‹ La physiologie des gens du mondeChapitre 33 sur 182 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de l’un des deux yeux , nous louchons ; c’est ce qu’on nomme strabisme.

La nyctalopie est une maladie dans laquelle la sensibilité de la rétine est tellement exaltée que l’œil a peine à supporter la plus faible lumière, tandis que les malades distinguent aisément les objets dans l’obscurité la plus profonde.

Lorsqu’au contraire la rétine est peu sensible , les malades ne peuvent voir qu’au grand jour. Cette lésion de la vue, désignée sous le nom cV éméralopie (1) , peut être regardée comme le premier degré de la paralysie du nerf optique, connue sous la dénomination de goutte sereine.

Le sens de la vue peut être appelé à juste titre le sens de V imagination. C’est lui qui varie

(1) Les mots nyctalopie et éméralopie , sont employés ici dans le sens que leur donnent presque tous les auteurs; cependant cette acception est une erreur grammaticale, puisque le mot nyctalopie , décomposé dans ses racines grecques, veut dire affection dans laquelle on est prive de la vue pendant la nuit; et que celui à’ éméralopie signifie maladie où la faculté visuelle est abolie pendant le jour. C’est aussi selon cette signification qu’on les trouve employés dans les œuvres d’Hippocrate.

DES SENSATIONS

le plus nos plaisirs, et qui nous fait connaître tout ce qui nous entoure ; et si le sentiment de la vie se communique à l’ame, c’est par la vue qu’il est conduit et qu’il est inspiré.

De l' Olfaction ( ou l’Odorat.)

L’odorat est le sens par lequel nous acquérons la connaissance des émanations dont l’air que nous respirons est chargé, et c’est le nez qui en est l’organe. On a donné le nom d’ odeurs aux évaporations qui frappent l’odorat.

Les molécules des corps gazeux, liquides et solides, détachées par le calorique, sont dissoutes par l’air, qui s’en charge, et les porte jusqu’à la surface olfactive de la membrane pituitaire. Unir est donc le véhicule des odeurs, et c’est par lui qu’elles nous sont transmises.

Quelques chimistes ont prétendu que la partie odorante des corps formait un principe particulier, et propre à cette qualité, qu’ils ont désigné sous le nom à’ arôme; mais Fourcroy a démontré que tous les corps pouvaient être odorants, si, au moyen de la chaleur, on parvenait à en volatiliser les molécules ; ceci explique pourquoi l’atmosphère se charge d’au-

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