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CHAPITRE V

PHOTOGRAPHIE AU COLLODION

Photographie au collodion. — Le collodion, — voilà un véhicule excellent pour les sels haloïdes d’argent et de beaucoup préférable à ceux dont nous venons de parler. C’est un liquide visqueux, incolore, se desséchant rapidement, adhérant fortement au verre, d’une préparation facile et qui donne en somme, quand on l’a sensibilisé, d’excellents résultats.

On peut dire avec vérité que son emploi a fait époque dans l’histoire de la photographie.

A qui faut-il attribuer son introduction dans la technique photographique? C’est une question à laquelle il est assez difficile de répondre. On a cité les noms de MM. Legay, Fry et Archer ; c’est tout ce que nous pouvons dire sur ce point.

Le collodion s’obtient en faisant dissoudre le cotonpoudre ou pyroxyle dans un mélange d’alcool et d’éther. Maintenant quel coton-poudre doit-on prendre? Car il y en a de plusieurs espèces. Les propriétés de. ce corps et, en particulier, son degré de solubilité dans le mélange d’alcool et d’éther varient notablement avec son mode de préparation. .

On s’accorde généralement à reconnaître que l’espèce qui convient le mieux dans le cas qui nous occupe doit être préparée de la manière suivante : du coton cardé, qui représente de la cellulose à peu près pure, est lavé

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avec soin et débarrassé, avec une liqueur faiblement alcaline, des quelques matières grasses qui empâtent les fibres. Il est ensuite séché à l’air libre.

D'autre part, dans une cuvette de porcelaine ou dans un cristallisoir en verre, on introduit 1.500 grammes d’acide sulfurique du commerce auquel on ajoute, petit à petit, 1.000 grammes d’azotate de potasse; une réaction chimique se produit; il se forme du bisulfate de potasse et de l’acide azotique, qui est là à l’état naissant. Cet acide se dégagerait en vapeur si on élevait la température du mélange. Tout au contraire, le cristallisoir est plongé dans un bain d’eau froide, afin que la température baisse et se maintienne vers 50° environ.

C’est à ce moment qu’on introduit dans le mélange 100 grammes de coton lavé et purifié, comme il a été dit plus haut. Le coton est immergé par petites portions, et on remue vivement la masse avec une baguette de verre. Au bout de quelques minutes, la cellulose ordinaire est devenue cellulose nitrique ou, comme on dit, coton-poudre. Il n’y a plus qu’à décanter et à laver à grande eau la matière fibreuse ainsi transformée, jusqu’à disparition de toute trace d’acidité.

Le coton-poudre, bien lavé et bien sécbé, a l’aspect du coton ordinaire; il est seulement plus rude au toucher, il est devenu facilement inflammable et a augmenté de poids : 100 grammes de coton donnent jusqu’à 130 grammes de coton-poudre.

Préparation et sensibilisation du collodion. — 11 existe une foule de formules, proposées par les divers opérateurs, en vue de la préparation et de la sensibilisation du collodion. Nous empruntons à l’excellent Traité de Photographie moderne, publié par M. Albert Londc1,

1 Albert Londe, P holographie moderne , 2° édition. Victor Masson.

celle qui paraît avoir conduit aux meilleurs résultats.

Le produit qu’on a appelé le collodion normal se prépare comme il suit :

On fait dissoudre llsr,3 à 14 grammes de cotonpoudre — selon le degré de solubilité du pyroxyle dont on dispose — dans :

Éther rectifié à 65° 660 cm3

Alcool rectifié à 90° 340 cm3

L’éther est d’abord versé sur le coton- poudre, puis on ajoute l'alcool par petites portions successives.

Le collodion normal étant ainsi obtenu, il faut maintenant le sensibiliser.

A cet effet, on mélange 90 parties de collodion normal, à 10 parties de la liqueur iodo-bromurée, dont voici la composition :

Alcool absolu 1.000 cm3

loclure d’ammonium 40 gr.

