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LES PREMIERS APPAREILS U ECLAIRAGE

rage ingénieusement combiné, parce que je crois que j’ai rejeté son emploi trop tôt et que quelques légères modifications : récipient plus grand et à doubles parois, emploi de poudre de magnésium au lieu de spirale de magnésium, pourraient le rendre pratique dans bien des cas.

Pressé par le temps, j’ai profité de l’atelier de mécanique du laboratoire Arago pour faire construire un nouvel instrument plus simple et plus robuste par le mécanicien de la station.

Cette nouvelle lampe repose sur un principe tout à fait différent : il s’agit, cette fois, de faire descendre au fond de la mer une lampe tout allumée, dont la combustion est entretenue à l’aide d’une atmosphère limitée suffisammentriche en oxygène, et sur laquelle on injectera, au moment de l’opération, une quantité voulue de poudre de magnésium.

Le réservoir d’air est représenté par une barrique (fig. 32) dont l’un des fonds a été enlevé. L’atmosphère qui y est emprisonnée reçoit à l’avance un supplément d’oxygène.

Sur le fond supérieur de ce vaste récipient, d’une contenance d’environ 200 litres, est disposée une lampe à alcool recouverte d’une cloche

en verre d’une capacité de 5 à 6 litres. La cloche, fixée à l’aide d’écrous disposés comme dans la lampe photo-sous-marine, adhère intimement, par son bord inférieur, au fond supérieur de la barrique.

L’air qu’elle contient se trouve en communication libre avec l’intérieur du grand récipient, par l’intermédiaire d’une série d’orifices largement entaillés dans le bois.

Au niveau de la lampe à alcool est fixé un réservoir en métal non représenté sur la ligure, isolé par du tissu d’amiante et qu’on remplit de magnésium.

La partie inférieure de ce réservoir est en libre communication avec un tube métallique, dont l’une des extrémités correspond au niveau moyen de la flamme de la lampe à alcool, et dont l’autre extrémité se continue par un tube en caoutchouc, qui aboutit à l'extérieur et qui vient se greffer sur un ballon de même nature en forme de grosse poire, situé en dehors de la barrique.

Ces détails étaient nécessaires pour faire comprendre le fonctionnement de l’appareil.

Le réservoir ayant reçu de la poudre de magnésium en quantité suffisante pour opérer plusieurs injections, et l’atmosphère confinée de la barrique possédant sa provision supplémentaire d’oxygène, il suffit d’allumer la lampe à alcool et de placer la cloche dans la position voulue pour que la lampe puisse entrer en fonction. Dans ces conditions, elle brûle avec facilité pendant un temps assez long.

Si l’on presse alors sur le ballon en caoutchouc, que des ligatures maintiennent à la partie inférieure du tonneau, on diminue sa capacité et l’on détermine la formation d’un courant d’air qui, par la voie du tube en caoutchouc (fig . 33), va chasser la poudre métallique

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enfermée dans le réservoir et la lancer au-dessus de la lampe à alcool.

Le magnésium, très divisé, brûle instantanément en produisant l’éclair.

Théoriquement, cet appareil donne donc toute satisfaction, et l’on peut produire une intensité lumineuse considérable en faisant brûler une quantité plus ou moins grande de magnésium.

Dans la pratique, il n’en est plus ainsi; l’appareil est d’un maniement dangereux, et son rendement en lumière est faible.

C’est certainement l’appareil qui m'a donné le plus de mal à manœuvrer et le plus de déboires, quoique j'aie obtenu finalement avec sa lumière quelques clichés médiocres [firj . 34).

La description de so i fonctionnement dans l’eau fera comprendre les défauts de cet engin encombrant :

Je fais ancrer le bateau dans la baie de Banyuls par quelques mètres de fond sur le sable, à proximité de quelques gros rochers.

