‹ La physionomie comparéeChapitre 2 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

et de la comparaison de toutes les choses entre elles : c'est ainsi qu'à force d'expériences et de raisonnements il est arrivé à déterminer la constance de certains effets d'expression avec certaines formes déterminées. Qu'est-ce que cette correspondance reconnue entre les effets d'expression et les formes ? C'est ce qu'on appelle des signes d'expression.

C'est donc en observant et en notant des signes, que l'homme a fini par établir un vocabulaire, puis une syntaxe, qui ont formé pour lui la langue de l'expression, tout comme, par l'artifice de la parole articulée, il a créé la langue de l'intelligence.

Pour que la langue de l'expression ait pu avoir un sens assuré, il a fallu que Fliomme, comparant sa physionomie avec celle des autres objets de la nature, y trouvât des signes communs: il les a trouvés, il a reconnu, par exemple, que la grandeur, la couleur, le mouvement, peuvent aussi nettement caractériser un animal, une plante agitée par le vent, qu'un homme.

Alors s'est établie pour lui l'idée d'un certain nombre de signes expressifs communs à tous les êtres. A mesure qu'il se considérait davantage, il sentait de plus en plus l'attache des liens qui l'unissent à la nature ; à mesure qu'il pénétrait plus avant dans la connaissance des lois générales qui gouvernent le monde, il comprenait mieux sa ressemblance avec les êtres qui y vivent autour de lui, et par une suite naturelle de ces observations, il a été enfin amené à conclure de la ressemblance des signes à la ressemblance des qualités.

Ainsi, par la même raison qu'il est un microcosme intellectuel, l'homme est devenu le microcosme physionomique. Étant le plus parfait, des êtres, celui où la nature et la vie ont épuisé leur suprême etfort de perfection et de beauté, il sera le terme de comparaison de l'expression universelle, et nous pourrons appeler « physionomie comparée » l'analyse des signes d'expression commencée dans la figure humaine et poursuivie dans tous les êtres de la nature.

Ainsi se déterminent, par la détermination de la portée universelle du mot « physionomie », le sujet et le but de ce travail. Si nos observations et notre analyse répondent à nos intentions et à nos espérances, nous serons autorisé à en conclure que :

A riiarinonie cl. à la fjénéralité des lois qui régissent les formes et les mouvements dans tous les êtres, coirespond une analogie de signes et

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