CHAPITRE XI. I
le secours de la volonté et l’éternuement a lieu. Si l’impression produite par le tabac, que l’on prise , est trop vive , la sensation incommode qui en résulte est transmise au cerveau, qui détermine vers le diaphragme une quantité suffisante du principe moteur pour que ce muscle , reserrant subitement les diamètres de la poitrine, en chasse avec force une masse d’air propre à détacher de la membrane pituitaire les corps qui l’affectent d’une manière désagréable.
Le coryza ( rhume de cerveau ) très-intense produit la fièvre ; alors la tête est enflée , douloureuse; l’œil est rouge et très-sensible à l’impression de la lumière , il y a céphalalgie frontale. Cette inflammation est presque toujours produite sympathiquement à la suite d’un réfroidissement subit, après la suppression d’une évacuation habituelle , ou succède à une autre phlegmasie muqueuse.
Sympathie de l’estomac. L’estomac est de tous les viscères celui qui entretient le plus de sympathies avec les autres organes. Ses fonctions sont liées étroitement avec celles des autres appareils organiques ; il exerce une
DE LA. SYMPATHIE
grande influence sur eux, et lui -même est vivement affecté lorsqu’ils sont le siège d’irritations fortes.
Pendant le travail de la digestion , plusieurs sympathies ont lieu : telles sont une excitation générale du cœur et de toutes les fonctions, qui est bientôt remplacée par une sorte de débilité des organes ; le cerveau , les sens , les muscles perdent une partie de leur activité ; le besoin de dormir se fait sentir : la peau donne la sensation d’un frisson léger; l’estomac s’empare des forces des autres organes, pendant que les aliments se convertissent en chyme. Alors la digestion s’accomplit , et tous les organes sentent une vigueur nouvelle ; les sens s’exercent avec énergie ; l’imagination, les facultés intellectuelles ont recouvré toute leur activité ; les muscles éprouvent le besoin d’agir , et le moral semble recevoir du physique une nouvelle influence.
La sympathie qui lie l’estomac avec le cerveau , est bien prouvée dans l’ hypocondrie ; cette maladie , qui est produite par la débilité des voies digestives, détermine les désordres les plus grands dans les facultés intellectuelles,