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professeur Wagner. A côté d’elle se trouvaient des amateurs en photographie spirite : de Jacoby et de Guédéonoff, capitaine de la garde impériale, et leprofesseurWagnerlui-même. Lemédiumétant plongé dans un profond sommeil hypnotique, trois coups retentissent dans le plancher et indiquent qu’il est temps de fermer l’objectif.

Les deux premières plaques n’ofFraient que le portrait du médium endormi sur sa chaise ; mais la troisième, dont nous donnons plus haut la reproduction [fig. 17), apporte l’image de de PribitkolF et au-dessus d’elle une main mystérieuse.

La main, nous assurent Wagner et tous ses témoins, n’appartenait à aucune des personnes présentes. Dans une longue lettre que publia le grand journal russe Novoïe Vremia, il explique la position de tous les assistants et analyse la main qui ne ressemblait aucunement à l’une des deux mains de de Pribitkoff, tout en ayant le cachet caractéristique d’une main de femme.

On continua la série des séances, mais on n’obtint plus rien. Cette matérialisation d’un organe humain ou, si vous préférez, l’apparition d’une partie détachée du corps, certifiée par l’appareil photographique, a mis en émoi tout le monde spirite. On en a parlé longtemps, et on ne cesse de citer le cas Wagner comme un des articles de l’Evangile spirite.

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La « iiianchie »’ d’où se dégageait la main mystérieuse joue dans l’Eglise spirite le rôle d’une relique sacrée, incontestable et incontestée. Cette manche, qui n’était portée par personne, ne pouvait par conséquent venir que du dehors, du monde astral. Autrement il faudrait supposer que le professeur Wagner aurait préparé une plaque avant la séance avec la complicité de tous les assistants.

A côté des photographies obtenues par Beattie et Wagner, il y a des milliers d’autres matérialisations photographiées. Si nous nous arrêtons tout spécialement sur les premières, c'est qu’elles ont eu le plus grand retentissement et qu’ensuite nous sommes en état de les reproduire dans cet ouvrage. C’est pour le même motif que nous signalons les photographies obtenues par M. Mumler, dont le procès devant le tribunal de New-York a fait dans le temps tant de bruit.

Photographe de son métier, il fut un des premiers qui obtint des épreuves photographiques des esprits (en 1869). Arrêté de ce chef sous l’inculpation d’escroquerie, il fut acquitté avec éclat. Mumler passait dans les ateliers des photographes, ses anciens confrères, et entre autres chez M. W.-H. Slee, et y obtenait des « matérialisations » photographiées avec des clichés et des appareils qu’on mettait à sa disposition.

Trois experts délégués par le tribunal, MM. .1. Gurney, Silvef et Slee, déclarèrent tous à ITinanimité qu’il n’y avait point de « tricherie ni de subterfuge », tout en se déclarant impuissants à expliquer les raisons de l’apparition des images fantomales.

Mumler, appelé chez le banquier Livermoore, de New-York, y développa trois portraits de sa femme défunte dans trois poses différentes, en moins de dix minutes. Plusieurs témoins, et dans leur nombre le juge Edmonds, déclarèrent que des images se sont produites et ont été reconnues alors que les personnes qu’elles représentaient n avaient jamais été photographiées de leur vivant (AksakolT, Animisme et Spiritisme, p. 67 et suiv.).

Nos lecteurs n’ont qu’à se rappeler les détails du procès Buguet, que nous avons donnés précédemment, pour s’apercevoir que tous ces témoignages ne peuvent prévaloir contre la possibilité des illusions des sens et d’une sorte d’auto-suggestion des témoins.

Les épreuves ci-jointes nous donnent cependant une idée assez nette des photographies spirites de Mumler. La figure 18 représente la photographie d’un monsieur accompagné d’un fantôme qu’il ne reconnaissait point. Il lui avait été prédit qu’un jour on le photographierait et qu’à côté de lui se trouverait une femme avec une ancre et des lettres

composées de boutons de fleurs. Mais qu'était-ce que cette inconnue ? Peu de temps après, on s’est

Fig. 18. — L’inconnu et M™® Donner.

aperçu que le portrait était celui d\me dame Bonner, dont la photographie [jig. 19) avait ( té prise deux ans avant sa mort.

On voulut approfondir le mystère. Mais comment ? Donner étant morte, on écrivit à

Fiü. 19. — La plioLograjjliie de la M’aie Bonner.

