LES PREMIERS APPAREILS D ÉC LAIRAGE
Ce ballon, complètement étanche, renferme en outre
Fig. 31. — Lampe au magnésium, système Chaui'our.
B, flacon. — b, bouchon. — M, magnésium. — P, pile. — R, réflecteur. — ob, interrupteur.
un fil lin de platine qui est relié aux deux pôles d’une pile (fig 31).
Quand on établit le courant, le lil rougit, le magné-
sium s’enflamme et s’oxyde en produisant une vive lumière, au contact de l’oxygène.
Quelques détails sur le dispositif de l’appareil permettront d’en comprendre le fonctionnement.
Le fil de magnésium, M, contourné en spirale, a un diamètre d’environ 1 millimètre et est suspendu par sa partie supérieure à une tige rigide en fer. située selon l’axe principal de la lampe. La partie inférieure de la spirale est réunie par l’intermédiaire d’un morceau d’amadou à un fil de platine tendu entre deux bornes qui traversent un bouchon, b, en caoutchouc d’un grand diamètre. Sur ce bouchon vient s’appliquer le goulot d’un flacon renversé, B, d’une capacité d’environ 3 litres, qui constitue le globe de la lampe et qui renferme dans son intérieur à la fois les bornes, le fil de platine et la spirale de magnésium ; il est maintenu en place par une traverse horizontale en cuivre située à sa partie inférieure.
Deux écrous et une vis permettent de le fixer dans la position convenable.
Pour enlever ou changer le flacon, il suffit donc de desserrer la vis, puis d’enlever les deux écrous qui commandent la traverse.
Le bouchon en caoutchouc, b, repose, par sa partie inférieure, sur un plateau en métal très épais. Il y est fixé dans une position invariable à l’aide de bagues à vis qui entourent sa base et forment un joint parfait. Sur le plateau, P, où est fixé le bouchon, s’élèvent, de chaque côté, deux tiges en cuivre supportant la traverse et sur lesquelles est disposé un réflecteur argenté, R, qui entoure la partie médiane du flacon.
La partie inférieure, la base même de la lampe, est constituée par une boîte carrée, P, dans l’intérieur de laquelle se trouve une pile au sulfate de mercure. .
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La capacité de la boîte est à peu près de 2 litres, et elle est rendue étanche par l’intermédiaire d’un couvercle muni d’une lame en caoutchouc, qui peut être comprimée au moyen de huit écrous. La pile, formée de deux éléments disposés en tension, est reliée au iilde platine par deux fils conducteurs, revêtus de guttapercha, qui aboutissent aux deux bornes de cuivre logées dans le bouchon en caoutchouc.
Sur le trajet de l’un des bis conducteurs est disposé un interrupteur, Ob, qui représente l’une des parties les plus originales de l’appareil. Il se compose d’une boîte en cuivre à couvercle flexible.
Ce couvercle a la forme d’une lame circulaire et se déprime sous le doigt lorsqu’il est pressé, de manière à actionner une borne maintenue par un ressort à boudin. Un petit ballon compensateur est annexé à l’interrupteur et fonctionne exactement comme le ballon de l’appareil photographique sous-marin que nous avons décrit plus haut.
Pour mettre en charge la lampe p ho to-so us-marine, on doit procéder de la façon suivante :
La spirale de magnésium ayant été suspendue à la tige rigide et rattachée, d’autre part, au lil de platine, par un fragment d’amadou, on dispose le flacon de manière à pouvoir introduire dans son intérieur un courant d’oxygène. Le flacon, rempli d’oxygène, est ensuite solidement fixé par la manœuvre des écrous et de la vis.
On peut alors l’immerger à toute profondeur, et, pour produire la lumière, il suffit de presser sur le couvercle de l’interrupteur. Sous l’influence de cette pression, le courant s’établit, le lil de platine rougit, enflamme l’amadou et communique la combustion à la spirale de magnésium.
Quelque facilité que présente cette lampe dans son emploi, elle offre cependant certains inconvénients qui m’ont amené à la rejeter après quelques essais. Un des principaux est causé par la combustion souvent trop rapide du fil de magnésium dans l’intérieur du bocal. Si la température s’élève trop brusquement, l’atmosphère confinée s’échauffe avec une extrême rapidité, et la force d’expansion du gaz devient telle que l'appareil peut éclater.
Cet inconvénient grave est cependant amoindri par les conditions dans lesquelles se trouve placé l’opérateur; on ne doit pas oublier, en effet, que la lampe est plongée tout entière dans l’eau, et que la masse liquide ambiante, dont la température est sensiblement constante, contrebalance en partie les effets de l’élévation de température.
Un inconvénient plus sérieux provient du mode de combustion de la spirale de magnésium. Si cette combustion s’effectuait d'une façon régulière, tout serait pour le mieux. Malheureusement il n'en est pas ainsi.
Le magnésium qui constitue le fil n’est ni pur, ni homogène ; de là résultent des intermittences nombreuses dans l’intensité de son pouvoir éclairant. De temps à autre il se produit des projections de globules de magnésium enllammé, qui peuvent amener la rupture du ballon.
Enfin, comme dernier inconvénient de la lampe sousmarine au magnésium, nous devons signaler la production inévitable de particules extrêmement fines de magnésie qui restent en suspension dans l’atmosphère sous forme d’une fumée blanche et qui diminuent d’autant la puissance lumineuse de la source.
J’ai reproduit la description de cet appareil d’éclai-
Planche XII.
Ascidie (Phallusia). — (Instantané.)