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Le Dantec, op. cit., p

Cette importante restriction faite, il n'en est pas moins vrai que les influences chimiotactiques expliquent un grand nombre de phénomènes biologiques que Ton avait pu jusqu'ici attribuer, avec quelque vraisemblance, à des manifestations du prétendu principe vital et qui ne sont, en définitive, que le résultat des conditions chimiques du miheu ambiant. C'est ainsi que, suivant Strasburger, les mouvements des chromosomes,, dans la caryokinèse, résultent d'une action chimiotactique procédant des sphères attractives. C'est aussi à une action chimiotactique qu'on doit attribuer la marche du spermatozoïde vers l'œuf à féconder et les propriétés phagocytaires des leucocytes, propriétés dont Metschnikoff a montré l'importance énorme dans la résistance des êtres à l'envahissement par les bactéries pathogènes. Massart et Bordet ont d'ailleurs prouvé l'influence chimiotactique des cultures de bactéries et de ces cultures filtrées (réduites aux toxines) sur les leucocytes des animaux supérieurs. Les phénomènes de nutrition d'un grand nombre de protozoaires dépendent, de la même façon, de propriétés chimiotactiques (Le Dantec).

Nous venons de voir que la distribution hétérogène des matières chimiques dans le milieu liquide produit une action directrice sur les mouvements de la substance vivante. Or, il faut remarquer que la plupart des substances, surtout quand il s'agit de gaz dissous, ne sont pas distribuées d'une manière rigoureusement égale dans le liquide ambiant. Il s'ensuit que cette distribution non homogène des matières possédant une action tropique ou tactique, d'ailleurs positive ou négative, peut exphquer non seulement la direction des mouvements, mais aussi leur intensité et leur forme, conditions évidemment liées au degré d'hétérogénéité du liquide ambiant. Les observations de Cohn ont été confirmées par Engelmann, qui a montré que l'oxygène exerce une action directrice très efficace sur les bactéries. Or, la matière vivante est très sensible à l'action de l'oxygène, qui agit sur tous les protoplasmas, d'une manière ou d'une autre. On peut donc supposer que c'est la distribution hétérogène et à chaque instant variable de l'oxygène dans

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le milieu liquide qui détermine la plupart des mouvements, en apparence spontanés, des plastides. Cette conclusion a été vérifiée par des expériences de Verworn, qui est parvenu à arrêter les mouvements des rhizopodes dans l'eau en supprimant complètement l'oxygène du milieu, et qui a vu le mouvement reparaître aussitôt que l'oxygène est restitué K

Gomme le dit Le Dantec^ on peut rapprocher l'action des anesthésiques de ces influences chimiotactiques. Mais il y a ici, cependant, une différence réelle : les anesthésiques, en effet, semblent se comporter comme des toxiques, jouissant de la singuhère propriété de former avec la matière vivante des combinaisons instables qui se dissocient aussitôt que la tension de l'anesthésique diminue dans le miheu ; de telle sorte que, quand la dissociation est achevée, le protoplasma se retrouve avec toutes ses propriétés actives. La combinaison devient cependant stable quand il y a excès d'anesthésique, et le protoplasma ne peut alors plus recouvrer ses propriétés essentielles et meurt définitivement. Cette combinaison, d'ailleurs, ne modifie aucunement les réactions purement chimiques de la matière vivante, dont elle ne fait que masquer (quand elle est encore dissociable) les propriétés spécifiques. C'est ainsi que, dans les organismes anesthésiés, les oxydations continuent à se produire ^.

Ajoutons, de plus, que, à l'égard des anesthésiques, comme à l'égard de toutes les matières chimiques actives, les protoplasmas manifestent, dans les mêmes conditions, des réactions différentes, ce qui prouve la multiplicité de leur constitution. Les conditions physiques agissent également sur la réceptivité aux anesthésiques : une combinaison instable et lente à l'obscurité ou à la lumière diffuse devient plus rapide, mais aussi plus stable, à la lumière directe du soleil. Nous reviendrons, du reste, sur cette action si intéressante des anesthésiques.

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