cit., p
De ce qui précède, nous sommes autorisé à conclure que la sporulation — qui alterne presque partout avec d'autres formes de génération et qui apparaît, dans ce cycle, au moment et comme conséquence d'une modification du milieu — manifeste exactement, comme la division simple, la forme d'équilibre de la matière vivante dans un milieu déterminé. Mais tandis que la division ou le bourgeonnement ne comportent pas, pour se produire, de modification dans la composition de ce milieu, la sporulation indique, au contraire, une modification de ce milieu déterminée par l'épuisement des substances Q ou l'accumulation des substances R. La sporulation, en définitive, traduit la forme d'équilibre d'un plastide dans des conditions différentes (et défavorables) de celles qu'il supporte normalement. En raison même des circonstances qui lui donnent naissance, la spore est à la condition n° 2 et ne peut germer que lorsqu'elle se trouve, par suite de conditions plus heureuses, capable de vie élémentaire manifestée. La division et le bourgeonnement sont la conséquence de l'assimilation fonctionnelle en milieu Hlimitê et invariable, la sporulation est la conséquence du fonctionnement en milieu limité et par suite aisément modifiable par le fonctionnement. Ces formes de reproduction sont donc subordonnées aux conditions de l'équilibre dans des milieux donnés.
G. Conjur/aison. — Dans la reproduction par spores, la cellule génératrice germe sans avoir besoin du concours d'un autre élément, c'est-à-dire que, représentant un plastide complet, elle assimile et se développe aussitôt qu'elle trouve les conditions nécessaires à sa vie élémentaire manifestée. Il n'en est pas de même dans la conjugaison. Dans ce mode, en effet, la cellule génératrice est formée de la fusion totale ou partielle de deux éléments, et cette cellule ne peut germer, reproduire un nouvel être qu'à cette condition.
On appelle gamètes les éléments qui se conjuguent, pour les distinguer et des spores asexuées et des éléments sexuels vrais. Les gamètes, en effet, ne se distinguent pas, en général, l'un de l'autre et n'affectent que des caractères sexuels très peu ac-
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cusés. C'est pourquoi Delage les définit: des éléments sexuels ' nullement ou incomplètement différenciés en mâles et femelles '. Nous verrons cependant que, dans la conjugaison, on peut passer par des transitions presque insensibles, des gamètes ou éléments absolument pareils à des gamètes suffisamment différenciés pour, qu'on y reconnaisse les principaux caractères sexuels du spermatozoïde et de l'ovule.
Enfin, il faut distinguer la conjugaison totale, dans laquelle les deux gamètes se fondent en un seul élément qui est le point de départ d'une évolution nouvelle, de la conjugaison -partielle, conjugaison des infusoires ou copulation, dans laquelle les deux gamètes, après avoir échangé des parties de leur noyau et de leur cytoplasma, se séparent pour donner chacun naissance à de nouvelles générations. On réunit d'habitude l'étude de ces deux conjugaisons qui semblent des phénomènes similaires; mais nous verrons plus loin qu'en réalité ces deux modes de reproduction ont des significations très différentes. Nous allons donc les examiner successivement.
a. Conjugaison totale. — Dans cette conjugaison, comme nous l'avons dit, les deux gamètes se rencontrent, s'accolent et se fusionnent complètement en une seule masse. Mais il ne semble pas que cette fusion soit un simple mélange, car il y a contrarAion de la masse, et le volume de la cellule, de l'œuf issu de la conjugaison est toujours moindre que la somme des volumes de deux gamètes. Ce fait indique qu'il y a véritablement combinaison chimique et comme cette combinaison met le plastide à même d'entrer en état de vie élémentaire manifestée, nous sommes porté à croire qu'elle vient compléter la série — incomplète avant la conjugaison dans chacun des gamètes — des matières plastiques nécessaires à la condition n° 1.
La conjugaison totale ne se rencontre que chez les plantes inférieures et quelques protozoaires. Elle affecte plusieurs formes. Dans Visogamie, les deux gamètes sont exactement sem-