M. Flint, le célèbre médium, à qui on adressait des lettres cachetées^ destinées à des jiersonnes défuntes. C’est une spécialité comme une autre, et

M. Flint partageait cette « terrible » occupation avec le fameux x\I. Mansfield qui joue un rôle si

Fig. 20. — Donner et le fantôme de sa femme.

1 II est curieux de constater que les villes américaines possèdent beaucoup de spécialistes de ce genre. Rien qu’à New-York il y a environ douze personnes qui pratiquent le métier avéré de correspondants entre les morts et les vivants.

actif dans l’évolution des croyances spirites. Mais poursuivons notre récit jusqu’au bout sans éton-

Fig. 21. — Le directeur du Waverley Magazine et le fantôme de sa bien-aimée.

nement et surtout avec le sérieux que comporte la gravité de l’affaire.

PWHP

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Donner répondit avec cette politesse exquise qu’ont les mortes pour les spirites et toujours par rintermédiaire de Flint, et pria son mari d’aller chez le photographe Mumler, en lui promettant qu’elle appamîtrait sur l’épreuve à côté de lui, portant une couronne de fleurs sur sa tête ! Et c’est ce qui fut fait {/ig. 20) ! ! !

Quant à la figure 21, elle représente M. A. Dow, directeur de la revue Waverley Magazine^({uiéVdii allé poser chez Mumler sur l’indication d’un médium et y trouva sur l’épreuve photographique le fantôme d’une personne morte qui lui fut très chère de son vivant.

N’insistons pas sur les mystères de toutes ces matérialisations et des « communications avec les défunts ». Ils constituent quand même un des documents les plus curieux que je connaisse, relatifs a la crédulité humaine. Passons à nos autres documents graphiques.

Us ont pour objet les moulages des formes^ matériaksées à l’aide de la paraftine.

Le plus célèbre expérimentateur dans cet ordre d’idées est sans doute M. Reimers, de Manchester.

Voici son expérience:

11 a ligotté avant tout son médium, d’après le système Butlerotï. On l’a mis dans un sac en tulle qui cachait la tête et les mains et qu’on noua

P IG. 22. — Les moules des mains de Bertie.

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solidement. Après quoi Reimers plaça de la paraffine dans un petit seau qu’il remplit d’eau bouillante. La paraffine fondue, le seau fut mis sur une chaise à côté du médium. Lorsque ce dernier tomba dans un état de transe, une figure apparut de son côté et disparut aussitôt. Le moule était fait.

Que contenait-il? Une main en plâtre [fig. 22).

Or le médium était une femme très corpulente, et ses mains [fig. 23) ne ressemblaient aucunement aux moules du fantôme. Car c’en était un, nous assurent Reimers et avec lui Aksakoff et tout le camp spirite.

Et savez-vous d’où est venue la croix qui se trouve sur le moule? Un beau jour, Reimers fit cadeau d’une croix à Vapparition., qui disparut du coup. Il chercha en vain la croix dans la chambre. Quel lie fut pas son étonnement, lorsque le moule de la main porta le signe de la même croix. La main gauche fut suivie du moule de la main droite du fantôme, connu désormais sous le nom de Bertie (?) et, peu de temps après, on obtint les pieds de Rertie [fig. 24), qui n’ont également rien de commun avec les pieds de son médium.

Qu’est-ce que ces esprits dont l’existence nous est révélée par les plaques photographiques? Une science encore plus troublante dans ses effets que

tout ce que nous avons relaté plus haut se charge de répondre à ces questions indiscrètes.

Déjà l’abhé Ribet parlait, dans sa Mystique divine, d'effluves lumineux qui se dcgagaient de certaines personnes. Bien avant lui, dans l’ancienne Judée et dans l’ancienne Grèce, il était question d’un corps psychique que nous avons indépendamment du corps, enveloppe visible. La Cabale juive apprend, par exemple, que l’homme est composé du corps, de l’esprit et du corps... astral. Dans les temps modernes, c’est le baron Reichenbacb qui a repris la même théorie, et tout récemment le professeur Liiys, le colonel de Rochas et tant d’autres se sont efforcés de photographier les effluves qui se dégagent, d’après eux, du corps humain. M. de Rochas est même arrivé à faire sortir du corps humain notre... sensibilité (extériorisation de la sensibilité). D’après lui, il suffît de piquer avec une épingle cette couche de sensibilité dégagée du sujet, pour que son propriétaire en ressente une douleur plus ou moins aiguë. D’après M. Lecomte, on peut provoquer des stigmates sur le corps du sujet, à la suite d’une action sur la couche de sensibilité extériorisée dans l’air.

