II PRÉFACE
cernent réciproque des éléments constitutifs du tubercule et de leur évolution, enfin la description complète des altérations vasculaires et l'attribution précise de la place importante qui leur revient dans le processus.
Depuis la communication de Kocli à la Société de physiologie de Berlin (10 avril 1882), à l'anatomie pathologique classique, avec ses deux seules subdivisions en anatomie macroscopique et histologique, est venu s'ajouter un nouveau chapitre, le chapitre de la bactériologie, qui a modifié profondément la compréhension générale de la tuberculose. Jusque dans ces dernières années, en effet, lesanatomo-pathologistes rangeaient les néo-formations tuberculeuses dans les tumeurs formées par des granulations ou granulomes. Aujourd'hui ces lésions doivent être assimilées à des inflammations subaiguës ou chroniques résultant de la réaction des tissus sous l'influence des bacilles.
Dans ce même chapitre nous étudions les procédés employés pour la reproduction du tubercule au moyen des cultures pures, de façon à en pouvoir suivre le développement depuis la première heure jusqu'à l'achèvement complet, autrement dit, V histogenèse expérimentale^ qui créé à volonté les diverses conditions du problème si complexe et permet de contrôler les solutions encore en litige.
Malgré de si remarquables progrès, de profondes lacunes existent encore. C'est ainsi qu'il reste à connaître les spores du bacille, l'évolution du microbe dans le liquide sanguin, les produits de sa sécrétion et la part qui leur incombe dans la genèse des lésions et des phénomènes cliniques. L'ère de la Bactériologie s'ouvre à peine, et la science nouvelle saura vaincre, nous n'en doutons pas, toutes ces difficultés.
La découverte de Koch a renouvelé en partie Téfiologie de la tuberculose. Jusqu'alors, devant notre ignorance absolue de l'essence de la maladie, on s'était appliqué surtout à préciser aussi exactement que possible les circonstances d'ordre hygiénique ou pathologique qui semblent rendre l'organisme plus apte à la tuberculose. La figure consacrée de la graine et du terrain est devenue une réalité concrète. La graine est connue
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aujourd'hui, et il est tout aussi utile qu'autrefois de fixer les conditions du terrain qui augmentent sa fertilité ; par là l'ancienne étiolog'ie a peu changé, mais où elle acquiert une valeur nouvelle, c'est justement quand elle détermine les modes de pénétration de la graine dans le terrain où elle va germer. Le chapitre des portes d'entrée de la tuberculose , selon l'expression consacrée, a reçu tous les développements qu'il mérite.
Dans la symptomatologie, la phtisie aiguë, cette forme si grave de l'atfection tuberculeuse, si intéressante à connaître dans ses manifestations variées, a été l'objet d'une étude approfondie.
Quant à la phtisie chronique, la description qu'en a donnée Laennec a atteint un tel degré de perfection que nous n'avons eu à y ajouter que des détails d'importance secondaire. Toutefois, le diag-nostic a acquis par l'examen bacillaire des crachats une sûreté inconnue jusqu'alors et assurément bien précieuse dans les cas quelquefois si obscurs àa pseudo-phtisies.
Nous avons accordé dans ce livre une large place au traitement. C'était un devoir pour nous de signaler les efforts généreux des médecins de tous les pays pour combattre une maladie dont les ravages, on l'a dit avec raison, prennent les proportions d'une calamité sociale. Aujourd'hui les recherches se multiplient de toutes parts, dans toutes les directions scientifiques, et on peut déjà entrevoir, aux résultats obtenus, qu'elles ne seront pas infructueuses. Nous savons que la phtisie est curable; nous verrons que la thérapeutique n'est pas désarmée et qu'elle dispose pour la lutte de nombreux agents de la matière médicale et surtout de l'hygiène.