‹ La physiologie des gens du mondeChapitre 61 sur 182 · CHAPITRE VJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE VJ

lance un peu plus grande que celle de l’eau, et d’une saveur salée: c’est le sérum.

L’autre portion, solide et rouge , qui est fondue dans le sérum dans l’état ordinaire, est le çoagulum. Cette substance se sépare, par une lotion prolongée, en deux parties: lune, qui est de la fibrine, est blanche; l’autre, qui est le cruor, est rouge; c’est la partie colorante du sang.

Maintenant, pour comprendre plus facilement le mécanisme de la circulation, qui dans la nature n’a ni commencement ni fin, il faut la supposer commençant au cœur, où le plus grand effort d’impulsion a lieu , et admettre que tous les vaisseaux sanguins sont'vides et que le sang y arrive pour la première fois.

Apporté de toutes les parties du corps par les veines caves, le sang est versé dans l’oreillette droite du cœur; celle-ci le chasse dans le ventricule droit , qui à son tour le pousse dans l’artère pulmonaire, d’où il se répand dans les vaisseaux capillaires des poumons. Soumis par la respiration à l’influence de l’air, ce sang veineux perd sa couleur foncée, se change en un rouge vif, et devient sang arté- I. 8

DE LA CIRCULATION DU SANG

riel ; repris alors par les radicules veineuses ( i }7 qui se réunissent en rameaux et en branches, il est versé dans l’oreillette gauche par les quatre veines pulmonaires. De l’oreillette gauche, il passe dans le ventricule du même côté, qui, le chassant avec force dans l’artère aorte, l’oblige à parcourir toutes les branches de cette artère jusqu’aux vaisseaux capillaires, auxquels elles aboutissent. Dans ce second trajet, le sang subit une altération inverse de la première : de rouge et écumeux qu’il était, il devient noir et plus fluide, et acquiert les qualités de sang veineux. Dans cet état, il parcourt le système veineux, qui le verse par les veines éïives dans l’oreillette droite du cœur, d’où nous l’avons fait partir.

D’après cette description, on voit que les poumons font partie intermédiaire du cœur, puisque le sang les traverse pour passer du côté droit du cœur dans le côté gauche. On

(i) C’est improprement que ces radicules, ainsi que les quatre veines pulmonaires, sont nommées veines; elles ne devraient point porter cette dénomination, puisqu’elles ne contiennent que du sang artériel.

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