JE ORNE
Supposons, en effet, que du point M on prenne par ce procédé une vue dans laquelle soit compris le point N, en employant une glace au gélatinobromure placée verticalement, et que l’on aitttracé sur le cliché son intersection HH avec le plan horizontal déterminé par le centre O de l’ouverture. En abaissant ( fig. 6) du point n', image et perspective du point N, une perpendiculaire sur la ligne HI, on obtient le point »”, projection horizontale du point »’ sur le plan horizontal O. D'autre part, dans ce plan horizontal, la distance du centre O à la ligne HH' représente la distance du point de vue au tableau. Donc, si l’on décrit sur la planchette, de m, projection horizontale du point M et du point O sur la planchette, comme centre, une circonférence ayant pour rayon la distance de O à HF, et si l’on place le cliché (la gélatine contre le papier, de façon à donner aux images leur sens positif et redressé par rapport au point m) de telle sorte que la ligne HE soit tangente à la circonférence et que le point n"se projette exactement sur la ligne mn, l’image photographique représentera en position le rabattement horizontal, autour de HH", de la perspective du terrain compris sur le cliché, S1 l’on abaisse de
CoLson. — Photographie. 4
Re chaque point p', par exemple, de l’image une
perpendiculaire p'p" sur HH', la droite mp"
représente la projection horizontale de la droite
OP; donc la projection horizontale du point P du terrain sur la planchette doit se trouver sur la droite mp". En opérant de la même manière en N, on obtient sur la planchette une autre droite qui coupe mp" en p, projection cherchée du point P.
ns
D'autre part, une construction graphique très simple donne la distance du point P du terrain au plan horizontal du point O ; il suffit de rabattre le triangle OpP autour de sa trace horizontale mp, au moyen du triangle Op'p” que l’on connaît; pour cela, on mène la perpendiculaire à mp en p” et l’on porte sur cette perpendiculaire une longueur pp, égale à p'p'; le point p; ainsi obtenu est le rabattement du point p', et la droite mp, le rabattement de la droite Op; en élevant en p une perpendiculaire à mp jusqu’à sa rencontre avec mp,, on obuüent le rabattement P, de P, et la longueur pP, représente, à l'échelle du dessin, la distance du point P au plan horizontal du point O; si l’on connaît la cote du point M,et, par conséquent, celle du point O, on en déduit celle du point P.
Donc, en partant d’une base MN, on peut déterminer par ce procédé, en n’employant que quelques constructions géométriques très simples, la planimétrie et le nivellement des points que l’on aperçoit des stations M et N dans un angle pouvant atteindre près de 90° de part et d’autre de la droite MN. Au moyen d’un canevas convenablement choisi, et en opérant de proche
en proche, cette méthode permet de lever très
Le CD mx
rapidement une grande étendue de terrain; elle est surtout utile pour déterminer la topographie de régions où il est difficile ou impossible d’accéder.
La précision d’un semblable levé dépend de la nature de la matière sensible et de son support, ainsi que de la facon dont sont déterminés les points tels que p. Or, la couche de gélatine impressionnable est compiètement adhérente au support et ne subit de déformations par son passage dans les bains que si le support lui-même en est affecté; le verre présente une invariabilité absolue, et c’est pour cétte raison que nous n’avons parlé que de clichés sur verre dans cette application. Toutefois, comme le verre apporte une certaine gêne dans les construclions géométriques indiquées plus haut, et que, d'autre part, 1l est nécessaire que l’image photographique soit assez transparente pour permettre de l’orienter sur la planchette, on peut se servir d’une épreuve positive sur papier mince au ferrocyanure, sans la soumettre au lavage : l’image disparaîtra, il est vrai, au bout de quelque temps, par l'effet de la lumière, mais on aura vite fait de l’employer ; d’ailleurs 1l sera
facile d’en obtenir du même cliché autant qu'il
Pa sera nécessaire. Cette épreuve remplacera Île cliché et permettra de piquer rapidement sur la planchette la position des points tels que p” ps
Pour que le recoupement p soit fait dans de bonnes conditions, 1l importe que le point p”"soit éloigné le plus possible du point m; car plus il sera loin, et moins l'erreur commise sur sa position aura d'influence sur la direction de la droite mp et, par suite, sur la position du point p; d'autre part, l'intersection p ne sera bien déterminée que si les droites mp et np ont des directions très différentes faisant entre elles un certain angle.
