‹ La photographie sous-marine et les progrès de la photographieChapitre 38 sur 62 · PORTRAIT INSTANTANÉ D’UN PLONGEUR · texte numérisé non relu

PORTRAIT INSTANTANÉ D’UN PLONGEUR

Librairie C. ReLn.ro ald

Je crois, en terminant ce chapitre, qu’il n’est pas sans intérêt d’indiquer dans quelles conditions et à quelle profondeur quelques-uns des clichés, reproduits dans ce livre, ont été obtenus.

Les photographies (PL IX, X et XI), ont été prises à une profondeur commune de 3 mètres sous l’action directe du soleil et sans aucune intervention de lumière artilicielle. La distance de l’objet à l’objectif a, au contraire, varié dans les limites assez étendues que nous noterons pour chaque épreuve reproduite.

La photographie (PL X) représente une bande de poissons, prise en instantané dans la baie des Elnes, près de Banyuls. Le cliché a été obtenu par le mécanicien David.

Voici les détails que je relève dans mes notes :

« Le mercredi, 14 septembre 1898, malgré une houle assez forte causée par le vent du nord, le bateau du laboratoire a été ancré dans la baie des Elnes, mieux abritée que celle de Banyuls.

« La journée était belle, avec un clair soleil ; le cliché a été pris à dix heures du matin.

« Après avoir immergé l’appareil à 3 mètres de profondeur sur un fond de sable, le scaphandrier place, en face de l'objectif, à 2m,80 environ (par conséquent un peu au-delà de la distance pour laquelle était réglé l’appareil), un grand écran blanc.

« La photographie (PL XI) provient d’un cliché du mécanicien David et représente un plongeur à 3 mètres de profondeur et à 2 mètres de l’objectif.

« Ce cliché a été fait à dix heures du matin, par beau soleil, dans la baie de Banyuls, le 21 septembre 1898.

« Pour faciliter la mise au point, le scaphandrier avait lixé dans le sol, à 2 mètres en avant de l’appareil, une solide barre de fer qui devait servir de point de repère.

« Je ne crois pas que cette méthode, pour faire faire

son portrait, soit appelée à un grand avenir; cependant j’ai tenu à reproduire ici cette épreuve pour montrer, sans équivoque possible, que l’on a bien réellement affaire à des photographies instantanées .

« La photographie X, qui représente un scaphandrier accroupi dans la prairie sous-marine, a été décrite plus haut. Son intérêt réside dans ce fait que le cliché a été pris en manœuvrant l’obturateur du bord du bateau.

« Il en est de même dans la photographie n° 29, qui représente deux scaphandriers travaillant au fond de l’eau. Une pareille épreuve était assez difficile à prendre avec les moyens dont nous disposions, puisqu’elle exigeait non seulement deux habits complets de scaphandriers, mais aussi deux équipes pour manœuvrer les pompes. C’est grâce à l’obturateur électrique que le patron du bateau a pu nous photographier, au moment où le mécanicien et moi nous enfoncions une barre de fer dans le sable.

« Pour compléter ce premier résultat, j’aurais dû faire des photographies instantanées à des profondeurs variables et préciser la limite maximum où la chose est possible; il eût été, en effet, curieux de déterminer suivant quelle proportion décroît la puissance lumineuse et photogénique du faisceau solaire, à mesure qu’on interpose entre le soleil et l’objet une couche d’eau de plus en plus forte.

« J’ai négligé systématiquement l’étude de cette question très intéressante, mais dont la solution précise exigerait un temps très long, car on se trouve en présence de conditions variables qui ne permettent d’espérer qu’un résultat approché.

« La puissance photogénique du soleil dépend d’une foule de causes et peut varier d’un moment à l’autre; il en est de même de la sensibilité des plaques et de la

transparence de l’eau, autant de facteurs qu’on ne saurait négliger.

« Cette détermination ne peut, d’ailleurs, avoir rien d’absolu; elle se rapporte uniquement aux plaques sensibles et aux meilleurs objectifs que nous possédons actuellement.

« La question perdait, du reste, de son intérêt immédiat du jour où je pensais substituer à la lumière solaire une autre source lumineuse. »

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