I o dure de cadmium 40 gr.

Bromure de cadmium 40 gr.

Le collodion étant ainsi rendu apte à être sensibilisé, est abandonné à lui-même, pendant deux ou trois jours, dans un tlacon de verre bien bouché. Puis on le décante pour le répartir entre plusieurs flacons plus petits qu’on remplit complètement, et qui doivent être tenus hermétiquement clos à l’abri de la lumière.

Grâce à ces précautions, le collodion, qui a pris une teinte jaune pâle, peut se conserver, assez longtemps, sans altération notable.

Épandage du collodion iodo-bromuré. — C’est une lame de verre ou de glace qui sert de support au collodion.

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On la lave avant tout très minutieusement, comme il a été dit à l’occasion de l’albumine. Si elle a déjà servi à la production d’images daguerriennes, il est nécessaire de la placer pendant quelques heures dans l’acide azotique étendu pour achever ensuite le nettoyage et la dessiccation, à la façon ordinaire.

Il s’agit maintenant de répandre uniformément ce collodion iodo-bromuré en lame mince, à la surface de la glace. Voici l'une des façons de procéder, qui est très commode, quand le support de verre à recouvrir de collodion ne dépasse pas les dimensions moyennes des photographies ordinaires.

La lame de verre est saisie, par un de ses angles, avec la main gauche, qui la maintient à peu près horizontale. A sa surface, on verse, de la main droite, du collodion, un peu en excès. Par un mouvement légèrement oscillatoire imprimé à la lame de haut en bas et de gauche à droite, on recouvre, sans peine, toute la lame d’une couche de même épaisseur du liquide visqueux. Ceci réalisé, on l’incline avec lenteur en faisant aboutir l’un de ses angles à l’ouverture du goulot d’un tlacon. L’excès du liquide s’écoule alors dans le sens de l'inclinaison ; il est reçu dans le tlacon. La lame, rendue de nouveau horizontale, ne conserve plus, adhérente à sa surface, qu’une couche très mince de collodion, transparente et parfaitement homogène.

Par suite de l’évaporation spontanée de l’alcool et de l’éther, le collodion se dessécherait promptement sur la plaque. On doit donc, sans tarder, — au bout de deux minutes au plus, — le plonger dans le bain d’azotate d’argent.

Conversion de la couche de collodion sensibilisé en couche sensible. — C’est toujours par une double décompo-

sition qu’au contact de l’azotate d’argent les iodures et bromures alcalins contenus dans le collodion sensibilisé sont convertis en sels haloïdes d’argent. Seulement il est bon, cette fois, que l’azotate d’argent employé renferme déjà en dissolution tout l’iodure d’argent qu’il peut dissoudre, ou, comme on dit, qu’il en soit saturé.

A cette lin, on verse à l’avance dans l’azotate, goutte à goutte, une solution d’iodure de cadmium dans l’alcool, jusqu’à ce qu’il se forme un léger précipité persistant d’iodure d’argent; puis on filtre la liqueur qui est alors prête à servir.

Le bain d’argent qui doit produire la couche sensible renferme habituellement de 8 à 10 d’azotate pour 100 d’eau distillée.

Il est maintenu acide par l’addition au préalable de quelques gouttes d’acide azotique ou d’acide acétique cristallisable.

La lame collodionnée, pour devenir sensible, doit être plongée rapidement dans le bain d’argent, de manière à être entièrement recouverte du liquide dans le plus court temps possible.- Cette opération sera faite dans l’obscurité. L’immersion doit durer quelques minutes, et on juge qu’elle est suffisante lorsque la lame est devenue également opalescente sur toute sa surface.

Pour la retirer du bain: il est nécessaire, si l’on ne veut pas noircir ses doigts, de se servir d’un petit crochet en argent ou en corne avec lequel on relève la plaque en la saisissant par le milieu de son bord antérieur.

