La photographie transcendentale
La photographie de l’invisible et les rayons X viennent de donner un regain d’actualité aux sciences occultes en général et à la photographie des esprits en particulier. Sans vouloir approfondir le secret des images mystérieuses apparaissant sur les plaques photographiques, nous croyons nécessaire d’initier nos lecteurs à l’état actuel de la photographie spirite, qui est à la veille de conquérir son entrée dans la science contemporaine.
La science est sans doute bien lente à admettre les phénomènes qui ne correspondent point avec ses notions ou lois établies. Il lui a fallu cent ans pour accepter les faits du magnétisme animal, connu et étudié aujourd’hui sous le nom d’hypnotisme, et il lui faudra sans doute une cinquantaine d’années pour se servir de ces forces bienfaisantes.
Sans remonter jusqu'à Copernic ou Galilée, rappelons les railleries qui ont accueilli le paratonnerre de Franklin, le chemin de fer de Stephenson ou le télégraphe électrique qu’on a cru sortir du cerveau des fous. Les spiritualistes ont sans doute raison d’insister sur les erreurs du passé pour demander de l’indulgence pour leur vérité de demain. La prudence dans la négation s’impose d’autant plus que le spiritisme gagne du terrain tous les jours. Rappelons que les membres inscrits à la chapelle spirite lors de l’Exposition de 1889 s’élevaient au chiffre de 50.000; que, d’après le Religio'Philosophical Journal^ de Chicago, l’Église spirite compte en Amérique plus de 3 millions de croyants L Ajoutons-y la qualité de ses adeptes, qui se recrutent parmi les savants, les artistes, les médecins, les ingénieurs. Le nombre des croyants, de même que leur autorité individuelle, ne peut sans doute influer sur les qualités intrinsèques de leurs dogmes, mais ils nous imposent quand même le respect dû à une doctrine défendue d’une façon sincère.
N’oublions pas également que le spiritisme a le mérite d’avoir précédé la psychologie expérimen-
1 D'après Alfred Russel-Wallace [Miracles and Modem Spiritualisme London, 1896), leur nombre atteint aux États-Unis le chiffre de 8 millions. Ajoutons, du reste, que ce chiffre a été fortement discuté par M. Tabb dans le Human Nature.
taie, comme l’astrologie et ralchimie ont précédé l’astronomie et la chimie.
La désagrégation de la personnalité, ce point de départ de la nouvelle psychologie, a été trouvée, mise à Tordre du jour et développée par le spiritisme. Que ces mérites du spiritisme soient présents à Tesprit des sceptiques endurcis, qui ne cessent de crier au voleur et à la ruse là où il ivy a qu’erreur ou — qui sait ? — Torigine nébuleuse d’une force et d’une science nouvelles.
Fidèle à notre devise d’impartialité absolue, nous nous elforcerons de présenter Tétat actuel de la question, dans ses côtés persuasifs au point de vue... spirite, et dans ses erreurs^ telles que les voient ses détracteurs.
