DeJage, op. cit., p
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que les plastides ne puissent dégénérer complètement; — 2" coordination du fonctionnement et synerg-ie des plastides, telles que la modification de l'un ait un retentissement rapide dans beaucoup d'autres et puisse déterminer une réaction d'ensemble en rapport avec la nature et l'intensité de cette modification. Or, le milieu intérieur, qui apporte les substances Q et emportent les substances R, satisfait à la première condition, la continuité nerveuse (c'est-à-dire conduction possible d'un bout à l'autre du système) à la seconde. Par conséquent, toute cause qui troublera profondément l'une ou l'autre de ces conditions déterminera la mort accidentelle. La mort accidentelle peut donc arriver par modification du milieu intérieur ou par discontinuité nerveuse définitive K
Remarquons, toutefois, que .la continuité nerveuse correspond normalement à l'unité psychologique, à l'intégrité et à la persistance d\xmoi. C'est elle, en conséquence, qui définit l'individualité beaucoup mieux que le milieu intérieur (puisque des parasites peuvent y vivre) ou la communauté d'origine (puisque les leucocytes et les cellules sexuelles sont en dehors de l'individualité). 11 en résulte que, le système nerveux réglant et coordonnant le fonctionnement de la plupart des éléments cellulaires et puisant dans le milieu intérieur les substances Q dont il a besoin, y rejetant les substances R produites par son activité, toute variation du milieu intérieur tend à troubler la continuité nerveuse, comme tout trouble de la continuité nerveuse à modifier le milieu intérieur. Par suite, à quelque cause que soit due la mort, la discontinuité nerveuse intervient toujours ; en raison de son rôle dans l'établissement de l'individualité physiologique, c'est elle qui précise le moment de cette mort, à laquelle succède plus ou moins vite la mort élémentaire des plastides, qui sont des éléments différenciés étroitement adaptés à des conditions d'existence très spéciales. Aussi la mort par discontinuité nerveuse primitive est-elle beaucoup
1. Le Dantec, op. cit., p. 263-266. — Cf. aussi la Vie et la Mort {Revue philosophique, 1896).
plus rapide que la mort par discontinuité nerveuse secondaire à une variation du milieu ^
La mort par le milieu intérieur peut arriver par épuisement et défaut des substances Q (inanition), par accumulation des substances R éliminables ( auto-intoxication , urémie , asphyxie, etc.), par pénétration d'éléments étrangers (empoisonnements, maladies virulentes). Dans tous les cas, l'organisme réagit, et si des éléments essentiels n'ont pas été détruits, la coordination peut se rétablir et la guérison survient. C'est ainsi que les anesthésiques et les poisons sont emmagasinés dans des organes spéciaux et modifiés ou éliminés peu à peu par les émonctoires naturels ; c'est ainsi que les antitoxines du sérum annihilent l'effet des toxines microbiennes, tandis que les leucocytes, sous une influence chimiotactique positive, englobent et détruisent les bactéries pathogènes.
La mort par discontinuité nerveuse peut arriver par lésion directe (traumatismes) ou par lésion indirecte (apoplexie, rage, certaines conditions physiques défavorables). Dans le premier cas, la lésion directe entraîne la suppression de fonctions nécessaires à la coordination générale et fait, par suite, varier le milieu intérieur. C'est ainsi que la piqûre du bulbe amène l'arrêt des mouvements respiratoires et la mort par asphyxie. Dans le second cas, la lésion indirecte, qui détruit des éléments essentiels à la coordination générale, est déterminée par une variation du milieu intérieur. C'est ainsi que certains éléments cérébraux sont détruits par l'épanchement sanguin, provenant de la rupture d'un vaisseau, qui modifie la composition du milieu dans lequel ils vivent. C'est ainsi que, dans la mort par hyperthermie, la lésion du bulbe est provoquée par des poisons qui intoxiquent ses éléments, etc. Mais il faut remarquer que, si la discontinuité se produit (et elle peut se produire en vertu de la mobilité des prolongements des neurones) sans qu'il y ait destruction définitive d'éléments essentiels à la
1. Cf. Brouardel, la Mort et la Mort subite. — S. Icard, les Caractères de la mort [AlCRU, 1896).
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synergie, la mort iiç survient pas et la coordination reprend. C'est ainsi que le sommeil est une discontinuité nerveuse momentanée déterminée par l'accumulation de substances R éliminables.
En résumé, la mort provient fondamentalement de la destruction, par une cause ou par une autre, d'éléments nécessaires à la coordination générale. Gomme cette coordination d'ensemble détermine l'individualité physiologique et psychique, la mort détruit celte individualité, sans entraîner la mort élémentaire immédiate de tous les plastides qui la constituaient. Il en résulte que le cadavre demeure pendant quelque temps, la pseudomorphose, l'image apparente de l'être vivant, alors qu'il ne jouit plus d'aucune des propriétés d'ensemble qui le caractérisaient. Mais cette apparence est transitoire si les conditions sont telles (humidité, oxygène, température) que les produits immédiats de la destruction des matières plastiques puissent satisfaire leurs affinités chimiques. Le cadavre se résout alors en combinaisons plus simples qui, dans le cycle biogénétique, deviennent substances Q pour certains plastides et peuvent ainsi de nouveau participer aux réactions de la matière vivante.