Quand elle est bien égouttée, on la place sans retard dans le châssis de la chambre noire, car le collodion ne possède toute sa sensibilité que lorsqu’on le soumet, encore humide, à l’action de la lumière. On peut même dire que cette sensibilité est en rapport direct avec le

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degré d’humidité de la couche impressionnable. Sec, la lumière ne l’altère que lentement et faiblement.

Développement de l’image. — Les révélateurs employés pour le collodion sont ou le sulfate ferreux ou l’acide pyrogallique.

Le premier a l’avantage de faire apparaître plus promptement l’image et même de la rendre plus brillante.

Il faut remarquer toutefois que le sulfate ferreux du commerce est toujours plus ou moins acide ; et cette acidité, il la doit à. la présence dans le sel d’un peu d’acide sulfurique libre. 11 faut le débarrasser de cet excès d’acide qui nuit à la vigueur des épreuves. A cet effet, dans une première solution de :

Eau 250 cm3

Sulfate ferreux 50 gr.

on en verse une seconde ainsi composée :

Eau 100 cm3

Acétate de plomb 3 gr.

Acide acétique cristallisable 20 cm3

Un précipité de sulfate de plomb apparaît par le fait du mélange des deux liqueurs; on liltre alors pour éliminer le sulfate de plomb formé, et on ajoute au mélange devenu limpide :

Eau 400 cm3

Ether acétique 3 cm3

Éther nitreux 3 cm3

Dès lors la liqueur révélatrice est prête; il n’y a plus, pour dégager l’image latente, qu’à la verser en

nappe sur la plaque récemment extraite de la chambre noire. Pour faciliter l’opération, qui est pratiquée dans une demi-obscurité, cette plaque est maintenue inclinée en appuyant son bord inférieur sur le fond d’une cuvelte de porcelaine.

Les parties de l’objet les plus éclairées se dessinent immédiatement, puis viennent les parties moins brillantes.

On peut aussi, selon les cas, au lieu de laver la plaque impressionnée par une affusion continue de sulfate ferreux, la plonger tout entière et d’un seul coup dans un bain de la liqueur révélatrice et suivre alors sans peine le développement progressif.

On retire la plaque et on l’égoutte, quand l’image a acquis une vigueur suffisante. Ceci est affaire de pratique. L’opérateur, en tout cas, ne doit pas oublier que le liquide fixateur, qui va intervenir peu après, a toujours pour effet d’affaiblir notablement l’image fournie par le révélateur.

L'obtention d'un bon négatif avec la plaque collodionnée dépend d’une foule de circonstances, dont un praticien exercé, peut seul estimer approximativement, dans chaque cas, le degré d'importance.

La difficulté, pour lui, sera toujours d’évaluer à l’avance la part d’influence qu'il faut attribuer à chacune d’elles, en vue de la fixation de la durée de pose.

Voici les principales de ces circonstances, dont il y a lieu de tenir compte : la nature du modèle : portrait, paysage, monuments, etc. ; les qualités spéciales de l’objectif dont on se sert: l’ouverture plus ou moins grande du diaphragme ; ledegré d’actinisme delalumière agissante ; l’heure de la journée à laquelle on opère; la température ambiante ; la présence ou l’absence des nuages, quand on veut reproduire des objets placés à l’air libre.

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En somme, si, par erreur, la pose a été trop longue, l’épreuve est (comme on dit) brûlée. L’image négative prend une teinte d'un gris noirâtre. On n’en peut rien tirer ; si elle a été trop courte, les parties les plus éclairées de l’objet se montrent à peu près seules sur l’image.

Dans ce dernier cas, il y a quelquefois moyen d’améliorer le résultat. Des soins spéciaux apportés au développement, des révélateurs mieux appropriés, peuvent produire un très bon effet.

Quant au mode de renforcement de l’image qui réussit le mieux, nous l’indiquerons plus loin, après a voir parlé du second agent révélateur pour les plaques collodionnées.

