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ENVERS

Des chiffres précédents, on peut conclure que la quantité d'eau transpirée par les plantes est très considérable. Haberlandt et Risler ont calculé cette quantité, en kilogrammes et par hectare, pour des plantes cultivées, depuis le moment où elles sortent de terre jusqu'au moment où on les récolte. Voici les chiffres qu'ils ont obtenus :

IIABERLANDT.

RISLEIl.

Blé

2 471 000kg 2 210 000

A 180 OOO

Spierlp

Orce

AvoiQ6

En prenant, comme moyenne, loOOOOO kilogrammes d'eau transpirée à l'hectare par la totalité d'une récolte, on voit que cela répond aune hauteur de 15 centimètres d'eau sur la surface de l'hectare. Or, dans nos contrées, la hauteur moyenne de la tranche de pluie annuelle est de 45 à 50 centimètres. C'est donc plus du tiers d'eau qui est transpiré par les plantes, et, comme nous l'ayons dit, cette transpiration est encore plus active dans les pays chauds. D'autre part, Lawes et Gilbert ont montré qu'il faut 250 à 300 kilogrammes d'eau pour avoir 1 kilogramme de matière sèche élaborée. Haberlandt,de son côté, a donné les proportions suivantes, qu'il faut doubler, au moins, pour un sol pauvre ou sans fumure :

Blé : 234 parties d'eau pour 1 de matière sèche. Orge : 247 — 1 —

L'énorme évaporation que produisent ainsi les plantes s'explique par le développement considérable de leur surface relativement à leur volume. Ce développement de la surface ne satisfait pas seulement à l'évaporation ; il otïre encore l'avantage de dissoudre une quantité d'acide carbonique très élevée, et cette dissolution, comme nous le verrons, est en étroit rapport avec la fixation du carbone, et, par conséquent, l'assimilation. Il faut donc voir dans ce développement énorme de la surface évaporante ou dissolvante un résultat de l'adaptation, absolument comme dans le développement de la chlorophylle.

Boussingault a fait quelques recherches pour arriver à apprécier la surface totale des feuilles d'une culture. Voici les résultats qu'il a obtenus par hectare, mais il est inutile d'ajouter que ces résultats sont approximatifs :

Froment 35 490 mètres carrés.

Pommes de terre 39 640 —

Betteraves 49 900 —

Topinambours 142 400 —

Ces chiffres donnent une idée de l'énergie que réclame l'élaboration des principes immédiats des plantes et de l'énorme quantité d'eau circulante qui est nécessaire à la végétation. C'est là encore un phénomène d'adaptation. D'après les chiffres de Lawes et Gilbert, l'eau absorbée par les plantes ne renferme pas plus de 2 millièmes de matériaux utiles. Plus il y a d'eau absorbée et éliminée, meilleures sont, en conséquence, les conditions nutritives. D'ailleurs, cette eau circulante, en s' évaporant à l'état pur, contribue à la fois au développement des tissus et à la régulation de la température ; les tissus, en effet, s'enrichissent des substances non volatiles que l'eau véhicule, et le protoplasma, grâce à la chaleur absorbée par une évaporation plus ou moins intense ou ralentie, Slfe maintient autant que possible dans les conditions de température qui lui sont précisément favorables.

B. AbsorptioJî et élimination de Veau chez les animaux. — Chez tous les animaux, sauf certains animaux marins inférieurs, chez lesquels la circulation de l'eau est constante, la quantité d'eau nécessaire au fonctionnement de l'organisme est ingérée sous forme de boissons ou contenue dans les aliments. Mais la quantité d'eau, ainsi introduite, est subordonnée à l'élimination qui s'en fait par les divers émonctoires de l'économie, et cette élimination dépend, à son tour, de l'activité de l'espèce et, chez les homéothermes surtout, des écarts entre la température physiologique et la température ambiante ; elle est, d'ailleurs, beaucoup moins intense que chez ces végétaux.

