Daguillon, op. cit., p
rieurs nutritifs des animaux et des plantes. Gela tient à ce qu'ils se sont formés sous l'empire d'une même nécessité dont la loi de H. Spencer est l'expression résumée. Les différences qui interviennent sont d'ordre secondaire et accessoire, car elles dépendent de l'état plus ou moins avancé de la spécialisation des plastides et de leur synergie, synergie qui est elle-même subordonnée à l'existence de plastides incomplets, c'est-à-dire, en dernier lieu, au degré et à l'étendue de la sensibilité chimique aux divers réactifs. Au fur et à mesure que cette sensibilité croît, les phénomènes qui aboutissent à la constitution du milieu intérieur se compliquent, et c'est pourquoi, chez les animaux, dont les éléments anatomiques revêtent une sorte de caractère parasitaire, un caractère d'étroite adaptation à des conditions chimiques définies (dont on a des exemples dans la physiologie des endoparasites), ces phénomènes atteignent leur maximum de complication. On ne peut nier le caractère très général de ces phénomènes, communs à tous les êtres pluricellulaires ; il était donc nécessaire, même daîisun livre comme celui-ci, de les décrire sommairement avant de passer à l'étude de la synthèse assimilatrice.
7"^ La synthèse assimilatrice.
La synthèse assimilatrice ou assimilation est la fonction essentielle des organismes, celle qui distingue fondamentalement, comme nous l'avons déjà établi, les substances vivantes des corps bruts. Elle demande donc une étude attentive et minutieuse, et tout ce que nous avons exposé jusqu'ici peut être considéré comme uniquement destiné à en faire comprendre le mécanisme.
L'assimilation consiste en ceci : que des matières plastiques de plastides, placées dans des conditions favorables et en présence de substances définies pour chaque espèce, augmentent de masse, se synthétisent. C'est là un phénomène purement chimique, quoique spécial aux matières plastiques, et, comme dans toute réaction chimique, les composés en présence chan-
gent de nature, dans la synthèse assimilai rice, les substances qui entrent en réaction avec les matières plastiques (substances Q) se dédoublent pour ainsi dire en substances plastiques de synthèse, d'une part, et en matériaux résiduels ou de déchet, substances du terme R, d'autre part. On désigne parfois ces derniers sous le nom de produits de dcsassimilalion.
Notons ici, de suite, sans nous arrêter encore à la loi de r assimilation fonctionnelle que nous exposerons plus loin, que ce faitde la désassimilation semble avoirété jusqu'ici mal interprété. On dit, en effet, d'habitude, que, par exemple, li' muscle qui fonctionne s'use. Gela n'est pas physiologiquemenl exact, car le muscle qui fonctionne maigrit^ peut, par conséquent, diminuer de poids, mais il augmente de masse vivante, fibrillaire et contractile, comme le prouve l'état de muscles exercés, chez les athlètes notamment. L'amaigrissement du muscle, dans ce cas, indique l'utilisation, pour la croissance de ses matières plastiques, des réserves nutritives du milieu intérieur, tel que nous l'avons, avec Le Dantec, précédemment défini (p. 285). Le fonctionnement des éléments anatomiques est donc lié à la synthèse assimilatrice, et toutes les fois que ces éléments anatomiques se trouvent dans les conditions favorables, ils fonctionnent, et, en fonctionaant, ils font nécessairement la synthèse de leurs matières plastiques. Mais c'est avec raison que Le Dantec a insisté sur la distinction qu'il faut établir entre l'activité ou la vie des plastides isolés et celle des organismes complexes^, car, chez ces derniers, des phénomènes synergétiques interviennent qui modifient du tout au tout l'interprétation des faits. Pour maintenir cette distinction. Le Dantec appelle vie élémentaire manifestée, l'activité des monoplastides dans les conditions favorables. Cette notion de la vie élémentaire nous est seule utile pour l'intelligence do la synthèse assimilatrice. Laissons donc, pour le momenl. de côté, la notion de vie sur laquelle nous reviendrons ultérieurement.
L'activité, la vie élémentaire manifestée d'un plastide exigr que ce plastide trouve, dans le milieu ambiant, les matériaux
314 LA PHYSIOLOGIK GÉNÉRALE.
convenables à la synthèse de ses substances plastiques. S'il en est ainsi, au bout d'un certain temps, la masse des matières plastiques du plastide considéré augmente, tout en restant identiques à elles-mêmes, puisqu'elles continuent à se comporter de la même façon à l'égard des réactifs (chimiotaxie, par exemple). En revanche, la nature du milieu a changé, puisque les substances Q qu'il contenait ont fait place en tout ou en partie aux substances du terme R. En désignant par a le plastide considéré, et par x, la valeur de son augmentation pendant le temps T quelconque, on a donc :
C'est ce que Le Dantec appelle V équation de la vie élémentaire^.
Mais, ainsi que nous l'avons déjà indiqué (p. 60), les conditions faforables à l'activité des plastides sont exceptionnelles; d'autres conditions se rencontrent beaucoup plus fréquemment, comme il est facile de le prévoir, qui répondent à la* destruction plus ou moins rapide du plastide, à la disparition de ses propriétés caractéristiques, à ce qu'on appelle improprement sa mort, puisque la mort du plastide est la transformation de son complexus chimique en un complexus différent, auquel il con\iendrait, en conséquence, de donner un nom différent. Voici, d'après Le Dantec, les conditions dans lesquelles peut se trouver un plastide :
<c Condition n° 1. Vie élémentaire manifestée, c'est-à-dire activité chimique dans un milieu où sont réunis tous les éléments nécessaires à l'accomplissement des synthèses que résume l'équation précédente.
« Condition n° 2. Destruction, c'est-à-dire activité chimique dans tout milieu autre que celui qui est nécessaire à la vie élémentaire manifestée. Cette destruction mène fatalement à la mort si les conditions ne changent pas avant que l'une des substances essentielles du plastide soit complètement détruite.