On peut recourir, en second lieu, à l’acide pyrogallique, agent réducteur par excellence, qui est d’un maniement facile et qui offre cet avantage de n’agir que progressivement et avec une assez grande lenteur. Dès lors il est possible d’arrêter le développement au moment précis où l’image a pris le degré de vigueur voulu.

Ce second liquide révélateur est préparé comme il suit :

Eau. 400 cm3

Acide acétique cristalli sable , de 15 cm* à 25 cm3 Acide pyrogallique 1 gr.

La liqueur est conservée dans un flacon bien bouché et à l’abri de la lumière. Autant que possible, il faut la préparer peu de temps avant son emploi.

Renforcement de l’image. — Quand l’image venue, soit à l’acide pyrogallique, soit au sulfate ferreux, est trop

faible, le cliché ne fournirait que des positifs pâles et sans relief ; on la renforce de la manière suivante : dans la solution pyrogallique dont nous venons de donner la composition, on verse quelques gouttes d’une solution d’azotate d’argent à 5 0/0.

La liqueur ainsi modifiée est répandue, à la façon déjà dite, sur l’épreuve à renforcer.

Quelle est la réaction nouvelle qui va se produire?

L’acide pyrogallique, corps réducteur, agira à ce titre sur l’azotate d'argent et mettra de l’argent en liberté ; et, par une sorte d’action élective, qui se manifeste dans bien des cas du môme genre, l’argent réduit ira se déposer sur l’argent qui forme les noirs de l'image; il en augmentera l’épaisseur, et par suite l'image sera renforcée. Du reste, c’est un fait déjà connu qu'un réducteur quelconque n'agit sur l'iodure d’argent déjà modifié par la lumière qu'autant que cet iodure se trouve au contact de l’azotate d’argent.

Fixage de l’image. — Après le développement, la plaque collodionnée, abandonnée à l’action de la lumière, ne tarderait pas à prendre un ton noirâtre uniforme, et l’image qui y figurait semblerait comme effacée. La lumière agit cette fois sur des portions de la couche sensible non atteintes jusqu’alors et leur imprime le même genre d'altération qu’à celles qui correspondent à l'image. Il est donc indispensable de faire disparaître les sels d’argent non encore impressionnés.

On a, pour ce faire, toujours recours au môme moyen : plonger la plaque dans un bain d’hyposulfite de soude au cinquième et l’y laisser en agitant, jusqu’à ce que le ton opalin que présentait l’épreuve avant son immersion ait disparu dans toutes les régions de la plaque.

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Il ne reste plus alors qu’à la laver à grande eau pendant plusieurs heures. Un lavage incomplet peut avoir de très fâcheuses conséquences. Les moindres traces d’hyposulfite qui resteraient sur la plaque seraient une cause de prompte détérioration pour l’image.

Le fixage peut être aussi obtenu avec une solution de cyanure de potassium (2sr,5 de cyanure pour 100 d’eau). Dans le bain de cyanure, l'image se dégage rapidement et quelquefois même elle présente un éclat particulier que Lhyposulfite ne saurait lui donner. Mais nous croyons, d’après notre propre expérience, qu’il vaut mieux avoir toujours recours à Lhyposulfite.

Le cyanure agit souvent d’une façon trop corrosive et dévore, pour ainsi dire, l’image. Il est difficile de limiter son action destructive, juste à l’instant voulu. Nous avons perdu, par ce fait, des épreuves qui jusque-là s’annoncaient comme très bonnes. En outre, n’oublions pas que le cyanure de potassium est un poison violent qu’il ne faut pas laisser, à l’abandon, dans un laboratoire.

Nous avons donné assez de détails sur la technique de la photographie au collodion pour qu’il nous soit possible de faire apprécier par une vue d’ensemble les qualités et les défauts du collodion, quand on s’en sert pour former la couche sensible.