Tous les tissus ne contiennent pas la même proportion d'eau, comme l'indiquent les chiffres suivants empruntés à Bischoff :

Sang. 83,00 pour 100.

Reins . 82,68 —

Cœur 79,21 —

Poumons 78,96 pour loo.

Rate 75,77 —

Muscles 75,67 —

Cerveau 74,84 —

Intestins 74,54 —

Peau 7-2,03

Foie 68,25

Nerfs 58,33 —

Graisse 29,92 —

Os 22,04 —

Les tissus des jeunes animaux sont plus riches en eau que ceux des vieux, d'après Bazold, cité par Voit :

Souris embryon 87,15 pour 1 00.

— à la naissance 8"2,o:î —

— de huit jours 76,78 —

— adulte 70, SI —

D'après Lawes et Gilbert, les animaiLx gras sont moins riches en eau que les autres :

Porc maigre 51,1 pour 100.

Porc gras 41, S —

Mouton maigre .. ., 57,3 —

Mouton gras 43,4 —

Bœuf demi-gras 51,5 —

Bœuf gras 45,5 —

Ces différences indiquent que la quantité d'eau circulante peut varier dans de certaines limites. Néanmoins la proportion d'eau du sang est normalement assez fixe, et c'est, en définitive, le sang qui fournit le milieu liquide des tissus profonds.

Mais avant d'arriver au sang, l'eau pénètre dans l'appareil digestif, et c'est là surtout que se fait son absorption; eUe peut aussi être absorbée, mais dans de plus faibles proportions, par la peau chez les animaux inférieurs, et par les branchies chez les animaux marins. Gomment se fait cette absorption?

Dans le tube digestif, elle résulte d'échanges osmotiques qui s'accomplissent entre les matières digérées, matières aqueuses et très diffusibles d'une part, et le sang et la lymphe oui ne renferment que des matériaux peu diffusibles d'autre

part, à travers la muqueuse intestinale et les parois minces des capillaires sanguins et lymphatiques. Cette absorption de Feau peut aussi se faire par simple filtration. On sait, en effet, que la filtration est le passage de l'eau à travers des membranes sous pression. Or, cette filtration se produit dans l'intestin en deux circonstances : quand les parois de l'intestin se contractent et exercent ainsi une pression supérieure à la normale sur son contenu, mais cette influence est toujours faible; et quand il s'établit une pression négative dans les viltosités, comme Ta montré Brûcke. En effet, lorsque les villosités se contractent, leurs vaisseaux sanguins et chylifères se vident de leur contenu. Les vaisseaux chylifères en particulier restent vides à cause des nombreuses valvules des lymphatiques qui empêchent le reflux du chyle. Dès lors, quand les chylifères se relâchent, les hquides de l'intestin, et l'eau particulièrement, susceptibles de filtrer, pénètrent dans l'intérieur de ces vaisseaux^.

Par un phénomène inverse, les vaisseaux de l'intestin peuvent abandonner de l'eau ; mais cette quantité est normalement peu considérable à cause du faible équivalent osmotique des matières et des sels absorbés. Il n'en est pas de même si l'intestin renferme de grandes quantités de sels à équivalents endosmotiques élevés, tels que le sulfate de magnésie ou le sulfate de soude. Dans ce cas, fexosmose de l'eau est très intense, comme l'ont montré Poiseuille et Buchheim, et il se produit de la diarrhée. C'est là l'origine de l'action des purgatifs salins. Inversement, l'injection de ces substances dans les vaisseaux entraîne un passage abondant d'eau de l'intestin dans le sang (Aubert).

Une pression moyenne de 80 à 140 centimètres d'eau, dans l'intestin, active beaucoup l'absorption en général et celle de l'eau en particulier; car alors la surface de la muqueuse est en contact par tous les points avec le contenu intestinal. Quand la pression est plus élevée, au contraire, les vaisseaux de l'intestin

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