OISEAUX
L'oiseau est un animal à sang chaud et à respiration double ; chez lui l'intérieur des poumons communique par des conduits qui vont porter dans toutes les parties du corps, même dans les os, l'air respirable ; cet air entre en contact avec le sang et lui abandonne de l'oxygène. Cette opération développe de la chaleur, de sorte que le -corps est échauffé à la fois dans toutes ses parties, à la différence des mammifères, oîi la respiration n'a lieu que dans les poumons et oii le foyer de la chaleur est par conséquent concentré dans ces organes. On peut donc comparer le corps des oiseaux à un appartement chauffé par un calorifère, tandis que celui des autres animaux ne serait chauffé que par un poêle. Le premier effet de cette température élevée du corps est de le rendre plus léger, puisque les gaz et notamment l'air, qui le pénètrent, étant plus chauds, sont moins denses.
Cette grande quantité d'air, ainsi répandue dans toute la substance du corps^ l'allège par elle-même, puisque tout l'espace que cet air occupe serait rempli, à défaut d'air, par des liquides ou des solides, comme il en est pour les mammifères : le corps forme ainsi une espèce d'épongé imbibée d'air, sans parler d'une enveloppe d'air chaud que les plumes, grâce à leur disposition feutrée, maintiennent autour du corps de l'oiseau.
Cette chaleur du sang, cette circulation et cette respiration accélérées, sont à la fois la cause et l'effet de l'activité extrême de l'oiseau, puisque si ses mouvements les accélèrent, la respiration et la circulation à leur tour activent ces mêmes mouvements. Or ces mouvements fréquents et rapides sont une condition essentielle de sa vie, car, de tous les modes de locomotion, le vol est celui qui exige la plus grande force et la plus grande vitesse et qui ne permet aucun temps de repos.
Toute l'organisation physiologique de l'oiseau est donc calculée pour les ailes. On peut ajouter que la charpente du squelette est agencée uniquement pour fournir des points d'appui aux leviers musculaires et osseux qui doivent manœuvrer ces ailes. Aussi le corps est-il une carcasse rigide, inflexible, où tous les os soudés ne permettent aucune articulation : il ne s'y produit aucun de ces mouvements, de ces palpitations des flancs et de la poitrine, qui chez les mammifères donnent lieu a des expressions si pathétiques.
Les pattes mêmes, excepté chez les rapaces et les grimpeurs^ ne sont guère que des supports^ se contractant automatiquement lorsque l'animal se pose, et d'ailleurs elles se réduisent à mesure que les ailes se développent, jusqu'à devenir presque nulles chez le martinet, la frégate, le milan de la Caroline.
La masse du corps étant ainsi immobile et l'action des pattes, plus ou moins limitée, toute l'activité de l'oiseau, en dehors du vol, se concentre dans les mouvements de la tête et de la queue. Les deux parties varient également en grandeur et en activité, depuis la queue, si longue et si mobile du paon, jusqu'à celle delà caille, qui est à peine marquée et reste toujours inerte ; depuis le cou du moineau, qui n'a que neuf vertèbres, jusqu'à celui du cygne, qui en a vingt-trois : mais dans tous les oiseaux sans exception
c'est la tête qui est l'instrument principal de la vie, et à cet effet son articulation avec la première vertèbre du cou se fait par un seul condyle demi sphérique, ce qui lui donne une mobilité extrême. Il suffit d'observer une poule, un pigeon, par exemple, pour voir qu'à chacun de leurs mouvements leur tête semble sautiller au bout de leur cou.
Cette tête, si importante pour la nourriture et la défense de l'animal, est abaissée au point de vue de l'expression. D'abord elle est petite comparativement au corps, ce qui, dans tous les animaux indique peu d'intelligence; le crâne est exigu; la face ne consiste pour ainsi dire qu'en un bec et des mâchoires ; le nez et les lèvres sont remplacés par le cornet rigide du bec ; il n'y a pas d'oreille externe.
