‹ La photographie sous-marine et les progrès de la photographieChapitre 6 sur 62 · PHOTOGRAPHIE SUR PAPIER, A 1/ ALBUM UNE · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIE SUR PAPIER, A 1/ ALBUM UNE

nitrate d’argent. Plus tard on eut recours au sulfate ferreux, ou à l’acide pyrogallique, qui révélèrent pareillement l’image jusque-là restée latente.

Ce fut, bien entendu, une image négative que l’on obtint ainsi. On la rendit inaltérable par son immersion dans une solution d’byposulfite de soude, qui servit à dissoudre toute la portion des sels haloïdes d’argent non altérés par la lumière. Talbot avait, le premier, indiqué comme fixateur l’iodurede potassium et l’hyposulfite de soude.

Cette image négative, dont on n’apprécia guère l’importance au premier moment, fut l’origine d’un des plus grands progrès de la science photographique. C’est à Talbot qu’il est juste de reporter l’honneur de cette découverte. Elle mettait entre les mains de l’opérateur une aorte, de cliché gui lui permettait l' obtention d’autant d’épreuves positives qu’il pouvait le souhaiter.

A coup sûr, ce procédé de la photographie sur papier que nous venons de décrire n’est pas à recommander. Il ne donne que des produits médiocres ou mauvais. Les images positives qu’on obtient finalement en plaçant sous le cliché un papier sensible et en exposant le tout à la lumière sont toujours dures, heurtées, sans relief. C’est qu’en effet, lorsqu’il faut passer du négalif au positif, au lieu de cette transparence que doit posséder le négatif nous trouvons ici une pâte de papier inégalement translucide, souvent peu homogène, granuleuse, qui ôte toute régularité à la transmission des rayons lumineux et, par suite, toute netteté à l’image.

On chercha à atténuer ces défauts ; et c’est M. Légray, je crois, qui améliora le procédé, en se servant de papier ciré.

Le négatif, placé entre deux papiers buvards, était saupoudré de raclures de cire blanche ; puis, la feuille supé-

rieure du papier buvard étant rabattue sur l'épreuve, on passait sur ce buvard un fer chaud; la cire fondant, imprégnait le papier porteur de l’épreuve, et l’excès de cire se trouvait absorbé par les deux buvards.

Le perfectionnement était insuffisant; il fallaittrouver mieux.

La photographie sur papier n'eut donc qu’un succès éphémère. Si nous en avons parlé ici avec quelques détails, c’est qu’au point de vue du progrès en photographie elle a joué un rôle important: elle a créé le cliché.

Photographie à l’albumine. - — Obtention du négatif. — Niepce de Saint-Victor, le neveu de Nicéphore, qui a travaillé toutes ces questions de photographie avec passion et quelquefois avec succès, eut recours à l’albumine pour servir de véhicule aux sels haloïdes d’argent .

Le procédé opératoire qu’il indique a été plus ou moins heureusement modifié.

Nous le décrirons sommairement, tel qu’on l’a pratiqué dans ces derniers temps, car il est d’un emploi avantageux dans quelques cas particuliers.

Le papier est , cette fois , remplacé par une pellicule il' albumine d'une transparence parfaite , et on donne pour support à la pellicule une lame de verre ou mieux de glace à laquelle elle adhère fortement.

Voici, rapidement indiquée, la série des opérations.

Préparation du liquide albumineux. — L’albumine est empruntée au blanc d’œuf, duquel on élimine toute la portion membraneuse des cellules : d’abord par un battage rigoureux, puis par une et même plusieurs décanlations.

PHOTOGRAPHIE STR PAPIER, A i/ ALBUMINE 25

Le liquide albumineux, alors parfaitement limpide, est additionné d’iodure d’ammonium (1 0/0) et de bromure d’ammonium (1/4 0/0); on a la précaution de dissoudre d’abord ces deux sels dans l’eau, afin qu’ils soient plus complètement miscibles à l’albumine.

On filtre le mélange en ayant la précaution de recouvrir l’entonnoir, dans lequel la filtration s’opère, d’une large lame de verre. Il est très important, en effet, de mettre le liquide à l’abri des poussières transportées par l’air.