Benjamin d’Assiez ne disait-il pas déjà, dans VHumanité qiosthume, que nous avons tous un corps psychique? Il l’a appelé : réseau vasculaire invisible; pour les spirites, c’est un corps astral

OU périsprit ! Mais qu’importe le nom lorsque tous ces savants paraissent être d’accord au fond?

Il y a un corps psychique, s’écrie M. E. Simon, et il est presque visible ! Vous aurez beau sourire ; pour notre spirite, la chose est indiscutable.

Avez-vous jamais remarqué, vous dira-t-il, que les représentations en plâtre, en cire ou en marbre du visage humain sont sèches de contours et nettes de lignes ?

Avez-vous constaté en outre que les mêmes traits se retrouvent sur les... cadavres?

Or cette analogie entre les cadavres et les reproductions du visage humain, d’un côté, et la différence profonde qui les sépare du visage vivant^ de l’autre, ne vous prouvent-elles pas qu’il y a quelque chose d’indéfini autour du visage vivant, quelque chose de plus en dehors de nos simples traits ? Qu’est-ce ? sinon une sorte atmosphère nerveuse^ le corps psychique !

« L’imagerie religieuse, nous dit â son tour le colonel de Rochas, a précédé les savants sur cette voie en entourant les saints d’une auréole glorieuse et en faisant s’échapper les rayons des doigts de la Vierge et du front de Moïse ! »

Dans ces derniers temps, M. le D" Jodko-Narkiewicz est arrivé à produire une série des photographies de ces effluves qui traverseraient tout notre corps, 11 est curieux de constater que, bien

avant [\Ontgon, M. Jodko a photographié le corps ou plutôt ses forces invisibles. L’excellente revue polonaise Amy, qui paraît à Saint-Pétersbourg, donne dans son numéro du 27 mars 1896 huit de ces photographies qui mériteraient d’attirer l’attention de tous les curieux de Vélectrocjraphie (terme adopté par M. le D"* Jodko).

Je ne puis m’empêcher de remarquer en passant que, d’après le savant polonais, on pourrait avec son système photographier jusqu’aux sentimenfs intimes qui dominent la conscience de l’individu ! Certaines de ses photographies nous représentent notamment les courants des effluves incarnant la sympathie, tandis que d’autres représentent l’antipathie. Nous voilà en plein dans un conte d’Hoffmann ou d’Edgar Poëk

1 Pourvu que l’électrographie nous donne des résultats plus éclatants que la psychométrie du D'^ Buchanan. Le fondateur de l'école de médecine de Cincinnati arriva un jour à cette conclusion : Puisqu’il y a des hommes qui ressentent Faction diverse de chaque métal, pourquoi n'y aurait-il pas des sensitifs qui pourraient être atfectés par le contact d’autres objets ou même d'êtres... vivants? » Et il retrouve ces sensitifs dans les membres de la famille du géologue américain Denton : M. Denton, M'"*’ Denton et sa sœur Cridge. 11 suffisait de mettre sur le front de l'une de ces personnes une lettre pour qu’elle fût en état de vous dire le caractère de celui qui Fa écrite et même la couleur de ses cheveux. En donnant un morceau de métal, on apprenait son passé de... milliers d’années. Vous voyez d’ici l’application de la psychométrie. Plus de science, car il suffit d’un autographe de Fauteur pour peindre son état d’âme et d’un morceau d’un rocher pour raconter son passé géologique. Quelques cheveux de

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Un autre savant, M. R. P. liasdou, le distingué professeur de philologie comparée a 1 Université de

l'iG. 25. — Les effluves de M. Ilasdeu.

la victime du meurtre permettraient de reconstituer la scène du crime. Plus de juges d'instruction, plus de professeurs, plus d’écoles ! M. Denton a décrit tous ces miracles en trois volumes {VAme des Choses) et est mort. L’Église psychométrique compte cependant encore plusieurs milliers d'adeptes en Amérique.

Bukharest, et qui depuis bientôt quatre ans s’occupe de cette question, est arrivé également à des conclusions très curieuses. Dans la Revis ta Noua, que M. Hasdeu dirige avec tant de talent, je retrouve (avril et mai 1894) plusieurs photographies obtenues par lui dans des conditions des plus intéressantes. Un appareil placé dans sa chambre à coucher lui donnait à la lueur de la lampe une série des rayons qui se dégageaient de son corps, dont le dessin {/iff. 25) nous offre un fac-similé.

