‹ La physiologie des gens du mondeChapitre 173 sur 182 · CHAPITRE XVf · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVf

nique; qu’une combinaison d’hydrogène, de carbone et d’azote forme l’huile volatile ou fixe ; qu’une autre combinaison , entre les mêmes matières et l’oxigène , compose l’acide zoonique; et qu’ enfin les substances salines, terreuses et métalliques, inaltérables, ou peu altérables au moins par le mouvement intestin de la putréfaction, restent intactes et passives dans les derniers débris de ce mouvement spontané. Il n’est pas moins évident , ajoute-t-il , que ces matières ou nouveaux composés, qui n’existaient primitivement que dans les substances animales, s’unissent deux à deux , l’ammoniaque et l’acide zoonique , l’ammoniaque et l’huile quelle porte à l’état savonneux , et se dégagent sous cette forme dans l’air, ou se dissolvent dans l’eau. Les premières combinaisons forment les produits volatils de la putréfaction , et les secondaires les produits fixes.

La putréfaction, philosophiquement envisagée, n’est qu’un moyen employé par la nature pour ramener nos organes privés de vie à une composition plus simple, afin que leurs éléments puissent servir à de nouvelles créations.

DE LA MORT

Rien n’est donc mieux prouvé que la métempsycose de la matière, ce qui autorise à croire que ce dogme religieux, comme la plupart des cultes et des conceptions fabuleuses de l’antiquité, n’est qu’un voile mystérieux adroitement jeté par la philosophie entre le vulgaire et la nature.

Les hommes ont tous une aversion marquée pour les substances animales en putréfaction, tous fuient pour leur nourriture les aliments qui en ont éprouvé un commencement. Sauf les bons chasseurs qui , pour soutenir la réputation de ce titre , mangent peut-être à contrecoeur du gibier faisandé , il n’y a guère que quelques animaux , comme les loups , les chiens , les corbeaux , etc. , et quelques insectes , cpii se nourrissent de viandes corrompues. Le dégoût qu’inspirent les cadavres en pourriture les fait fuir du plus loin qu’on les sent; tandis qu’ils appellent les animaux lâches et féroces qui s’en nourrissent, ou ceux dont les goûts sont différents des nôtres et qui ap-

pètent ce genre d’alimentation.

Les miasmes putrides qui s’élèvent des matières animales corrompues sont des plus nui-

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