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Delagp, op. cit., p. 112, note

lum pour constituer le bourgeon, comme chez les cœlentérés, ou bien, n'étant pas réunis, ils doivent préalablement prendre part à la formation d'un organe spécial, le stolon, qui devient l'orig-ine du bourgeon, comme chez les tuniciers.

Chez les végétaux supérieurs, la zone génératrice de l'extrémité de la tige présente trois couches de cellules initiales, dont la superficielle forme l'épiderme, la moyenne i'écorce et la profonde le cylindre central. Mais, dans des cas plus simples, chaque bourgeon axillaire présente une cellule terminale qui fait tous les frais de l'accroissement. Chez un grand nombre de plantes inférieures, une seule cellule terminale fournit tous les éléments qui prennent naissance à l'extrémité de la tige. Il est vrai que ces parties ne se séparent pas normalement; mais les bourgeons n'en constituent pas moins des individus complets, qui peuvent vivre indépendants quand on leur fournit le moyen de former des racines.

Le fait d'une seule cellule servant d'origine au bourgeon est beaucoup plus rare chez les animaux ; on l'a sigaalé cependant chez certains hydraires.

Le bourgeonnement a la même signification que la division; il répond à la nécessité d'une forme d'équilibre dans des conditions déterminées. Naturellement, cette forme d'équilibre et les dimensions corrélatives varient avec les individus et avec les conditions. L'excès de masse, résultant d'une assimilation énergique, se porte en un point que déterminent non seulement la forme et l'agencement de fêtre et la qualité de plastides complets des cellules appelées à bourgeonner, mais aussi, dans certains cas, une excitation accidentelle, érosion, piqûre d'insecte, etc. Le bourgeon peut ou non se séparer, suivant les conditions d'équilibre auxquelles l'organisme est adapté ; mais s'il se sépare, son ontogenèse est tout à fait comparable à celle d'un individu né d'une spore ou d'un œuf parthénogénétique, comme on le constate chez les ascidies.

13. Sporutation. — La reproduction par spore se distingue, d'une part, du bourgeonnement en ce que la cellule reproductrice ou bourgeonnante se sépare de l'individu d'où elle pro-

vient avant toute évolution ; d'autre part, de la parthénogenèse en ce que l'élément reproducteur, la spore ou cellule bourgeonnante, n'a aucun caractère sexuel, tandis que l'œuf parthénogénétique a des caractères nettement femelles, tant par sa constitution que parles phénomènes préalables qu'il présente.

La reproduction par spores se rencontre surtout chez les végétaux cryptogames, où elle fait en général partie du cycle évolutif que caractérisent des générations alternantes. Chez beaucoup de champignons et chez certaines algues, particulièrement les bactéries, elle existe à l'exclusion de toute reproduction sexuée. Dans le règne animal, on ne la retrouve que chez les protozoaires et surtout chez les sporozoaires, grégarines et coccidies.

Ce qui caractérise la sporulation, c'est qu'elle est généralement le résultat de circonstances peu favorables, de la condition no 2. Les levures, à la condition n" d, assimilent et bourgeonnent, mais si l'accumulation des substances R (alcool) les fait passer à la condition n° 2, elles s'enkystent et donnent naissance à des spores plus petites, qui, dans des conditions favorables, donnent par bourgeonnement de nouvelles cellules de levure. Il en est de même chez les bactéries, qui, lorsque le milieu change défavorablement, se divisent en articles et sporulent. Les spores qui en résultent, mises en liberté par rupture des cellules mères, germent et reproduisent la bactérie dans des conditions favorables ; elles sont remarquables par leur résistance aux causes de destruction, en raison de la nature de la membrane qui les enveloppe et les protège.

Chez les Nostocs, il n'y a que les grosses cellules incolores (hétérocystes) qui cutinisent leurs parois et donnent des spores. Chez des algues unisériées [Mdogonium), certaines cellules contractent leur protoplasma en une petite masse qui, mise en hberté par rupture, devient une spore mobile (zoospore), laquelle se fixe ultérieurement, se segmente et reproduit l'algue. La sporulation existe encore chez les mousses et les cryptogames vasculaires, où elle prend place dans le cycle des générations alternantes, la mousse dérivant de la spore

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et produisant l'œuf, la fougère, au contraire, dérivant de l'œuf et produisant la spore.

Chez les protozoaires, la sporulation n'est pas différente de ce qu'elle se montre chez les protophytes. Mais c'est surtout chez les sporozoaires que sa signification se précise. En effet, VHemamœba Laverani quartana, qui existe dans le sang, à la condition n° 2, sous forme d'un très petit sporozoïte, trouve sa condition n° 1 dans l'intérieur de l'hématie où il se développe et grossit beaucoup. Mais comme l'hématie est un milieu très restreint, ce miUeu se modifie nécessairement en raison du fonctionnement continu de l'hemamœba, et les formes d'équilibre de cet hemamœba suivent ces variations. Par suite, il arrive un moment où le sporozoaire sporule, c'est-à-dire que ses dimensions doivent être plus petites pour répondre aux conditions d'équilibre.

(( Ce phénomène de sporulation, dit Le Dantec*, se produit^ presque toujours chaque fois qu'un plastide se trouve accidentellement dans un milieu très restreint. Il a lieu, par exemple, pour les flagellâtes, — qui, normalement Hbres dans les infusoires, se divisent normalement par bipartition, — lorsque l'un d'eux se trouve, par suite de circonstances extérieures, entouré d'un kyste produit par son activité même; il se trouve, dans ce kyste, comme le sporozoaire dans la cellule-hôte et s'y divise en un très grand nombre de petites zoosporeschaque zoospore, mise en liberté dans un vaste milieu, évolue comme dans un miheu illimité ; elle grossit en acquérant des formes variées pour chaque volume de son corps (comme la goutte d'eau du robinet qui grossit imperceptiblement, mais sans cesse, jusqu'à ce que son poids l'emporte et la détache), puis le flagellate se divise par bipartition quand il est devenu assez grand, et continue de le faire tant qu'il reste libre. Qu'à un moment donné les conditions de miUeu déterminent la formation d'un kyste autour de lui, il sporulera de nouveau à son intérieur et ainsi de suite. »

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