CHAPITRE IX
La seconde espèce de sécrétion folliculaire , moins générale que la précédente, a lieu par des follicules enchâssées dans l’épaisseur de la peau. Ceux-ci sont agglomérés dans les caroncules lacrimales , et rangés sur la même ligne dans les glandes de méïbomius , qui garnissent le côté interne du bord libre des paupières.
L’humeur sébacée , fournie par cette seconde espèce de follicules, est grasse et jaunâtre ; c’est une sorte d’huile propre à oindre les parties et à prévenir les dangers du frottement.
Sécrétion glandulaire.
La sécrétion glandulaire se fait par le moyen des glandes conglomérées (i); celles-ci sont placées au voisinage des appareils , aux fonctions desquels elles participent.
Les conduits excréteurs des glandes sont uniques dans de certaines, et multiples dans d’au-
(i) On nomme glandes conglomérées celles qui sécrètent des fluides particuliers, pour les distinguer des glandes lymphatiques, auxquelles on a assigné la dénomination de glandes conglobées.
DF.S SÉCRÉTIONS
très. Le foie et les reins présentent de plus un réservoir pour la liqueur qu’ils sécrètent.
Il est certains organes glanduleux qui sont privés de conduits excréteurs , et dont les véritables usages sont encore ignorés : de ce nombre sont le thymus , les capsules rurrènales et la glande thyroïde.
Les artères des glandes arrivent ordinairement à ces organes par leur base , et se divisent en plusieurs rameaux avant de pénétrer dans leur intérieur; elles apportent en même temps les matériaux de la nutrition et les éléments des sécrétions. Le foie fait cependant exception à cette règle générale.
Sécrétion des larmes. Elle s’opère par une petite glande, dite lacrymale, située dans la fossette de la paroi supérieure de l’orbite , et placée au milieu de la graisse molle et blanchâtre de cette cavité.
Les canaux excréteurs de cette glande, au nombre de sept à huit, sortent par sa partie antérieure, et percent la conjoncture de la paupière supérieure pour verser les larmes au-devant de l’œil, sur lequel le clignotement les répand uniformément.
Cil A.HITR1Î IX-. 1 55
L’usage des larmes est de faciliter les mou-
vements des paupières et du globe oculaire, et de le garantir de l’irritation qu’y produirait le contact de l’air et des corps étrangers répandus dans l’atmosphère^
L’air extérieur enlève une partie des larmes par l’évaporation ; le reste est aspiré par les points lacrymaux , qui sont les orifices tuberculeux des conduits du même nom. Les conduits lacrymaux portent les larmes dans le sac lacrymal , d’où elles passent par le canal nasal dans les fosses nasales , pour se mêler au mucus de ces cavités dont elles entretiennent la fluidité.
Sécrétion de la salive. La salive est sécrétée par les glandes salivaires , qui , au nombre de trois de chaque côté , sont :
i° La sublinguale , que recouvre la face inférieure de la langue ;
2° La sous-maxillaire , qui est située derrière et au-dessus de l’angle de la mâchoire inférieure; son canal excréteur, appelé canal de Warthon, s’ouvre avec plusieurs des petits conduits qu’il a reçus de la glande sublinguale, sur les côtés du frein de la langue;
l56 DES SÉCRÉTIOJNS.
3° La parotide , que l’on trouve au-devant et au-dessous de l’oreille , derrière la branche de la mâchoire inférieure, et dont le canal excréteur, ou conduit de Sténon , a son orifice à la face interne de la joue , vis-à-vis la troisième dent molaire.
La salive, augmentée par la mastication, se mêle aux aliments, les ramollit et en facilite la digestion ; c’est pour cela qu’on recommande aux personnes âgées, et à celles qui ont l’estomac faible, de manger lentement et de bien mâcher les aliments solides avant de les avaler.
Sécrétion du lait. Les mamelles, placées sur la poitrine , doivent leur forme à un corps glanduleux, appelé glande mammaire qui sécrète le lait. Cette glande est composée de lobules réunis par du tissu cellulaire et de canaux lactifères , qui se dilatent avant de s’ouvrir sur le bout du mamelon.
On pense que, hors le moment de la lactation , le lait est déposé dans le tissu cellulaire, où il s’amasse , ainsi que dans les renflements des canaux lactifères, jusqu’à ce que la succion exercée par l’enfant en détermine l’évacuation.