‹ La physiologie généraleChapitre 140 sur 218 · Landois, op. cit., p · texte numérisé non relu

Landois, op. cit., p

résumé qifi] importe d'en donner avant de passer à Tétude de la fonction capitale de Tassimilation, nous voulions montrer ces phénomènes si complexes, dans leur nudité physico-chimique quand on les étudie chez les organismes où la synergie des plastides n'existe pas. Bien que beaucoup d'animaux inférieurs soient privés de système nerveux, c'est chez les plantes que nous allons examiner maintenant les fonctions préparatoires à l'assimilation, fonctions qui, tout en étant plus simples et mécaniques, n'en restent pas moins fondamentalement identiques à celles que nous venons de passer en revue chez les vertébrés. La comparaison qui résultera de cet examen mettra à même de comprendre ce qui est essentiel et général dans ces fonctions délicates, et ce qui est contingent et variable, ce qui résulte simplement de l'adaptation des espèces polyplastidaires à des conditions de vie particulières.

L'absorption des gaz se fait par les stomates, sous l'influence du protoplasma vivant pour l'oxygène (et peut-être l'azote libre), de la chlorophylle pour Tacide carbonique; celle des solutions aqueuses par les poils absorbants, poils qui sont constitués par des prolongements parfois considérables des cellules superficielles de la racine, dont la fine membrane enveloppante joue le rôle de dialyseur. Le protoplasma de la cellule étant colloïde el les matières dissoutes cristalloïdes, il y a endosmose, et les liquides passent de l'extérieur à l'intérieur de la membrane cellulaire, c'est-à-dire dans la cellule. Peut-être y a-t-il aussi exosmose de certaines substances acides, comme tendraient à le prouver les phénomènes de dissolution que les radicelles produisent sur les plaques de marbre ; mais cette exosmose est toujours peu considérable. On désigne sous le nom de sève brute, le liquide qui résulte de cette osmose ; sa composition chimique est extrêmement variable et l'eau y tient naturellement la plus grande place.

Par des phénomènes osmotiques analogues, la sève brute passe des poils radicaux et des cellules superficielles de la racine aux cellules profondes de l'écorce, et enfin, à travers l'endoderme, aux faisceaux ligneux du cylindre central de la ra-

cine. C'est là, dans les faisceaux du bois, que la sève brute commence son ascension (sève ascendante). Cette ascension, ainsi que nous l'avons vu, se fait sous l'influence de trois facteurs : la force osmotique, la capillarité et l'aspiration due à la transpiration et à l'évaporation aqueuse.

Des faisceaux lig-neuxde la racine, la sève brute passe dans la partie ligneuse des faisceaux de la tige, puis des nervures foliaires qui la répandent par les éléments qui terminent leurs fines ramifications dans les cellules du mésophylle. Mais les vaisseaux ligneux laissent échapper en route une partie de la sève dans les tissus à travers les plaques à membranes latérales. Sur toute la hauteur du courant ascendant de la sève brute s'établissent de la sorte des dérivations secondaires qui en distribuent une partie dans les divers parenchymes et réduisent d'autant la quantité que reçoivent les feuilles.

Dans le parenchyme des feuilles, la sève brute siibit de profondes modifications : elle s'élabore. A mesure qu'elle se concentre, qu'elle perd de son eau par l'effet de la transpiration et de la chlorovaporisation, elle reçoit en dissolution, d'une part, les hydrates de carbone qui résultent, sous l'influence de la fonction chlorophyllienne, de la polymérisation de Taldéhyde formique (GH^O) ; d'autre part, le glucose qui provient de l'hydratation et du dédoublement de l'amidon en réserve dans les chloroleucites. La sève ascendante apporte, d'ailleurs, ellemême, des nitrates et des sels ammoniacaux puisés dans le sol par la racine. Ces corps azotés se combinent aux hydrates de carbone pour donner d'abord des amides, puis des albuminoïdes, qui empruntent aux phosphates, aux sulfates, aux carbonates de potasse, de chaux, de magnésie, etc., véhiculés en solution par la sève brute, les différents principes minéraux essentiels, phosphore, soufre, etc., dont ils ont besoin.

Tous ces matériaux, dissous dans une petite quantité d'eau constituent la sève élaborée, véritable miUeu intérieur analogue à la lymphe, car elle joue exclusivement, comme cette dernière, un rôle nutritif. Sa composition, variable d'ailleurs suivant le lieu et le moment où on l'étudié, se caractérise par l'abondance

du sucre (glucose) et par une faible quantité d'albumine et de matières minérales.

Cette sève, du parenchyme vert où elle a pris définitivement naissance, se répand dans les différentes parties de la plante par la voie des tubes criblés, éléments essentiels du liber. Ces tubes sont formés de cellules placées bout à bout et dont les cloisons cellulosiques de contact sont percées de nombreux trous. Chaque cellule de ces tubes est intérieurement tapissée d'une mince couche protoplasmique qui renferme une grande vacuole pleine d'un liquide hyalin, La partie adhérente aux cribles, plus épaisse, s'écoule à travers les pores, en formant des sortes de prolongements protoplasmiques; c'est par laque se fait le transport des matières élaborées. De proche en proche, la sève élaborée est ainsi amenée, par les tubes criblés, dans la tige où elle est en partie consommée sur place, en partie mise en réserve pour les développements ultérieurs, tandis qu'une troisième partie descend de la tige dans la racine. C'est à cette dernière partie seule qu'il convient de réserver le nom de sève descendante, que Ton donne quelquefois à tort à toute la sève élaborée ^

« Ainsi s'établit, dans le corps entier de la plante, une sorte de circulation des liquides dont nous connaissons maintenant l'économie générale. La sève brute, constituée aux dépens des liquides que le sol renferme, monte par les vaisseaux ligneux de la racine jusqu'au bois de la tige. Le bois des nervures foUaires la répand dans le parenchyme de la feuille où elle s'élabore. Elle retourne alors à l'axe de la plante par le liber des nervures et celui de la tige elle-même, et c'est ce dernier qui la distribue sur tous les points où sa présence est nécessaire, par exemple, dans les méristèmes qui occupent les extrémités, en voie d'accroissement, de la tige et de la racine -. )>

On voit quelle grande analogie existe entre les liquides inté-

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