Le spiritualisme moderne date de 1848. Son hégire est simple et mystérieuse comme il sied à une doctrine mystique. Une enfant de neuf ans, Kate Fox, a eu, au mois de mars de cette mémorable année, d’étranges visions provoquées par des coups violents qui retentissaient dans sa maison. Poussée par un courage digne d’une Yankee (la chose se passait à llydesville, État de New- York), elle engagea une conversation avec l’auteur inconnu de ce bruit. Avec sa logique ingénieuse (Tenfant, elle a convenu avec le fauteur des troubles qu’un seul coup signifierait : oui, deux
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coups : non {Beroftl, Mesmer, etc.). La petite Kate a appris ainsi que, dans la maison qui l’abritait, un meurtre avait été commis et que la victime se trouvait cachée dans les profondeurs du sous-sol. Grand fut l’étonnement des assistants lorsque les visions de Kate se trouvèrent confirmées de tout point ! Le spiritisme était né, et on annonça officiellement l’avènement des esprits en Amérique. Les gens les plus graves se décidèrent à examiner ce qu’il y avait de vrai dans cette invasion des êtres jusqu’alors ignorés, et se mirent à faire des expériences. Tel fut le cas du juge suprême Edmonds et d’un chimiste éminent, le professeur Mapes. Mais les esprits n’en firent qu’une bouchée. Tous deux furent fascinés et subjugués, et la nouvelle doctrine des tables tournantes et des esprits tapageurs a conquis ainsi deux adeptes de plus. Le mouvement gagna l’Europe. La France et l’Angleterre rivalisèrent de zèle. Des brochures du genre de celle de M. Guillard : Table qui danse et table qui répond, inondèrent le marché littéraire. Vers l’année 1865, le succès des esprits fut tel que non seulement les tables, mais aussi les commodes, les chaises, la vaisselle dansaient et répondaient aux questions. A Strasbourg, une fenêtre tombe sur la tête des passants à la suite d’une table énorme qui„marchant dans la chambre, voulait descendre dans la
rue ; à Lyon, plusieurs personnes, voulant trop fraterniser avec les esprits, devinrent folles.
M. Rival, connu plus tard sous le nom d’Allan- Kardec, l’auteur du Livre des EspritSy^^ dictée revu et corrigé par les esprits », fonda en 1858 sa Revue spirite, devenue depuis un des premiers organes du spiritisme international, et groupa autour de lui des élèves enthousiastes.
L’Angleterre, qui tenait à nous distancer, fondait autant de sociétés spirites que de comités d’examen. Les esprits enhardis devenaient de plus en plus bavards. Ils ne se contentaient plus de répondre par des laconiques oui ou non, mais se servaient de crayons attachés aux pieds de tables, écrivaient sur des ardoises et apparaissaient en personne. Une explication philosophique s’imposait. Comment, pourquoi les esprits se montrentils et d’où viennent-ils? L’accord ne s’établit pas du coup. D’après de Richemond [Mystère de la danse des tables)^ c’était Satan en personne qui tentait ainsi les mortels, et l’auteur, devenu trop clairvoyant à la suite de ses conversations fréquentes avec les esprits, engagea le pape en personne à aller disperser les suppôts du Mauvais. Telle fut aussi l’opinion de M. de Mirville et de tant d’autres victimes des tables et des esprits. Mais bientôt prévalut une autre opinion : c’étaient des âmes de grands hommes, des saints et des ancêtres
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qui revenaient ainsi parmi nons. Douce illusion, qui fit descendre tant de bonheur sur notre pauvre terre ! Une nouvelle religion, ayant pour culte la communication directe avec les âmes des grands morts, grandissait à vue d’œil. La foi dans les esprits devenait de plus en plus enthousiaste. On y voyait, du reste, la possibilité d’une résurrection morale et d’un perfectionnement de l’humanité.
Le spiritisme ne prouvait-il pas, comme disait dans son langage enflammé Allan-Kardec, d’une manière patente et irrécusable, l’existence de l’àme, sa « survivance au corps, son immortalité »? Et les esprits descendaient sur la terre. C’étaient d’abord des Socrate, des Alexandre, des Tacite ; puis c’étaient des célébrités du moyen âge, des saints. Toutes ces grandeurs finirent par se noyer dans la masse des esprits communs : ceux des oncles, des veuves inconsolables et des cousins qui envahirent les sanctuaires spirites.
L’œuvre des illuminés devint fatalement la conquête des marchands du Temple ! Ici se place un incident, qui nous ramène d’une façon directe aux origines de la photographie transcendantale.
