Langlois et de Varigny, op. CiV., p. 60o
LA rilYSIOLOGiE GÉX. 5*2
Heidenhain, en effet, a montré que, à travail égal, un muscle frais dégage plus de chaleur qu'un muscle fatigué et que, de deux excitations consécutives d'un même muscle, exécutant le même travail, la première donne plus de chaleur que la se- Goiide, — alors que ce devrait êlre l'inverse. Quant à A. Gautier ^ il part du théorème de Carnot et démontre que si le travail provenait d'une transformation de la chaleur, le muscle devrait se refroidir bien au-dessous de zéro, ce qui est contraire à l'observation. Il en conclut donc que « la chaleur ne se change pas en travail et que ce n'est pas par cet intermédiaire que le potentiel chimique produit la force et l'énergie mécanique ».
. Ce& objections ont inspiré à Ghauveau une autre théorie, en vertu de laquelle le travail ou l'énergie chimique se transforme en travail physiologique, lequel, à son tour, apparaît en totalité sous forme de chaleur, quand il reste interne, en partie seulement et proportionnellement, quand il s'accompagne de travail mécanique extérieur. La chaleur, ainsi, dériverait, non de l'énergie chimique, mais du travail physiologique auquel aboutit cette énergie, comme l'indique l'équation suivante :
^ . , . . . .,,.,. l chaleur sensible
Energiech.mique = travailpliysiologiqae= | + travail mécanique.
«La chal6ur,dit Ghauveau^, n'apparaissant jamais que comme une fin dans la série des transformations de l'énergie, chez les êtres vivants, on ne saurait considérer, au moins dans les conditions normales, la chaleur sensible des tissus comme apte à redevenir directement du travail physiologique. Elle affecte, au contraire, le caractère d'une excrétion. Cette chaleur sensible, transformation finale du travail physiologique, est suffisante pour maintenir constante, dans toutes les conditions du repos et de l'activité, la température du corps des animaux à sang chaud. »