Le Dantec, op. cit., p
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mort, dans ce cas, ou tout au moins la condition n° 2, qui n'en est que Je prélude si les matières disparues ne sont pas restituées par la conjugaison, serait la conséquence de la vie élémentaire manifestée. Peut-être d'autres plastides isolés présentent-ils ces phénomènes, à des intervalles plus ou moins éloignés. Peut-être encore les ciliés, dont le protoplasma est si différencié, ne traduisent-ils ainsi qu'un acheminement vers la mort des êtres complexes, qui est toujours, quand des accidents ne la provoquent pas par eux-mêmes, le résultat fatal de la vie.
B. Mort des organismes complexes. — En effet, les substances R non éliminables, dont nous connaissons l'origine et la signification précise, résultent du fonctionnement même des plastides ; elles se produisent parce qu'elles unissent et agrègent en colonies les plastides issus des bipartitions d'un seul plastide primitif et fournissent à ceux qui n'en forment qu'une petite quantité, aux tissus mous, des points d'appui, des organes de protection et de défense. Mais, prenant naissance à la condition n^ 1, n'étant pas éliminables, puisqu'elles sont résistantes et insolubles dans le miUeu pour remplir leur rôle de soutien et de protection, elles s'accumulent nécessairement par le fonctionnement et déterminent à la longue tous ces phénomènes de vieillesse que nous avons précédemment décrits (p. 412 et suiv.). Il arrive donc un moment où, par suite d'ossification ou de minéralisation, d'athérome, d'ankylose et d'atrophie consécutive, etc., le fonctionnement des organes se ralentit et s'arrête, amenant la dégénérescence et la mort des tissus. La mort de l'organisme, la mort totale, est ici le résultat inéluctable de la vie, puisque c'est l'assimilation fonctionnelle qui entraîne la production de ces substances R non éliminables, dont l'accumulation empêche peu à peu les réactions des matières plastiques et fait passer les plastides à la condition n» 2.
Le rôle que joue, dans l'établissement de la mort naturelle, l'activité des cellules a été entrevu par Lendl, qui y a cherché l'explication de la mortalité du soma (corps) et de l'immortalité
du germe, admises théoriquement par Weismann. Seulement, il désigne sous le nom de ballast les substances qui résultent de la vie des cellules, mais ne font pas partie de leurs matières plastiques. Toute cellule qui, au moment de la bipartition qui lui donne naissance, ne reçoit pas de ballast est apte à vivre indéfiniment si les conditions favorables sont réalisées ; au contraire, toute cellule qui reçoit du ballast est destinée fatalement à mourir. Le corps meurt donc parce que les cellules somatiques contiennent du ballast. Le germe ne meurt pas (dans l'hypothèse de Weismann), parce qu'il n'en contient pas *. Resterait à savoir pourquoi certaines cellules accumulent le ballast ou s'en débarrassent et les autres pas. Lendl ne nous dit pas grand'chose à cet égard, et il faut faire intervenir l'interprétation de Le Dantec, qui, laissant de côté l'hypothèse aventureuse de Weismann, montre le sens qu'il convient d'attribuer au ballast et indique les conditions de sa formation.
Mais la mort naturelle (par accumulation des substances R non éhminables) est très rare, car, au cours de la vie et surtout pendant la vieillesse, l'organisme est sans cesse exposé à des accidents qui, troublant les rapports réciproques des éléments histologiques ou rompant leur synergie, conduisent rapidement à la mort. La mort, dans ce cas, est accidentelle; elle ne provient pas fatalement de l'activité vitale ; elle est le résultat d'actions extérieures dont le contre-coup se fait plus ou moins rapidement sentir. Mais pour comprendre le mécanisme de la mort accidentelle, il est nécessaire de définir la vie des organismes complexes et particuUèrement celle des animaux supérieurs.
La vie résulte de deux conditions : 1° vie élémentaire manifestée des plastides qui constituent l'organisme, telle que, d'une part, le repos permette l'élimination des substances R éhminables produites pendant l'activité, et, d'autre part, la condition n° 1 succède assez rapidement à la condition n^ 2 pour