On se rappelle le fameux procès de Buguet (en 1875), qui faillit porter un coup terrible au spiritisme français. Buguet se faisait fort d’évoquer les âmes des personnes décédées et d’en livrer, au
prix de 20 francs, la photographie. Le procédé était des plus simples :
Le client, placé devant l’appareil, devait fortement songer à la personne dont il voulait posséder l’image. Un magnétiseur américain, un certain Firman, magnétisait Buguet, qui prenait l’air inspiré... Quelques instants après, on rendait au client sa... propre photographie, derrière laquelle apparaissait une forme vague et indécise, un spectre enveloppé du suaire, du fond duquel sortait une tête quelconque, circonstance des plus instructives pour la science de la suggestion.
Les clients reconnaissaient parfaitejnent dans le spectre les têtes des personnes qidils désiraient voir : ils y voyaient leurs tantes, leurs oncles ou cousins morts depuis des années, conformément aux aspirations secrètes de leurs cœurs.
Quelques erreurs grossières survenues à l’égard des incrédules firent découvrir le pot aux roses. Un brave épicier, qui tenait à voir sa tendre épouse, n’a reçu, pour les 20 francs, que le spectre d’un militaire. Le procès intenté aux auteurs découvrit que la caissière, faisant causer le client, apprenait quelques détails concernant le visage qu’on tenait à contempler. Après avoir fait poser le client devant l’appareil, on allait avec son cliché dans la chambre voisine et on y ajoutait l’image « spec-
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traie » obtenue à laide d’une des poupées à qui on donnait une tete choisie dans la collection.
Chose plus curieuse, les clients ne voulaient plus renoncer à leurs croyances. Voici un des nombreux épisodes de la séance :
Maiue de Veh (19 ans). — Je suis allée chez Buguet par curiosité, j’ai demandé une apparition ; il est venu deux esprits^ un ami et mon oncle.
Le Président. — Les avez-vous reconnus?
Le Témoin. — Parfaitement.
On interroge le père de de Veh, qui s’était rendu chez Buguet sur la recommandation du prince de Witto-enstein, et le brave homme confirme les dires de sa fille :
M. DE Veh. — Oui, monsieur le Président, nous avons tous reconnu notre Charles !
M. le comte de Bullet (46 ans). — Je suis allé chez Buguet, et dans l’image qu'il m’a livrée j’ai très positivement reconnu le portrait de ma... sœur.
M. LE Substitut. — Mais on vous a montré la tête découpée à l’aide de laquelle on a obtenu cette image.
Le Président. — Que faire pour combattre votre crédulité? Voyez-vous la tête qui a servi pour le portrait de votre sœur ?
Le comte de Bullet. — Non, cela ne ressemble pas à ma sœur.
Un marchand de tableaux, M. Dessenon, sceptique et moqueur, ne voulut pas croire... Et alors...
M. Dessenon. — On m’a donné une épreuve où j’avais une tête de mort sur les genoux... La ressem-
blance de ma femme était telle que ma cousine, qui était à son lit de mort, jeta un cri de surprise et d’admiration en voyant l’image. Mes enfants s’écrièrent : « C’est maman ! »
Le 1 RÉSIDENT, à Muguet, — Qu’avez-vous donc fait? Buguet, souriant, — Si cette ressemblance existait, c est 1 effet du hasard. Quant à la tête de mort que Monsieur a vue, c’est le igli du mile qui a produit confusément cet effet.
On va de merveille en merveille. Les témoins continuaient à croire aux photographies des esprits des défunts, malgré Vaveu formel de Buguet. Nous insistons sur cette obstination de la foi, si inappréciable pour 1 histoire de toutes les aberrations religieuses ou purement intellectuelles.