Le collodion sensibilisé est d’une préparation facile et peu coûteuse. On peut l’obtenir toujours identique à lui-même. Son degré de sensibilité peut varier au gré de l’opérateur. Il se prête, à ce point de vue, à une foule de combinaisons qui permettent de réduire à volonté le temps de pose. Avec une bonne lumière, le temps de pose pour le portrait ne dépasse pas deux ou trois secondes. Les images qu’il donne sont d’une grande finesse et d’une grande douceur de ton. 11 est

d'un très bon emploi pour la reproduction des modèles dans l'atelier, alors que les plaques lentes sont suffisantes.

Son grand défaut, on peut dire son unique défaut, — nous l'avons déjà signalé, — c’est qu’il ne garde sa sensibilité qu’autant qu’il est humide.

L’inconvénient est grave.

On ne peut, dès lors, photographier que dans le laboratoire ou à une petite distance du laboratoire. Impossible d’opérer en plein champ, de prendre en voyage des vues de monuments, des paysages, à moins de traîner à sa suite une sorte de tente disposée ad hoc , avec un outillage assez compliqué et pas mal encombrant.

Photographie au collodion sec. — On a été ainsi conduit à chercher les moyens d'utiliser le collodion, même quand il est sec. Si l’on y réussissait, les plaques pourraient être préparées à l’avance dans le laboratoire, mises ensuite dans une boîte bien close à l’abri de la lumière et être exposées dans la chambre noire au lieu voulu et au moment voulu. L’exposition terminée, les plaques seraient réintégrées dans la môme boîte, et leur développement aurait lieu, un ou plusieurs jours après, dans les conditions les plus favorables.

Pour tirer parti du collodion quand il est sec, il fallait de toute nécessité :

1° Changer la constitution de la couche sensible;

2° Adopter un mode de sensibilisation nouveau ;

3° Recourir à un révélateur plus énergique.

Préparé comme nous l’avons indiqué, le collodion, après avoir été sensibilisé, se sèche promptement; l’éther et l’alcool s’évaporent et laissent, sur le support de verre, une sorte d’enduit transparent, compact, résistant, dans lequel les sels sensibles se trouvent comme empâtés.

PHOTOGRAPHIE Al COLLODION ’

A raison môme de cette compacité, le liquide révélateur, au moment du développement, ne pénétrera que difficilement dans l’épaisseur de la couche sensible; le contact avec les sels d’argent n’aura lieu que superficiellement.

La première amélioration devait donc porter sur la texture de la lamelle de collodion; il fallait la rendre plus poreuse, plus spongieuse, pour qu’elle pût conserver dans sa masse une certaine moileur.

Dans ce but, on a substitué au coton-poudre, préparé comme nous l’avons dit, une au Ire variété de pyroxyle.

Celle qu’on avait utilisée jusqu’alors s’obtenait en plongeant le coton ordinaire purifié dans un mélange d’acide sulfurique et d'azotate de potasse qu’on maintenait à une température peu élevée; elle est très bonne pour fabriquer le collodion humide. La variété qui l’a remplacée, avec beaucoup d avantage, pour préparer le collodion sec, et dite coton-poudre à haute température, s’obtient en malaxant le coton ordinaire dans un mélange de 1 partie d’acide azotique monohydraté avec 2 parties d’acide sulfurique à 66° et en laissant la température s’élever librement.

A la suite d’un lavage complet avec l’eau légèrement alcalinisée, on se trouve en possession d'un coton à fibre courte, plus sèche, se brisant facilement sous les doigts. On l’a nommé coton-poudre pulvérulent.

Sa dissolution dans le mélange d’éther et d’alcool fournira un collodion plus facilement pénétrable, — quand il sera sec, — par les diverses liqueurs employées d’ordinaire en vue de la production de l’image. Sa moiteur sera à peu près conservée, si on lui ajoute l’une ou l’autre de ces diverses substances qu'on a successivement prônées : sucre, gommes,

miel, baume, etc... Mais c’est là un moyen purement empirique dont il ne faut pas abuser.