Je revêts l’habit du scaphandre et je descends sur le sable, pour choisir la place exacte où je veux prendre la photographie; j’indique la place à l’aide d’un flotteur en liège, que j’ai eu le soin d’emporter et qui est retenu par une ficelle, dont je fixe l’une des extrémités sur le fond, à l’endroit précis où l’on doit descendre la lampe au magnésium.

Le tonneau fortement lesté à l’aide de gueuses en plomb, qui ne sont point indiquées dans la figure 32, mais qui ont été représentées ( fig . 33), est soulevé à l’aide d’un palan, et on le laisse glisser jusqu’au fond de l’eau. Les poids étant placés dans la région la plus basse du tonneau, celui-ci doit s’enfoncer verticalement

et venir échouer sur le fond sans se renverser [fnj. 33). En tirant sur les amarres, le patron a rapproché le

bateau de l'endroit que j'ai choisi, je vois la masse noire de la coque se projeter non loin de moi malgré le temps sombre et brumeux.

Puis le tonneau commence à descendre en oscillant:

Fig. 33. — Figure théorique montrant comment ont été prises les vues sous-marines à la lumière du magnésium.

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j'essaye de le guider de mon mieux, mais, par suite d'un faux mouvement, la manche à air qui relie mon casque à la pompe s’engage dans les amarres, et j’ai toutes les peines du monde à éviter d’être coiffé par la large barrique qui continue à descendre. J’arrive à me dégager et j’attends que l’appareil ait pris sa position d’équilibre; je l’oriente de mon mieux, de manière à concentrer les rayons lumineux vers le point que je veux photographier, et je me prépare à presser sur la grosse poire de caoutchouc pour projeter la poudre de magnésium sur la flamme de la lampe à alcool.

Première déception! la flamme de la lampe à alcool s’est éteinte sous l’influence du coup de soufflet produit par le clapotis de l’eau dont le niveau oscillait dans l’intérieur du récipient.

L’appareil ne peut fonctionner ainsi.

Tout est à recommencer; il faut remonter pour remédier à cet inconvénient et modifier le dispositif.

Pour tourner la difficulté, on remet en place le fond du tonneau défoncé, après l’avoir au préalable criblé de trous de petit diamètre. Cette fois les oscillations de la masse liquide ne pourront souffler la lampe, mais que d’autres ennuis avant de régler définitivement la marche de l’opération !

C’est le tonneau qui bascule et se renverse, perdant la plus grande partie de l’air enrichi d’oxygène qu’il contient. C’est la poire qui fonctionne mal et qui, placée trop haut, se dilate comme une vessie et éclate au moment où je veux injecter le magnésium sur la flamme.

Ce n’est qu’après plusieurs tentatives infructueuses que j’obtiens enfin un résultat.

Enfin la mèche de la lampe se maintient bien allumée et, sous l’action de la poire, le magnésium est projeté sur la flamme.

L’effet ne se faisait pas attendre et, de meme qu’à l’air libre, je vois se produire dans l’intérieur de la cdoche

Fig. 34. — Photographie au magnésium d'une falaise sous-marine.

une série d’éclairs de magnésium, qui se succèdent à des intervalles plus ou moins rapprochés, selon que je presse plus ou moins rapidement la poire.

Le magnésium brûle dans ces conditions avec une extrême intensité, el le patron du bateau qui dirige la descente traduit, par une comparaison originale, l’impression qu’on éprouve en constatant la combustion du magnésium lorsqu’on est hors de l’eau: « On dirait, me disait-il, qu’il y a un orage dans l’eau. »

C’est bien là, en effet, la sensation que doit donner à l’œil cette succession d’éclairs.

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Malheureusement les photographies obtenues par ce procédé ont été assez médiocres, et celle que nous reproduisons ( fuj . 34) indique plutôt une silhouette que le paysage de rochers que l’objectif n’a vu qu’incomplètement.

J’attribue ce médiocre résultat à la présence de la line poussière de magnésie qui se produit dans l’atmosphère confinée et qui ternit le globe de la lampe pholosous-marine.

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