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DE LA RETOUCHE

Retouche des épreuves.

On peut faire disparaître sur les épreuves les légers accidents qui en gâtent l'aspect. Cette retouche se fait au moyen de l’encre de chine ou de la sépia suivant la teinte de la partie endommagée.

Pour faire prendre la couleur sur le papier albuminé, on gratte un os de seiche avec un canif de façon à obtenir un peu de poudre d'os, puis, avec un tampon sec fixé à l’extrémité d’un petit bâton taillé à pointe mousse on frotte énergiquement cette poudre sur la partie atteinte d’un défaut. Après quoi on pose la couleur avec un fin pinceau, puis on lustre avec l’encaustique comme nous l’avons indiqué pour le montage des épreuves. Il est même souvent avantageux de frotter l’image toute entière avec la poudre d’os de seiche avant de la passer à l'encaustique.

Retouche des clichés.

Ceci constitue la véritable correction des défauts photographiques. Pour le portrait c’est une opération presque toujours indispensable. La fidélité de l'image obtenue avec l’objectif est tellement impitoyable qu’il n’est presque personne qui consente à se trouver exactement reproduit, si l’on ne corrige pas un bouton par-ci, un méplat par trop accentué par là, quelques érosions parci par-là. Nous ne parlons pas des rides, tous les photographes savent qu’aucun client n’en a, ni n’en aura. A peine accepte-t-on quelques plis majestueux qui, s’élevant verticalement de la racine du nez, caractérisent sur un front sévère la continuité de pensées profondes, ou cette contraction énergique de la commissure des lèvres qui laisse supposer l'habitude invétérée du commandement. Ici, bien entendu, nous ne mentionnons que les exigences du client mâle ; quant aux femmes, elles ont si bien fait admettre que la photographie n’est pas faite pour elles, que nous n’aurions garde de donner quelques renseignements sur ce qu’elles ambitionnent.

On le sait de reste, en somme, car on rencontre dans les collections assez d’attrayants visages féminins, pour avoir le droit de prétendre que la photographie peut tout reproduire, même la beauté dans sa fraîcheur. Il suffit tout simplement d’en être douép quand on monte à l'atelier.

Mais comme l’œuvre principale des nations civilisées est de corriger la nature, le désir d’ètre mieux a créé le retoucheur comme il a créé la corsetière. Ne nous en plaignons pas, c’est encore un hommage rendu à l’idéal ! Constatons seulement qu’à voir l’aisance avec laquelle chacun retouche, on croirait que rien n’est plus facile que de corriger la nature.

Cette digression nous dispense des très longues, très minutieuses et très superflues instructions que nous aurions pu donner au sujet de la retouche des clichés de portraits. Elle nous permet d’aborder immédiatement une chose beaucoup plus utile : l’explication de la méthode opératoire. Cette méthode est la môme pour le portrait, pour le paysage et pour la reproduction. Il n’y a d’autre différence que la difficulté d’exécution.

Le pupitre à retouche se trouve chez tous les fournisseurs d’appareils photographiques. La planchette qui forme abat-jour doit être recouverte d'un voile noir de façon à ce que la lumière projetée sur la glace étamée vienne se concentrer uniquement sur le cliché. L’installation ainsi faite, on distingue très nettement tous les détails de l'image, et alors, soit avec un crayon noir taillé très aigu, soit avec un lin pinceau, on modifie les lignes ou défauts par des hachures légères tracées sur la gélatine de la glace.

Le crayon prend le plus souvent assez bien sur la gélatine pour qu’il soit inutile de vernir le cliché. Cependant voici la composition d'un vernis dont on peut le couvrir et qui donne plus de prise à la mine de plomb ou à l’aquarelle :

Ether 100 centimètres cubes.

Gomme sandaraque 0 gr.

Mastic en larmes 0 —

Après dissolution ajoutez :

Benzine rectifiée 10 c. c.

Filtrez après dissolution complète, soit 12 heures environ ; le papier à filtrer peut être remplacé par un tampon de ouate que I on met au fond de 1 entonnoir de verre.

Une fois le vernis obtenu limpide, on chauffe légèrement la plaque en la promenant rapidement sur la flamme d’une lampe à alcool. Ce n’est pas, bien entendu, le côté gélatiné qui est présenté à la flamme. De temps à autre on pose la glace sur le dos de la main, et lorsque l’on sent que sa température s’est adoucie au point d’être un peu plus élevée que celle de la main (environ 35°), on la prend par un angle et l’on verse le vernis sur la gélatine. La plaque doit être pendant cette opération tenue bien horizontale, et l'on verse une quantité de vernis un peu supérieure à celle nécessaire pour la couvrir. Puis, par un mouvement d’inclinaison de droite à gauche, plus facile à montrer qu’à décrire, on fait en sorte que le vernis couvre uniformément toute la glace.

- Si l’extension n’a pas lieu d’une seule jetée, il ne faut pas chercher à renouveler l’opération ; aussi, conseillonsnous d’apprendre le tour de main sur des clichés sans valeur. Une fois la glace couverte, on l’incline, en la tenant toujours par un angle au-dessus du liltre sous lequel se trouve le flacon, et par le même mouvement de droite à gauche, on l’épure jusqu’à la dernière goutte et on la laisse bien sécher sur l’égouttoir. Si quelques bavures de vernis ont taché le dos de la glace, on les enlève après dessiccation complète avec un linge fin imbibé d’alcool.

Un autre procédé plus simple consiste à immerger la glace après le dernier lavage, dans une solution de borax (borate de soude) à 20 pour 100 d’eau; on l’y laisse séjourner cinq ou six minutes et on l’égoutte sans la laver (formule Bouillaud).

Il est possible que la- retouche au crayon appliquée sur cet enduit s’efface après quelques tirages ; pour éviter cette détérioration, on fera bien, une fois le travail au crayon terminé, de recouvrir la glace (en employant

— Soles précautions ci-dessus indiquées) du vernis suivant :

Alcool à 40° 100 grammes.

Benjoin en larmes 10 —

Filtrer au tampon de coton avant usage et conserver dans un flacon bien bouché.

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