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ORGANE DU SENS DES LOCALITÉS

Il est placé dans la partie antérieure du cerveau derrière le sinus frontal et la proéminence du crâne occasionnée par son développement.

On avait reproché à Gall de prendre cette proéminence pour l'apparence extérieure du sens des localités. Il se défend de cette inculpation, en prétendant que la saillie déterminée par l'écartement des lames du sinus frontal manque souvent avec la cavité qui y donne lieu, et que c'est ce qu'on observe, par exemple, chez la femme; tandis que celle qui provient du développement de l'organe des localités est bombée plus uniformément, sans inégalités, et s'étend jusqu'au milieu du front en suivant une ligne oblique de dedans en dehors et de bas en haut (I).

(I) Sur les fonctions du cerveau, t. IV, p. 432.

Sur ce double fait, j'examine à l'instant même les crânes de voleurs dont j'ai déjà plusieurs fois parlé, et ce sont crânes de gens chez lesquels ne manque pas assurément la faculté de reconnaître les lieux à dévaliser. Je trouve d'abord que dans tous ces crânes existe la saillie occasionnée par le développement du sinus frontal ; et il n'y a pas à s'y tromper, car, dans le plus grand nombre, le trait de scie qui les a ouverts a porté sur la partie supérieure de ce sinus. Je remarque ensuite qu'aucun d'eux n'offre cette proéminence du sens des localités, qui n'existe que dans l'imagination de Gall.

Les animaux que l'on considère comme particulièrement doués de la mémoire des lieux devaient offrir aussi par excellence l'organe de cette faculté, et Gall n'a pas manqué de la leur trouver. A cet effet, il prend, bien entendu, pour cet organe toute la partie antérieure de leur cerveau, qu'il avait déjà prise pour le sens de l'éducabilité, et qu'il prendra plus tard, suivant l'occasion, pour le sens des tons ou pour celui de la mécanique. Ainsi le chien, qui a un front plus élevé que celui du renard et du loup, a aussi le sens des localités plus développé que ne l'ont ces derniers animaux. Nous avons vu tout à l'heure qu'il ne faut pas conclure du développement plus grand du front du chien, comparativement à celui du renard, à un développement également plus grand de la partie antérieure de son cerveau. Mais si le chien avait réellement cette partie de l'encéphale plus vaste

que ne l'ont le renard et le loup, et par suite l'organe des localités plus développé qu'il ne le serait chez ces deux animaux, est-ce que l'opinion de Gallsur la supériorité de la mémoire locale du chien trouverait dans ce fait une confirmation bien réelle? Estce que le renard et le loup, dans les détours et dans les fourrés de leurs forêts, n'ont pas aussi besoin d'une excellente mémoire des lieux ? Est-ce que, dans les luttes que la chasse établit si souvent sous ce rapport entre eux et le chien, l'avantage reste toujours à ce dernier, bien que pourtant il y soit aidé de toute la force et de toute l'intelligence de l'homme ?

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