CHAPITRE XIV. ‘l'j
être chaud et humide; la bile chaude et sèche; la pituite froide et humide ; la mélancolie froide et sèche. ^
De ces diverses combinaisons, et des qualités attribuées à ces humeurs , les anciens déduisaient leur distinction des tempéraments, qu’ils nommaient : tempérament sanguin , tempérament bilieux , tempérament phlegmatique ou pituiteux , et tempérament mélancolique , aux excès desquels devaient répondre autant d intempéries.
Les progrès de la physiologie , ayant fait connaître avec pins de précision la nature de nos humeurs , de nos organes , et leur influence sur le tempérament, il en est résulté une nouvelle classification , et l’on admet maintenant, i° le tempérament sanguin; a° le tempérament lymphatique ; 3° le tempérament nerveux; 4° le tempérament musculaire ; 5° le tempérament bilieux; 6° le tempérament mélancolique.
i° Le tempérament sanguin se reconnaît à la couleur vermeille de la peau, à la teinte foncée des cheveux et des poils, à la douceur des formes, unie à la solidité de la fibre, à
DES TEMPÉRAMENTS
l’équilibre parfait entre les solides et les fluides, à la prédominance des systèmes artériel et capillaire , annoncée par la force et le développement du pouls ; à l’amabilité et à la gaîté de l’esprit , cpii est vif et saillant; enfin, au penchant pour tous les plaisirs.
Les hommes chez qui on remarque ce tempérament, ont la susceptibilité nerveuse assez vive et accompagnée d’une successibilité rapide, c’est-à-dire, qu’affectée aisément parles impressions que les objets extérieurs font sur eux, ils passent rapidement d’une idée à une autre idée; l’inconstance et la légèreté sont le principal attribut desj hommes de ce tempérament ; une extrême variété semble pour eux un besoin autant qu’une jouissance: bons, généreux et sensibles, vifs, passionnés, mais volages , chez eux le dégoût suit de près le plaisir.
L’histoire de Henri IV, de Louis XIV et de Mirabeau , prouve qu’à l’amour extrême du plaisir, les hommes sanguins joignent, quand les circonstances l’exigent, une grande élévation dans les sentiments et dans le caractère, et peuvent donner les preuves des
CHA.PITKE XIV.
talents les plus distingués dans tous les genres.
Le tempérament sanguin est celui de la puberté , surtout chez les hommes. On l’observe fréquemment dans les pays tempérés et secs.
2° Dans le tempérament lymphatique , la peau est blanche ; les cheveux et les poils d’un blond cendré ; les chairs sont molles ; les formes extérieures arrondies; le pouls petit et faible ; la digestion lente ; les mouvements sont paresseux; les sensations très-modérées; l’esprit est inactif et inaccessible aux passions fortes.
Le tissu cellulaire et les vaisseaux lymphatiques sont gonflés par l’excès des fluides séreux qui les remplissent.
Ce tempérament est ordinaire aux enfants : très-fréquent dans les pays froids et humides , il est la cause des maladies scrofuleuses (i).
(1) Basé sur cette cause, un nouveau traitement qui guérit sans retour les scrofules ( écrouelles ou humeursfroides), vient d’être mis à la connaissance du public, par son auteur, le docteur Chaponnier; ce mémoire, qui a été présenté et reçu à l’académie royale de médecine, se vend chez les principaux libraires.
(Note de l’Éditeur. )
DES TEMPÉRAMENTS
3° Le tempérament nerveux se distingue par les caractères suivants : la peau est blanche , ou plutôt pâle; l’habitude extérieure du corps maigre et sèche ; le pouls vif et fréquent ; les sensations sont rapides et fugaces ; les mouvements prompts et peu durables; le jugement est peu sûr; l’imagination facile et brillante ; la mémoire ingrate.
Les fluides sont en petite quantité , et les nerfs ont une prédominance de volume et d’action sur toutes les autres parties.
Ce tempérament s’observe surtout dans l’enfance et chez les femmes : on le voit souvent se joindre, chez ces individus, au tempérament lymphatique.
On le rencontre encore chez les peuples qui habitent les pays chauds et secs.
Le tempérament nerveux est moins une constitution naturelle du corps que le premier degré d’une maladie. Ce tempérament, comme les affections vaporeuses auxquelles il dispose, ne s’est jamais offert qu’au milieu des sociétés parvenues à ce degré de civilisation où l’homme est le plus loin possible de la nature. Les dames romaines ne devinrent sujettes aux