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CHAPITRE XIV

PREMIERS ESSAIS DE PHOTOGRAPHIE SOUS-MARINE A L’AIDE DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE

Sous l’habile direction de M. Chaufour, qui était venu s’installer au laboratoire de Banyuls, pendant le mois de septembre, le montage des appareils était terminé à la fin d’août de 1899.

Ce résultat n’avait pas été obtenu sans peine, car il avait fallu faire marcher la machine à vapeur pendant près de soixante-dix heures de suite pour charger dans de bonnes conditions les accumulateurs.

Qu’il me soit permis de rendre hommage ici, non seulement au dévouement du mécanicien de la station dont j’ai déjà eu occasion de parler, à plusieurs reprises, mais aussi à celui de tous les marins du laboratoire qui ont fait de leur mieux pour m’aider dans ces expériences.

Le dessin que nous avons donné plus haut représente les accumulateurs disposés dans l’aquarium sur leurs tapis de caoutchouc isolant, pendant la période de charge. Sur la table de marbre, on distingue le tableau de distribution^^. 35, p. 241').

Il fallait maintenant essayer les divers appareils et en particulier les lampes électriques que nous avons décrites et figurées page 244, et s’assurer qu’elles ne feraient pas eau lorsqu’elles seraient immergées.

Ces essais ont été faits dans un grand bassin rectan-

gulaire de 4 mètres de long sur 2 mètres de large, qui est représenté figure 38. Primitivement, il était destine

Fig. 3S. — Essai des lampes dans un bassin rempli d'eau de mer.

à régler les faisceaux lumineux qui partaient des lampes pour les faire converger à la distance convenable pour une photographie donnée.

Il n’a pu remplir entièrement ce rôle, ün sait avec quelle facilité l'eau de mer attaque le métal et, malgré plusieurs couches de peinture successives, je n’ai jamais pu avoir de l’eau absolument pure et limpide dans l’intérieur de ce grand récipient. Il nous a servi, cependant, à constater l’imperméabilité des lampes.

L’essai ayant réussi d’une façon satisfaisante, je résolus

PREMIERS ESSAIS A l’aIDE DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 251

de prendre un premier cliché à la lumière électrique. L’équipage passa la journée du lendemain à faire à bord les divers aménagements nécessaires.

Les dix boîtes en chêne contenant les accumulateurs furent disposées de chaque côté du bateau comme l’in-

Fig. 39. — Le bateau du laboratoire avec les appareils de photographie

à bord.

dique la ligure 39, de manière à servir de lest et à ne pas nuire à la stabilité. Le tableau de distribution trouva sa place à l’avant de la cale et fut relié d’une part aux accumulateurs et d’autre part au câble enroulé sur un tambour placé dans l’axe du bateau [fig. 36).

Le bateau n’a qne des dimensions fort restreintes, et la chambre noire forme un réduit très étroit où les opérateurs ne peuvent manœuvrer qu’accroupis sur leurs talons (à droite, sur la figure 39).

Bien souvent, sous le soleil torride de Banyuls et par les chaudes journées de septembre, il m’est arrivé de plaindre mes modestes collaborateurs, enfermés dans cette caisse étroite, où je craignais pour eux l'asphyxie prochaine.

Cette fois, cependant, grâce à la présence de l’électricité à bord, nous avions pu rendre l'installation un peu plus confortable et remplacer la lampe fumeuse, si désagréable dans un espace aussi limité, par une lampe électrique de quinze bougies enfermée dans une lanterne rouge. Cela n’agrandissait pas la chambre, mais du moins on y voyait à peu près clair, et le travail devenait ainsi plus facile. D’ailleurs, comme les opérations devaient se faire la nuit, la chaleur devenait une cause d'incommodité moins insupportable.

L’après-midi fut consacrée à choisir la place convenable sur un fond intéressant et à lixer le bateau par plusieurs amarres pour conserver sûrement la position déterminée d’avance.

Je congédiai ensuite les hommes et leur donnai rendez-vous pour la soirée.

Nous étions favorisés par le temps; comme d’habitude à la tombée rie la nuit, la brise avaitcessé de souffler, et l'eau était d’un calme suffisant, à peine un léger clapotis sur le bord du rivage. L’obscurité était d'ailleurs complète, et la lune ne devait se lever qu’assez tard pour ne pas gêner nos opérations.

Je passai la soirée à régler les derniers détails de l’expérience, en collaboration avec M. Cbaufour, qui tenait à ne quitter Banyuls qu’après avoir vu fonctionner les appareils dont il avait dirigé l’installation.

Une embarcation légère nous eut bientôt conduits au

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