Pour tracer sur le chiché la droite HE, on disposera à poste fixe dans la chambre, en avant de l'emplacement de la glace sensible, un cadre métallique portant un fil fin horizontal, dont l’ombre sera projetée sur le cliché pendant la pose; ce fil doit être exactement dans le plan horizontal du centre O de l’ouverture lorsque l'appareil est en station; 1l faut, d'autre part, que la glace soit verticale. On réalise ces conditions en construisant les châssis de telle sorte que la glace soit perpendiculaire au-dessus de
la paroi supérieure de la chambre, en plaçant
mn DS
ce dessus horizontal, en déterminant (au moyen d’un cathétomètre, par exemple) le plan horizontal du centre de l'ouverture pratiquée au centre de la paroi antérieure de la chambre, et en fixant le fil de façon que ses deux extrémités se trouvent dans ce plan.
Les châssis qui servent de support aux glaces doivent être construits avec soin, de façon que la surface sensible se trouve exactement à la distance voulue du centre de l’ouverture. Cette distance sera fixée d’après le champ et les di-
mensions d'image qu'on désire obtenir.
VUES STÉRÉOSCOPIQUES.
Ce procédé de photographie offre un moyen très facile d'obtenir des vues stéréoscopiques donnant la sensation du relief des objets, sans qu'on soit obligé d'employer un stéréoscope. De telles vues présentent un grand intérêt, car elles permettent de conserver le souvenir très exact d’un paysage, d’un monument, d’un objet d’art, d’une machine, etc., et donnent la possibilité de revoir ces objets tels qu'ils sont dans l’espace, comme si on les regardait réellement avec les
deux yeux.
SE
On sait qu'une vue stéréoscopique d’un objet consiste en deux dessins représentant chacun l'aspect sous lequel cet objet est vu séparément par chacun des deux yeux, de telle sorte que, en plaçant simultanément chaque œil en face de chacune de ces deux images, on ait la sensation du relief de l’objet comme si l’on voyait celui-ci directement à sa position dans l’espace. Cette restitution a lieu lorsque les pinceaux lumineux, émanant des deux points qui représentent les images de chaque point de l’objet, et aboutissant aux deux yeux, sont situés dans un même plan et font entre eux un angle égal à celui que font entre eux les pinceaux lumineux émanant du point lui-même de l’objet et aboutissant aux deux yeux.
Pour obtenir ce résultat avec la chambre à ouverture étroite, 1l suffit de remplacer l’ouverture unique par deux autres, identiques, placées sur une ligne horizontale et séparées par une distance égale à l’écartement des axes des deux yeux, soit 6°®,5 environ, et de disposer un carton noirc1 dans la chambre, de façon à la partager verticalement en deux parties égales, afin d'empêcher les rayons lumineux qui pénètrent
par chaque ouverture d'aller former des images
et ue
sur la moitié de plaque sensible placée en face de l’autre ouverture; l’angle des pinceaux qui, émanant de chaque point de l'objet à représenter, passent par les deux ouvertures, est alors le même que si ces pinceaux aboutissaient aux deux yeux; si la plaque sensible se trouve à une distance des ouvertures égale à la distance de la vision distincte, on devra, eu regardant à la fois les deux épreuves positives, convenablement placées l’une par rapport à l’autre, éprouver la sensation du relief de l’objet comme si on le voyait directement.
Soient, par exemple, deux points A et B de l'objet; À donne les images a et «a (fig. 5) dans les deux chambres GC et C, et B les images b et b'; si l’on substitue les deux yeux aux deux ouvertures O et O’, et qu'on regarde le cliché obtenu, placé comme il l'était pendant la pose, on aperçoit deux images renversées, avec a et a! à gauche, b et D" à droite; en retournant le cliché autour d’un axe horizontal situé dans son plan, de façon que le côté du verre soit tourné vers les yeux, les deux images sont redressées et apparaissent aux yeux O et O’ dans le même sens que les épreuves positives auxquelles ce
cliché donnerait lieu; or, dans ce mouvement,
ra M vs chacun des points a,a!, b,b! est resté dans le
eme — — se - —