Quoi qu’il en soit, toutes ces conquêtes de la photographie jointes aux apparitions et à tant d’autres phénomènes spirites ont fait accréditer la croyance que nous avons un corps psychique à côté de notre vulgaire écorce terrestre.

Et les autorités spirites de l’Angleterre, MM. F.-Il. Myers etGurney, de nous dire que nous avons tous un double et que ce double peut se détacher de nous à l’état de veille ou pendant le sommeil. 11 a cependant le bon goût de se promener ainsi surtout après notre mort.

Telles sont les pièces principales du dossier des matérialisations et des photographies spirites. Tout en appartenant au camp des incrédules, pour la simple raison que je n’ai pu obtenir personnellement, ni à l’aide d’un médium quelconque, qu’une partie insignifiante des phénomènes signalés plus

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haut, je me suis efforcé cependant de les présenter d’une façon aussi impartiale que possible.

11 ne nous reste qu’à passer de ces « phénomènes » à leur explication.

Quelle est la raison ou la base de ces matérialisations ? On pourrait plutôt ranger et classifier les nuages que le vent chasse à travers l’espace que de grouper ou d’expliquer les nombreuses théories spirites.

D’après M. Aksakoff, si le spiritisme n’offrait que des phénomènes physiques, si ces matérialisations n’apportaient également un certain contenu intellectuel, on aurait peut-être pu les attribuer (comme l’a fait du reste le philosophe allemand Hartmann) à la puissance magique que notre volonté à l’état de surexcitation exceptionnelle exerce sur la matière. Mais, en dehors des phénomènes physiques, il y a des phénomènes intellectuels (les esprits parlent, prévoient l’avenir, expliquent le passé, etc.) ; nous nous trouvons, par conséquent, en présence d’un agent d’existence supraterrestre, d’une espèce inconnue.

D’après le D" Paul Gibier, qui a eu l’idée ingénieuse d’enfermer des médiums dans des cages, afin d’éviter leurs ruses, ces matérialisations ne seraient que des émanations du médium ou de son corps astral.

Beaucoup de spirites l’admettent, d’autant plus

que Crookes, le célèbre chimiste anglais, raconte dans ses ouvrages que son médium (Miss Cook) pesait moins au moment où apparaissait l’esprit matérialisé, la fameuse Katie King, qui, entre 1872-1874, a failli tourner la tête aux spirites du monde entier.

Lorsque Miss Cook fut placée sur la machine d’une balance à peser, construite à dessein par Crookes, elle pesait 112 livres ; mais, aussitôt que l’esprit matérialisé apparaissait, elle ne pesait plus que la moitié^ 56 livres (A.~R. Wallace, Spiritisme, etc.). Ce qui a troublé surtout les spirites, ce fut sans doute la moitié du poids qui passait ainsi dans l’esprit... supraterrestre. N’insistons pas et passons à la théorie de Wallace, d’après laquelle toute matérialisation est l’œuvre d’êtres spiritualisés qui se manifestent dans des conditions que leur crée... l’entourage. D’où les matérialisations plus ou moins parfaites.

Edison, qui a inventé tant de choses, a essayé de donner également une explication des phénomènes spirites. Pour lui, chaque atome a sa conscience et son intelligence. La matérialisation ne serait que l’intelligence des atomes dégagée et incarnée dans une forme mystérieuse ! On voit qu’on n'a point besoin d’être philosophe pour avoir des accès de métaphysique impardonnables.

Contentons-nous du reste de l’explication du

LA PHOTOGRAPHIE TRANSCENDANTALE 51 révérend btainton Moses (Oxon) ; ce doux philosophe mystique, le plus écouté et le plus suivi parmi les prophètes spirites, qui, en généralisant également les faits, trouve que, puisque tous les esprits matérialisés prétèndent avoir vécu sur terre, ils ne sont ni aiujes ni démons.

Ni anges ni démons ! Que sont-ils alors ? Des naïfs, doublés quelquefois d’escrocs, ou des fumistes, répondent les détracteurs du spiritisme. Et ils citent à l’appui de leur opinion les nombreux procès intentés aux professionnels de matérialisation et démontrent, d’autre part, la possibilité de refaire toutes les expériences spirites à l’aide d’une mise en scène taile d’avance.

