CHAPITRE XIV
DES TEMPÉRAMENTS
Toujours ces sages hagards.
Maigres , hideux et blafards ,
Sont souillés de quelque opprobre; Et du premier des Césars L’assassin fut lin homme sobre.
J. -B. Rousseau.
Toutes les parties, tant solides que fluides, et toutes les fonctions de l’économie, sont dans une dépendance réciproque et se balancent mutuellement. La santé résulte de l’équilibre qui s’établit entr’elles.
Cet équilibre n’est cependant jamais tellement parfait que l’on n’observe dans chaque individu la prédominance de quelque appareil d’organes, de quelque humeur, ou de
CHAPITRIÏ XIV.
quelque fonction. De cette prédominance, qui coïncide avec l’état de santé, résulte ce qu'on appelle le tempérament.
On entend donc par cette dénomination : des différences entre les hommes , constantes , compatibles avec la conservation de la vie et le maintien de la santé , caractérisées par une diversité de proportions entre les parties constituantes de F organisation, et assez importantes pour avoir une influence sur les forces et les facultés de V économie entière.
Ce mot de tempérament doit son origine aux idées primitives des anciens sur la constitution des corps organisés. Ils les regardaient comme des assemblages d’éléments doués de qualités différentes, mais associés et combinés de manière à former un tout , dans lequel leurs proportions respectives sont tellement compensées, qu’aucune de leurs qualités 11e prédomine, mais sont modérées et tempérées mutuellement les unes par les autres. Ce tout, par cela même, se trouve, suivant eux, dans un état moyen , convenable à l’existence de chaque être et de chaque organe.
Disposé suivant une organisation à laquelle
UES TEMPÉRAMENTS
l’esprit donne la vie, c’est-à-dire l’action et le sentiment, il exécute des fonctions selon des lois qui lui sont propres.
La perfection des proportions entre les éléments combinés donne le tempérament parfait. Leurs différences, compatibles avec la régularité des fonctions , donnent les variétés des tempéraments ; l’excès d’un élément sur les autres , porté à une mesure peu favorable à la conservation de l’harmonie du tout ensemble , constitue les intempéries. Quand ces intempéries ont amené le trouble dans l’ordre des fonctions , elles produisent les maladies constitutionnelles : tels étaient les fondements de la physiologie des anciens.
Les qualités par lesquelles les anciens distinguaient leurs éléments, étaient le froid et le chaud , l e sec et Y humide. De leur mélange résultaient , suivant eux , quatre combinaisons principales : celle du chaud avec le sec; celle du chaud avec l’humide; celle du froid avec l’humide ; et celle du froid avec le sec. Ils trouvaient la représentation de ces combinaisons dans quatre humeurs, qu’ils admettaient comme fondamentales : le sang, qu’ils disaient