On a eu tort de condamner Buguet, car le jugement ne faisait qu’augmenter le crédit des esprits. Les procès intentés au spiritisme eurent le succès des procès de Presse ; ils travaillèrent à la plus grande gloire des condamnés. Appareils photographiques, tables, chaises, toits, commodes, écriture sur ardoise, les esprits se servaient de tout pour manifester leur contact avec les mortels. Un beau jour, ce fut 1 avènement des boules de cristal : cachés dans les profondeurs de ces globes charmants, qu on fixait tout le long de l’Europe, ils apprenaient aux fidèles les mystères de la vie et surtout ceux de la mort. Le fameux Almanach
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Zadkiel, rédigé par Morrison, de Londres, fut une des manifestations de cette nouvelle doctrine spirite. Elle rangea autour d'elle des milliers de croyants. Lorsdu procès intenté à Morrison en 1863, on s’est aperçu que tout ce que l’Angleterre comptait d’hommes glorieux passait ses loisirs à causer avec les esprits qui siégeaient dans la boule de cristal. On y voyait Ève, notre mère à tous ; Titania, montée sur un char de fée ; le roi Arthur, avec ses compagnons assis autour de la Table Ronde, et Judas Iscariote, avec sa face hideuse et répugnante. Mais les esprits pâlissaient à côté des vivants qui les admiraient. Car, parmi les témoim et croyants de la boule, défilaient des gens comme l’évêque de Sheffield, le vénérable archidiacre Robinson et des lords, et des colonels, et des femmes, et surtout des femmes... Le procès que nos lecteurs retrouveront dans les Lettres de l'Angleterre^ de Louis Rlanc, constitue un document psychologique des plus importants :
Lady tlcEnroN de Taston. — J’ai vu dans le globe 70 anges gardiens. C’est beaucoup, dis-je à M. Morrisson. Et lui : « Oh ! il y a des personnes qui en ont vu davantage. »
Le jugement fut du reste de beaucoup plus logique que celui des tribunaux français. L’amiral Belcher, l’accusateur, fut condamné à une
amende de 25 francs, les juges anglais tenant à prouver que le monde a le droit d’être trompé, puisque tel est son bon plaisir. « Toutes les croyances, si absurdes qu’elles soient, ont leur raison d’être ! »
Sous l’abri de ce considérant de haute tolérance, poursuivons l’historique des esprits. Ils auraient succombé sous « l’indifférence publique » qui en avait assez des Socrate et des Diogène, si les savants impartiaux n’étaient intervenus pour les sauver. On connaît la conversion brillante au spiritisme du professeur Crookes (1874), suivie, quelques années après, de celle d’un savant zoologiste russe, le professeur Wagner, et tant d’autres. Les Sociétés savantes pour l’étude des phénomènes spirites furent fondées à satiété et, dans leur nombre, la Société dialectique de Londres, présidée par Sir John Lubbock, entreprit la tâche d’étudier à fond les phénomènes troublants qui sollicitaient l’attention des hommes les plus éminents de notre époque.
Un des côtés de la question qui passionnait le plus tous les spirites fut alors et reste toujours : la photographie spirite.
« Oui, disait-on aux croyants, il est entendu que vous voyez des esprits que personne ne voit. Mais s’il ne s’agit pas d’une simple illusion des
sens ou d’une fumisterie plus ou moins intéressée, pourquoi n’arrivez-vous pas à donner des preuves irréfutables de leur existence ? »
Puisqu’il y a matérialisation des esprits, puisqu’il y a le dégagement des rayons lumineux, rien de plus simple que de les fixer sur les plaques sensibles d’un appareil photographi(iue?
Les expériences commencèrent, d’abord infructueuses, puis couronnées d’un grand succès. Tel fut au moins l’avis de tous les spirites, lorsque la nouvelle se répandit des expériences photographiques faites par M. Beattie, à Bristol, en 1872 et 1873.
