disparaître l’inconvénient.

l)e tous les insuccès, le plus fréquent sans contredit est celui dont l’origine vient d’un excès de pose, nous

louons à y revenir et à habituer les débutants à se mettre en garde contre l’extrême sensibilité des glaces au gélatino-bromure d’argent. Celles du docteur Monkhoven préparées par Bernaert, de Gand, sont surtout d’une admirable rapidité.

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