Ce qui vaut mieux, pour protéger la couche de collodion sec contre toute altération, c’est de la soumettre à une opération que le collodion humide n’exige pas : nous voulons parler de l’emploi d’un préservateur capable de conserver à la couche, en môme temps que sa moiteur, sa perméabilité.

Le préservateur reconnu comme le meilleur, c’est le tannin. On en fait une solution à 5 0/0. On la verse sur la plaque au sortir du bain d’azotate d’argent, après que cette plaque a été soigneusement lavée pour la débarrasser de toute trace d'azotate. Le tannin n’agit pas seulement comme préservateur, il contribue à donner à la couche sensible cette porosité, si diflicile à obtenir, qui la rend perméable à la liqueur révélatrice.

Voilà une première modification qui porte sur la constitution physique de la couche sensible ; une autre, non moins importante, portera sur le mode suivi pour la sensibilisation.

Pour accroître la sensibilité, on doit viser à diminuer la proportion des iodures et à augmenter, par contre, celle des bromures.

Rappelons que, peu après la découverte de Daguerre, les premiers progrès consistèrent dans la substitution à la vapeur d’iode employée d’abord seule, d’un mélange de vapeur d’iode et de vapeur de brome.

On reconnut, à cette époque déjà lointaine, que le bromure d’argent était plus sensible à la lumière que l’iodure.

Parmi les bromures, il y a encore un choix à faire. On choisira de préférence les plus solubles dans l’alcool et l’éther, tels par exemple : le bromure d’ammonium, le bromure de cadmium, etc.

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Ces principes posés, voici une formule qui paraît remplir les conditions les meilleures :

Coton-poudre pulvérulent 9 gr.

Alcool à 90° 500 cm3

Éther sulfurique 500 cm3

Iodure de cadmium 5 gr.

Bromure de cadmium 14 gr.

Bromure d’ammonium 6 gr.

La couche collodionnée étendue, comme pour le collodion humide, sur la lame de verre, sera sensibilisée par son immersion dans un bain d’argent où la dose de nitrate sera un peu augmentée : 12 grammes pour 100 d’eau distillée au lieu de 10.

On la maintiendra acide par quelques gouttes d’acide azotique ou d’acide acétique cristallisable, et elle devra subir auparavant la petite opération déjà dite pour qu’elle soit saturée d’iodure d’argent.

La plaque, retirée du bain, sera égouttée, puis lavée à l’eau distillée, pour enlever les dernières traces d’azotate d’argent. Nous savons, en effet, que l'azotate d’argent agit sur les matières organiques et est en même temps altéré par elles. Cette altération sera d’autant plus marquée qu’il s’écoulera plus de temps entre la sensibilisation de la plaque et son exposition à la lumière.

Donc lavage à l’eau distillée, sérieux, complet; sans cela, on s’expose à de réels mécomptes.

Ce lavage préventif n’empêche pas, d’ailleurs, qu’au moment du développement on ne puisse, on ne doive même ajouter quelques gouttes delà solution d’azotate d’argent au bain révélateur pour favoriser le développement.

Développement dans le cas du collodion sec. — Le révélateur qui, après de nombreux essais, a obtenu la préférence, c’est le révélateur alcalin. Nous ne saurions

mieux faire que de reproduire ici la formule qu'a donnée M. DaA'anne. dont la parfaite compétence dans les questions de photographie est indiscutable.

On prépare les trois solutions suivantes :

( Sesqui-carbonate d'ammoniaque... 10 gr.

A Eau 1.000 cm3

Bromure de potassium 10 gr.

\ Acide pyrogallique 10 gr.

“ ) Eau 1 .000 cm3

Eau

Acide gallique

Acide pyrogallique

Acide acétique cristallisable

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