D’après Wallace [Miracles and Modem Spirilualism, page 204), « les expériences de Beattie sont seules absolument décisives ». « Confirmées peu de temps après par Slater et le D'' Williams, elles établissent d’une façon scientifique et indéniable la réalité objective des formes humaines invisibles. » Cette théorie de Wallace paraît être acceptée comme dogme absolu par tous les représentants autorisés du spiritisme, qui se basent surtout sur les photographies de Beattie pour prouver la véracité de la photographie spirite. Telle est aussi l’opinion de M. Al. Aksakolf, le savant directeur delà revue Ps//c/iisc/te Studien, et Vauteiir de l’ouvrage classique sur rAnimùme et Spiritisme, dont l’excellente traduction en français par Ber-
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thold Sandow a paru tout récemment à la Librairie des Sciences psychiques (1895). M. Aksakoff s’efforce d’y donner une formule scientifique à toutes les conquêtes du spiritisme moderne. Destiné d’abord à combattre les opinions embrouillées sur le spiritisme, que professe le savant pessimiste allemand, M. Hartmann, l’ouvrage de M. Aksakoff se développa en un traité indépendant, en une sorte de philosophie méthodique du spiritisme, avec une classification scientifique de ses causes et de ses phénomènes. Constatons que, d’après l’Évangile spirite du savant russe, tous les phénomènes médianimiques peuvent être produits par une action inconsciente de l’homme vivant. Cette force inconsciente n’est pas bornée par notre corps, ni par les limites de notre existence. Placé à ce point de vue, l’auteur divise tous les phénomènes en
trois catégories :
I. Personmsme : Phénomènes physiques inconscients se produisant dans les limites de la sphère corporelle.
II. Animisme : Phénomènes se produisant en dehors des limites de notre corps (transmission de pensée, mouvements d’objet sans contact, etc., etc.).
III. Spii 'itisme : Phénomènes d’animisme et de personnisme en apparence ; mais il s’agit ici des phénomènes provoqués par une cause supraterrestre.
Mais n'approfondissons point le côté théorique de l’ouvrage de M. Aksakoff. Pierre Janet a fait cette observation juste que chaque science naissante donne beaucoup plus de place aux systèmes qu’aux faits, et le spiritisme, qui est à son aurore, subit forcément la loi générale. Renvoyant donc les curieux à l’ouvrage de M. Aksakoff, nous nous emparerons seulement des principaux faits signalés par lui et qui touchent à l’objet de notre étude.
Les photographies spirites en général et celles obtenues par M. Beattie, formant ainsi la pierre angulaire de l’Evangile spirite, nous ne pouvons faire mieux que donner ici la reproduction de ses épreuves, objet de vénération de tous les spirites savants ou tout simplement croyants k
D’abord qu’est-ce que M. Beattie? Un photographe capable, intelligent et retiré des affaires. Vrai gentleman, nous dit M. Taylor, l’éditeur du British Journal of Photography^ Beattie mérite toute considération et est incapable de mensonge et de supercherie. Dans une lettre étendue, envoyée à
1 Afin d’obtenir les clichés les plus exacts, nous les avons fait exécuter d’après les pierres lithographiques originales qui ont servi à la composition de l’ouvrage de M. Aksakoff et qui ont été obligeamment mises à notre disposition par M. Leymarie, l’aimable éditeur du volume et directeur de la Revue spirite.
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M. Taylor et au journal Spiritualiste après de loiiguesconsidérationsthéoriques et philosophiques (en pouvait-il être autrement?), le photographe anglais nous apprend qu’étant toujours sceptique à Tégard des photographies spirites il résolut d'en faire lui-même. Accompagné de M. Josty, photographe, du D'’ Tompson et de M. Tommy en qualité de témoins, il faisait toutes les manipulations personnellement, sauf de découvrir l’objectif, opération réservée à M. Josty.
A la première séance, on fit neuf poses sans résultat. A la seconde, on obtint un résultat à la neuvième pose. En développant la dernière plaque, on aperçut une image qui eut une vague ressemblance avec une forme humaine.
Troisième séance : la première plaque ne donne rien. Sur la deuxième plaque on aperçoit un buste lumineux, tenant les bras élevés et croisés. Devant cetie figure et au-dessus d’elle se trouvait une étrange forme recourbée... Après chaque pose successive, l’image se rapprochait de plus en plus de la figure humaine, tandis que la forme qui se trouvait au-dessus d’elle se transformait en étoile... Durant les poses suivantes, rétoile prit Informe d’une tête humaine.
