‹ La physiologie des gens du mondeChapitre 32 sur 182 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

la peinture d’une image au fond de l’œil , sont dans l’erreur; la vision ne consiste pas plus dans la peinture d’une image au fond de l’œil , que V audition ne dépend de la répétition des sons dans les anfractuosités de l’oreille. L’une et l’autre sensations s’expliquent plus naturellement par V impression de la lumière et des rayons sonores sur les extrémités des nerfs optiques et auditifs , qui transmettent cette impression au cerveau , centre de toutes nos sensations.

La distance à laquelle l’œil peut distinguer un objet, et que l’on nomme point de vision , n’a pas de bornes déterminées : nous voyons avec la même facilité à la distance de deux pieds, comme à celle de deux cents pas. Cependant, si les yeux jouissent d’une force de réfraction trop énergique, soit par la trop grande convexité de la cornée et du cristallin , la densité plus considérable des humeurs, ou la profondeur excessive du globe, les rayons lumineux % trop tôt réunis, s’entrecroisent, divergent de nouveau , tombent épars sur la rétine , et ne produisent qu’une sensation confuse ; dans ce vice de la vision, appelé myopie ,

DES SENSATIONS

les malades ne peuvent distinguer que les objets très-rapprochés. On remédie à ce défaut de conformation, en portant des lunettes dont les verres sont concaves.

Dans la pj'esbytie , au contraire, la cornée trop applatie, le cristallin peu convexe, ou les humeurs de l’œil trop peu abondantes, font que les rayons ne sont pas encore rassemblés lorsqu’ils tombent sur la rétine , de manière que les malades ne voient bien que les objets qui sont éloignés. On y remédie en se servant de lunettes dont les verres sont convexes.

Quoique l’image de chaque objet se trace en même temps dans chacun des deux yeux , nous n’avons qu’une sensation simple, parce que les deux sensations sont en harmonie ou se confondent, etne servent, en ajoutant l’une à l’autre , qu’à rendre l’impression plus forte et plus durable. On a remarqué que la vue avait plus de précision et de justesse lorsqu’on ne se servait que d’un œil.

La correspondance d’affection exige la direction des axes optiques sur les mêmes objets; pour peu que cette direction soit dérangée , ce qui dépend souvent de la faiblesse des muscles

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