Les pattes sont des tubes osseux terminés par des espèces de pinces : elles ne prennent d'indépendance et d'activité que chez les rapaces et les grimpeurs, et sont couvertes d'écailîes qui en augmentent la raideur et l'insensibilité.
Mais ce qui contribue encore à effacer la physionomie de l'oiseau, ce sont ses ailes. Au repos, elles se confondent avec la masse du corps, et nous sommes tellement habitués à voir des membres à côté d'une tête, que l'animal semble mutilé ; cet effet est très sensible surtout chez les oiseaux à grosse tête comme le perroquet ou à long bec comme le corbeau, qui restent longtemps immobiles. Lorsqu'au contraire l'oiseau vole, sa tête se renfonce, ses pattes se couchent en arrière, et on ne voit plus que deux ailes et une queue.
La forme des oiseaux est ovoïdale, tendant un peu au prisme chez les rapaces et chez certains grands échassiers. Sauf dans ces espèces supérieures, la tendance générale à l'ovoïde ne laisse que peu de place à la diversité des parties, et le plumage, par l'épaisseur de la couche dont il enveloppe tout le corps, augmente encore l'uniformité des contours et la continuité des masses. Par la même raison les oiseaux se distinguent beaucoup moins les uns des autres que les mammifères; ils se distingueraient moins encore sans la variété de leur plumage.
Nous n'avons pas à revenir sur ce que nous avons dit h propos des couleurs dans les animaux; les oiseaux présentent l'énigme
dans tout son éclat, mais un éclat qui nous aveugle, car il est impossible de se rendre compte, de près ou de loin, de leur coloration si variée. Au milieu de cet éblouissement on ne voit qu'un groupe, celui des rapaces, qui offre une certaine homogénéité dans les couleurs, car ainsi que nous l'avons rappelé précédemment, leur plumage ne présente d'autres nuances que le blanc, le noir et le roux, soit seuls soit mélangés, et jamais aucune des couleurs du prisme.
Le système nerveux des oiseaux est beaucoup moins actif que celui des mammifères. Le tact et le goût existent à peine chez eux, leurs pattes étant couvertes d'écaillés, et leur langue, sauf dans les perroquets, ne consistant guère qu'en un cartilage plus ou moins aigu. Ils n'ont pas d'oreille externe, l'ouïe, par conséquent, n'est pas fort développée.
Mais la vue est extraordinairement organisée chez eux, la rétine présente des dispositions toutes particulières, et ils ont une troisième paupière qui se tend ou se détend latéralement sur l'œil pour modiiîer la vision. On conçoit que ces êtres, qui nagent dans l'air à de grandes hauteurs au-dessus du sol, n'auraient pu vivre sans cette faculté de voir à distance les insectes qu'ils vont poursuivre dans l'espace ou la proie qu'ils cherchent à découvrir de loin en s'élevant dans l'air.
De tout cet ensemble de traits et de caractères il résulte que l'oiseau a par lui-même très peu d'expression, et que toute sa physionomie est dans ses mouvements. Seuls certains rapaces ont quelque chose de plus dans les traits de la tête, par suite des détails que nous analyserons tout à i'iieure.
Sous le rapport de la grandeur, rappelons que cet ordre présente des écarts aussi considérables que ceux d'entre les mammifères, puisque l'échelle du minimum au maximum va du plus petit des oiseaux-mouches, qui est gros comme une abeille, à l'autruche, qui a près de trois mètres de hauteur.
Enfin, pour en achever la comparaison avec les mammifères, les oiseaux présentent de même des nuances de style en rapport avec leur régime, et il y a dans les formes de certaines espèces une ressemblance vague avec ce qu'ils mangent. Les insectivores, par exemple, ont des formes plus fines, et le bec surtout est
aigu et délicat ; les granivores ont un bec busqué non moins caractéristique. Nous montrerons en leur lieu les analogies qui nous semblent se marquer avec assez d'apparence entre les rapaces et les carnassiers, entre les rongeurs et les passei^eaux, entre les échassiers et les kanguroos, entre les plongeurs et les amphibies.
