CHAPITRE V
rougissent ou pâlissent dans la colère; le front se colore dans la pudeur; les larmes coulent dans le chagrin. Les muscles du visage se contractent convulsivement dans la colère; ils sont, au contraire, immobiles dans la crainte et la frayeur.
Les passions excitantes portent leurs effets sur les organes de la poitrine, où elles produisent des mouvements désordonnés.
Les passions débilitantes , ou tristes, affectent les viscères de l’abdomen, qui en éprouvent, à la longue, des lésions profondes.
Lorsque les passions sont plus fortes que la raison, elles conduisent aux excès, qui rabaissent l’homme au-dessous des bêtes brutes.
\J instinct, que l’on croit le partage des bêtes, loin d’être étranger à l’homme, en est le premier guide; mais les progrès de la raison, que l’éducation perfectionne, en affaiblissent les conseils. La nature développe les facultés de l’instinct, qui naît des impressions reçues par les organes intérieurs , tandis que le raisonnement est le produit des sensations extérieures ; aussi l’étymologie du mot instinct , formé de deux racines grecques, dont l’une signifie I. 6
piquer , et l’autre dedans , s’accorde-t-elle bien avec la signification qu’on y attache.
Si les connaissances acquises par la raison n’ont point de bornes, celles qui sont données par l’instinct ne comptent point d’erreurs.
De toutes les opérations du cerveau , résulte la volonté , ou tout simplement le désir, qui détermine toutes nos actions.
On a donné le nom de sagesse au résultat de nos actions , conduites par un cerveau bien organisé , et celui de folie aux incohérences qui résultent dans nos idées et nos actions, du dérangement de la raison.
Ce dérangement, par rapport aux variétés qu’il présente, a été divisé, par le professeur Pinel, en cinq espèces, qu’il désigne sous les noms de mélancolie , manie sans délire , manie avec délire , démence et idiotisme ; dans cette dernière espèce sont rangés les imbècilles , que des égoïstes ont dit être les plus heureux hommes du monde, et dont les panégyristes peuvent bien leur être comparés.
Quelques philosophes ont prétendu que les vertus et les vices dépendaient d’une organisation particulière du cerveau , et que l’homme