Landois, op. cit., p
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Lube digestif dans le torrent circulatoire. La diffusion explique, à peu près seule, ce passage des matériaux désassimilés d'abord dans le liquide intersliticl et la lymphe qui baignent les cellules, puis dans le sang, car ces liquides ne renferment pas les matériaux divers (substances R, produits de destruction) que contiennent les sucs cellulaires ; or, tous ces matériaux sont solubles et diffusibles et il se produit ainsi un courant de matériaux de déchet vers Fextérieur et de matériaux nutritifs vers l'intérieur. L'activité propre des cellules peut d'ailleurs intervenir, comme nous le verrons, pour déterminer ou faciliter ce passage.
Les matériaux désassimilés (substances R et produits de destruction), ainsi versés dans le sang, continuent à être véhiculés jusqu'aux émonctoires naturels. Au cours de ce trajet, il y a modification chimique, sous l'influence des réactifs du sang, ou résorption de certains matériaux de déchet par des cellules pour lesquelles ils deviennent des substances Q. Mais il n'en est pas généralement ainsi, car la concentration de ces matériaux est moins forte dans le sang que dans la lymphe Iranssudée ; s'il en était autrement, si les organes d'excrétion ne fonctionnaient pas, la teneur du sang en produits désassimilés deviendrait égale à celle des liquides qui baignent directement les cellules, et la diffusion vers l'extérieur ne pourrait plus avoir lieu en dehors de l'influence que peut avoir l'activité propre des cellules. Or, cette diffusion est nécessaire, parce que ces produits' désassimilés sont toxiques et déterminent, à un certain degré de concentration, le passage des plastides à la condition n° 2.
La circulation assure l'élimination rapide des produits de désassimilation, puisque, en vertu même de son déplacement continu, le sang est constamment renouvelé et se trouve, par conséquent, en état de recevoir par diffusion une nouvelle quantité de matières de déchet. Mais il faut qu'en certains points de son parcours, des organes spéciaux drainent les matériaux inutiles ou toxiques qu'il renferme pour les rejeter dans le milieu extérieur, afin qu'ainsi la composition du sang res-
tant constante, la diffusion puisse toujours s'opérer et les plastides continuer à fonctionner.
Ces organes sont les organes d'excrétion, sortes de glandes spécifiques qui paraissent intervenir dans l'élimination non seulement par les membranes qu'elles constituent, mais aussi par l'activité de leur protoplasma. Ces organes, du reste, sont différenciés et n'éliminent chacun que certains produits : le poumon, l'acide carbonique; le rein, l'urée, l'acide urique, certains sels; le foie (par la bile), des acides, des pigments, lacholestérine, etc. Nous avons étudié précédemment l'élimination pulmonaire et la bile — certains pigments biliaires, des sels, la taurine sont, du reste, résorbés — nous n'y reviendrons pas et nous nous contenterons d'indiquer le mécanisme de Texcrétion et la composition générale de l'urine, de la sueur, de la matière sébacée et du lait.
Nous avons indiqué (p. 179} les conditions mécaniques de l'élimination de l'eau par les reins; nous ne nous arrêterons ici que sur le rôle que Ton attribue à l'activité des éléments du rein dans l'élimination des sels et de l'urée. D'après la théorie de Bowmann, le glomérule sépare du sang l'eau et les sels ; mais dans cet acte, la filtrationparaîtjouer le rôle le plus important, tandis que les cellules de Tépithélium des tubes contournés sécrètent les produits spécifiques, urée, acide urique, etc. L'activité propre de cet épithélium est mise en évidence par ce fait que, dans un rein où la sécrétion aqueuse est supprimée par ligature des uretères ou par une chute considérable de la pression sanguine (section de la moelle), les cellules épithéliales continuent à excréterles substances qu'elles excrètent normalement et par cet autre, signalé par Bunge et Schmiedeberg, que du sang chargé de glycocoUe et d'acide benzoïque donne une urine qui contient de l'acide hippurique. Le rein a donc fait la synthèse de cet acide.
En définitive, trois conditions sont nécessaires pour que l'urine soit excrétée : une pression artérielle élevée ; il en résulte que tout ce qui augmente la pression artérielle (ou diminue la pression des canaux urinaires) ou la diminue (ou augmente la
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pression des canaux), accroît ou diminue la sécrétion; un sang contenant tes éléments de Turiiie normale et dans certaines proportions minima,sans quoi ils ne sont plus excrétés; il faut enfin un épithélhim rénal actif et sain. C'est ce que montre l'expérience qui consiste à faire passer dans un rein, d'abord du sang' totalement privé d'urée, — dans ce cas, il ne sécrète pas, — puis ce même sang additionné d'urée, et il sécrète aussitôt, ainsi que Fa indiqué Abelès. Disons, à ce propos, que l'épithélium rénal semble jouer un rôle dans la sécrétion du phosphate de soude, qui détermine l'acidité de l'urine. L'importance des conditions vasculaires résulte de la nécessité d'une pression artérielle élevée et d'une irrigation rapide, que prouvent l'augmentation de l'urine par la vaso-dilatation rénale, la diminution par la vaso-constriction, l'oblitération partielle de l'artère rénale ou celle de la veine correspondante. On conçoit donc que le système nerveux, qui agit si fortement sur le système vasculaire, ait une influence marquée sur la sécrétion urinaire ^ D'une manière générale, toute opération (section du grand splanchnique) qui augmente la pression et produit la vaso-dilatation rénale augmente la sécrétion urinaire ; toute opération inverse (excitation du nerf vague) produit l'effet contraire (la section de la moelle arrête la sécrétion par abaissement de la pression artérielle). Il s'ensuit que le froid, en diminuant le calibre des vaisseaux cutanés, accroît la sécrétion urinaire, «t que le ralentissement ou l'affaiblissement du cœur, ou la diminution de pression due aux sueurs abondantes, accompagnées de vaso-dilatation périphérique, restreint cette sécrétion. Notons que, par suite de ces relations, il se produit un certain équilibre entre rélimination par l'urine et Félimination par la sueur, en ce qui concerne non seulement l'eau, mais aussi l'urée. On a, en effet, trouvé dans certains cas pathologiques des cristaux d'urée sur la peau. La peau est donc capable de suppléer le rein, au moins dans une certaine mesure.