Épandage de l’albumine sur la glace. — Dessiccation. — Cette opération est très délicate : il s’agit de répartir et de faire adhérer à la lame de glace une très mince couche d’albumine, de manière à lui conserver une même épaisseur dans toute son étendue et en même temps à la préserver, pendant l’épandage et la dessiccation, des poussières qui feraient ensuite tache sur l’épreuve finale.

La glace est tenue à la main à l’aide d’une ventouse. Sur sa face supérieure on fait couler, en le répar tissant également partout, le liquide albumineux.

II est commode, à cet effet, de se servir d’une pipette qu’on peut porter successivement au-dessus de chacun des points à recouvrir d’albumine.

Si la couche ainsi obtenue est trop épaisse, on l’incline vers l’un des angles pour faire écouler l’excédent du liquide dans un flacon destiné exclusivement à cet usage. La glace est alors ramenée à l’horizontalité et, avec une baguette de verre bien propre, on égalise la couche, en faisant disparaître en même temps les bulles d’air et les grains de poussière.

La dessiccation se fait ou à l’air libre ou dans une étuve chauffée très modérément, en ayant le soin de maintenir la plaque horizontale.

Quand la couche d’albumine adhérente à 1a. glace est bien sèche, on doit la conserver soigneusement, en boîte close, à l'abri d’une atmosphère humide qui l’altérerait promptement.

Conversion de la couche d’albumine en couche sensible. — On a reconnu la nécessité de soumettre avant tout la couche d’albumine sèche à l'action de la vapeur d’iode, comme le faisait Daguerre pour la plaque d’argent. L’albumine, comme l'argent, prend la leinte jaune d’or. Quand l’excès d'iode s’est dégagé dans l’air, au milieu duquel la plaque est abandonnée à elle-même dans l’obscurité, on la plonge dans une solution d’azotate d’argent au dixième, additionnée d’une petite quantité d’acide acétique cristal lisab lo .

L’immersion doit durer quatre ou cinq minutes. La plaque est ensuite retirée du bain, égouttée et lavée à l’eau distillée avec le plus grand soin.

L’exposition à la chambre obscure se fait dans les conditions habituelles; seulement la durée de la pose est beaucoup plus longue dans le procédé à l’albumine qu’avec les procédés plus récents dont nous parlerons bientôt.

Développement de l’image. — Le bain ordinairement employé est une solution d’acide gallique à laquelle on ajoute progressivement quelques gouttes d’acide pyrogallique dissous dans l’alcool.

L'image se dégage avec beaucoup de lenteur. Il faut une grande patience de la part de l’opérateur ; seulement celui-ci a le moyen d’activer un peu ce développement, en ajoutant au bain successivement de petites quantités d’azotate d’argent dissous.

Quand l’image a atteint le degré de vigueur voulu,

PHOTOGRAPHIE SUR PA PIEU, A l’aLBUMINE 27

on retire la plaque, on l'égoutte et on la lave à grande eau, toujours avec l’eau distillée.

Elle est ensuite fixée à l’hyposullite de soude, comme il a été dit pour les procédés déjà décrits.

On le voit, l’emploi de l’albumine comme véhicule de l’iodure et du bromure d’argent entraîne à des opérations nombreuses et délicates.

L’amateur, qui presque toujours est incomplètement outillé, doit s’attendre à de nombreux insuccès.

L’albumine est très altérable par nature; l’humidité, la chaleur, ont une grande action sur elle; ce corps doit donc être manié avec de grandes précautions.

Le grand défaut du procédé, c’est de manquer de sensibilité — pose longue, développement très lent. — Toutefois il n’yapas lieu de le rejeterd’une manière absolue; il peut rendre de vrais services dans certains cas, pour l’ exécution d’une certaine catégorie de travaux. Les épreuves qu’il fournit sont d’une très grande hnesse dans les détails et accusent un modelé très pur qu’on rencontre rarement dans l’image daguerrienne.

Quant à la conversion de l’image négative en image positive, nous indiquerons plus loin, avectous les détails nécessaires, la marche à suivre pour l’effectuer ; le mode opératoire varie peu, quel qu’ait été le procédé mis en œuvre pour l’obtention de l’image négative.

Page 1