Dans le pays classique des photographies spirites, en Amérique, le tribunal de Buffalo n’a-t-il pas déclaré, en un jugement rendu public (en 1865), que les photographes spirites sont des filous vulgaires ? Et comment peut-il en être autrement, lorsqu on songe que les mêmes personnes qui propageaient la foi en des matérialisations publiaient des éditions nouvelles de la Bible, avec des photographies authentiques A' Moïse, David, et de tous les prophètes réunis, qui défilaient devant l’objectif photographique ? Des photographes spécialistes et des photographes amateurs ont donc donné une série de recettes infaillibles

pour obtenir par voie consciente tout ce que les spirites obtiennent par voie céleste ou inconsciente

Mais, tout en rendant justice aux efforts tendant à démasquer les mystificateurs, n’oublions point qu’il y a, à côté de ces derniers, des intelligences de premier ordre, des hommes de bonne foi incontestable, des chimistes, des physiciens, des savants comme Crookes, Wagner, A.-R. Wallace, Zoelner, Oliver, Lodge, M. O. Barret, de Morgan, Boutleroff, etc. etc. Il serait impossible d’admettre que tous ces hommes aient eu recours à des supercheries pour obtenir en échange le succès de ridicule qui a déjà tué maintes gloires spirites. Il serait

1 Relevons dans cet ordre d’idées les conseils ingénieux que donne à ce sujet M. H. Fourtier, l’auteur du Dictionnaire de chimie photographique. Il ne s’agirait, d’après lui, que d’avoir recours aux deux poses successives, dont une tendrait à obtenir le spectre, tandis que l’autre nous donnerait l’image de l’évocation vivante. Une fois qu’on a arrêté le groupement général de la scène, on fait poser le spectre devant un fond noir. S’il est nécessaire, on découvre un peu l’objectif pour faire flotter le spectre dans l’air. Le suaire ne devra pas être blanc, mais légèrement teinté en bleu par un passage dans un bain foncé d’outremer des blanchisseuses, ce qui fait disparaître la dureté de la lumière. Gela fait, on prépare la seconde pose, celle du sujet vivant. 11 faut éviter les fonds noirs. L’exposition du sujet vivant est plus longue, afin de bien accentuer les détails. Le résultat sera des plus surprenants. S’agit-il de faire flotter horizontalement le spectre au-dessous du modèle vivant ? Rien de plus facile. On photographie le spectre debout devant un fond noir encré. (Voir la curieuse description de ces expériences par M. Mangin, dans la Revue des Revues, v. VUI, 1894, p. 209 et suiv.)

également difficile de croire à une naïveté de la part des savants, dont la prudence extrême dans le domaine de Texpérimentation scientifique a été toujours reconnue.

A côté des ruses des professionnels et de la naïveté des crédules, il reste sans doute un peu de place pour les phénomènes encore inexpliqués, tels que les relatent les savants désintéressés et indépendants. Quelle est leur origine, cause ou action? Mystère. 11 serait ridicule de passer devant eux en haussant les épaules; il serait encore plus dangereux, pour le gros public, de vouloir les provoquer ou les approfondir.

On a constaté à plusieurs reprises que les personnes qui s’adonnent au spiritisme finissent par devenir folles. Le D** James Edmiinds nous apprend, par exemple, que plusieurs membres des souscomités de la Société dialectique de Londres ont fini par des aberrations mentales plus ou moins prononcées. Rappelons, entre autres, le récit si dramatique que fait Edmunds du cas de paralysie étrange qui est venue surprendre un homme en pleine vigueur de santé au milieu de ses expériences spirites.

Charcot, dans ses Maladies du système nerveux (111, 228), constate des cas très fréquents d’hystérie à la suite des pratiques du spiritisme.

Déjà Allan-Kardec, le créateur de l’école des spi-

rites français, a relevé ce fait d’iiii tragique terrible que presque tous les médiums finissent par ce qu’il appelle la subjugation^ autrement dit par la folie.

Tandis que les médiums commencent par être somnambules et finissent par devenir hystériques, les expérimentateurs trop endurcis sont très souvent guettés par les paralysies et la folie. En présence de la grandeur du sacrifice que s’imposent les chercheurs de la lumière spirite, le public intelligent leur doit au moins un crédit dans ses jugements et la curiosité sympathique digne de l’intérêt supérieur de leurs recherches. Après tout, nous ne perdrons rien à attendre les résultats de leurs investigations, tandis que nous risquons d’être injustes en les condamnant en bloc.

Donc, beaucoup de tolérance et encore plus de patience. Qui sait ce que nous réserve le lendemain de la science spirite? 11 est probable qu’il dissipera ses illusions, mais il se pourra aussi que de ses expériences et théories nébuleuses se dégage une force insoupçonnée ou une science

nouvelle.

Tours. — lmp. Deslis Frères, 6, rue Gambetta.

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