CHAPITRE V
la sensation est complète, et il en résulte une idée.
Cette réaction ne peut avoir lieu sans que le principe pensant ne, se dirige, par la volonté , vers l’organe où s’est faite l’impression : de là naît l’ attention , sans laquelle les sensations 11e pourraient se transformer en idées.
On appelle mémoire la faculté de conserver et de se rappeler les sensations passées, et les différentes idées quelles ont produites.
C’est par le jugement qu’on apprécie les rapports qui existent entre toutes les parties d’une chose isolée, ou entre plusieurs choses rapprochées. Son premier degré est la comparaison; lorsque celle-ci est soutenue attentivement, on la nomme réjlexion .
Une série de jugements, conséquents les uns aux autres, portent le nom de raisonnement.
La raison est le principe des qualités morales et de la perfectibilité de l’esprit; c’est elle qui nous fait apprécier le bien et le mal de nos actions.
L 'imagination est cette faculté qui nous conduit à créer des idées nouvelles, et à trou-
ver des rapports inconnus entre les idées ou les faits déjà connus.
Tempérée par la réflexion , et réglée par le jugement, l’imagination devient génie. On appelle ainsi cette faculté qui nous fait découvrir le beau dans les arts agréables, et le vrai dans les sciences exactes.
De toutes ces actions du cerveau résultent des sensations pénibles ou agréables. Lorsque ces sentiments sont portés à un degré extrême et dirigés impétueusement vers quelque objet exclusif, ils prennent le nom de passions.
Les passions naissent des sensations et des inclinations; elles s’accroissent avec le temps, et se fortifient par l’habitude.
Par rapport aux effets que les passions produisent sur nous, on les distingue en excitantes, comme la joie, la colère; et en débilitantes, telles que la tristesse et la crainte.
En raison de leurs degrés, les unes sont fortes , comme l’amour et la joie ; les autres sont douces , comme la pudeur et l’amitié.
Chaque passion exerce une action sympathique sur quelque partie, dont les changements décèlent l’état de l’ame : ainsi les joues