Du coup, M. Josty laisse tomber l’obturateur de ses mains, et reste plongé dans un état de transe. Revenu à lui, il dit qu’il ne se souvenait que d’avoir vu une forme humaine blanche^ qui lui semblait être sa femme.
Quatrième séance : les résultats sont encore plus étonnants. Nous obtînmes d’abord l’image d’un cône, d’une longueur de 2 millimètres et au dessus, un autre
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cône plus court ; à la deuxième pose, ces cônes projettent un rayonnement vers les côtés ; à la troisième, le grand cône prend la forme d’une bouteille florentine, et le petit cône, celle d'une étoile.
Les quatre premières photographies, de même que les douze suivantes, donnent une idée de ces épreuves fantastiques dues aux expériences de M..Beattie L
M. Alfred Russel Wallace, de même que M. AksakolF, insistent sur la rapidité avec laquelle les images apparaissaient au développement, en ajoutant qu’on pouvait opérer presque dans les ténèbres.
M. Aksakoff et, après lui, nombre de spirites, se basant sur les épreuves de Beattie, ont conclu :
Qu'il y a certaine matière invisible à notre œil et qui est ou lumineuse par elle-même ou qui reflète sur la plaque photographique les rayons de lumière, à l’action desquels notre rétine est insensible.
1 D après les certificats des témoins, on avait recours aux précautions les plus sévères pendant toutes les expériences. Mais, chose caractéristique, on commençait chaque séance en se plaçant autour d’une petite table, qui indiquait par des mouvements de quelle façon il fallait opérer. La durée de la pose a été également indiquée par les mouvements de la table, autour de laquelle étaient assis tous ces expérimenUateurs, sauf Beattie. On sortait les plaques des bains préparés d’avance dans un vase en porcelaine, sans observer aucun ordre particulier. Le médium décrivait également les images jusqu’en leurs moindres
details.
C’est une car autrement comment expli¬
quer, nous dit Aksakoir, qu’elle est tantôt peu compacte, tantôt si dense qu’elle couvre l’image des assistants ; elle est douée en outre d’une grande énergie photo-chimique, car ses impressions apparaissent dans un délai de temps beaucoup plus court qu’il n’en faut pour le développement des figures normales.
Nous nous trouverions donc en présence *de vraies formations matérielles^ qui resteraient invisibles à l’œil ordinaire. Ces phénomènes existent, nous disent les spirites, car, autrement, comment expliquer que l’appareil photographique, impartial et impassible, nous en apporte un témoignage irrécusable ?
Et si les expériences de Beattie, contrôlées par des gens de bonne foi, faites par des photographes, accompagnés par des médecins, — en se servant chaque fois de plaques neuves, — ne vous suffisent point, nous avons, nous disent-ils, à l’appui de notre thèse, des arguments que nous apportent les savants eux-mèmes.
Les voici :
Vous voulez, nous disent les spirites, des preuves supplémentaires de la réalité des esprits ? Les expériences de Beattie (voir précédemment les seize gravures des apparitions désormais classiques) ne vous suffisant point, nous vous présentons celles d’un savant hors ligne, du célèbre If-Professeur Wagner. L’éminent zoologiste russe, tenant à prouver « que l’individualité psychique se dégageant du sujet hypnotisé peut prendre une forme invisible pour l’expérimentateur, mais réelle en elle-même », eut également recours à la photographie.
Or l’appareil, aussi impartial que sensible aux phénomènes que notre œil n’aperçoit point, montra un jour une chose plus que stupéfiante : une main invisible et insoupçonnée apparut tout à coup sur la plaque photographique.
Rétablissons les détails de l’opération : Voilà d’abord M'”' de Pribitkoff, le médium favori du