Comme parmi les mammifères, on trouve parmi les oiseaux ces singuliers déclassements par lesquels certaines espèces semblent sortir des conditions de leur organisation: il y a des oiseaux nageurs, plongeurs, grimpeurs, et d'autres qui ne volent pas, au point que chez quelques-uns d'entre eux, comme l'aptéryx et le manchot, les ailes viennent à disparaître presque complètement. La seule chose qui ne change jamais chez les oiseaux, c'est la nature du tégument: tous ont le corps couvert de plumes.
La voix enfin est une des facultés les plus caractéristiques de l'oiseau. Dans la plupart des espèces, le cri est mieux articulé que chez les mammifères, mais chez quelques-uns comme les oiseaux chanteurs, la voix est musicale, c'est-à-dire qu'elle reproduit, dans un ordre et avec des intervalles musicaux réguliers, des séries de notes qui constituent un véritable chant. C'est là, au point de vue de l'expression auditive', un privilège exclusif aux oiseaux, et si on ne peut pas le considérer positivement comme un rapport direct entre eux et nous, il faut en tout cas y reconnaître une communication naturelle analogue à l'impression mystérieuse que la voix des grands mammifères nous fait éprouver. Le chant de certains oiseaux comme le rossignol est si puissant, si émouvant, celui de certains autres comme la chouette ou le kamichi est si mélancolique ou si solennel, que nous ne pouvons les entendre sans nous sentir saisis d'une émotion profonde.
Nous allons passer en revue les principaux types des oiseaux, en suivant la classification de Cuvier, qui s'accorde pour nous avec celle de leurs divers caractères d'expression, réserve faite des écarts qui, dans cette classe de vertébrés comme dans toutes les autres, font parfois prendre à certains oiseaux les caractères d'une famille très différente de la leur.
• Rapacss. — Les rapaces sont les plus expressifs des oiseaux, parce qu'ils en sont les mieux organisés, les plus forts et les plus carnassiers. Dans les oiseaux comme dans les mammifères, le
régime Carnivore coïncide toujours avec une organisation et unp intelligence supérieures ; pour le rapace comme pour le carnassier, la vie est une chasse, tandis que pour les herbivores elle n'est qu'un repas.
Ces conditions de lutte et de poursuite imposées aux animaux de proie leur donnent à tous, quelle que soit leur place dans la série animale, une certaine analogie qui domine les différences de forme. Des nécessités de mécanique, des conditions de force et de pénétration, s'imposent à l'outillage indispensable pour saisir, retenir et déchirer la proie. Les membres à leur tour doivent être aptes à manœuvrer ces armes, et pour donner un point d'appui aux membres, le corps prend une forme appropriée.
C'est ainsi que, malgré l'immense différence entre un rapace et un carnassier, nous pouvons saisir du premier coup d'œil une analogie évidente entre le bec des rapaces et la dent des carnassiers, entre la forme des serres de l'aigle et celle des griffes du lion. La grosseur des pattes, la force du bec, le développement du crâne, la vivacité du regard, et la disposition particulière des narines, ouvertes largement dans une membrane qui couvre toutti la surface du bec, enfin la forme busquée et sensiblement prismatique de leur dos, tout en eux indique la force. Plusieurs atteignent une taille considérable, et l'envergure de leurs ailes arrive à près de trois mètres. Leur vol est d'une telle puissance que certains d'entre eux peuvent enlever un agneau et même un lama; mais ce qui en tout cas est bien établi, c'est que le gypaète, lorsqu'il voit un mouton, une chèvre, un chamois, ou même un jeune veau, sur le bord d'un rocher escarpé, fond sur lui, le précipite, et s'abat ensuite sur l'animal pour le dévorer lorsqu'il s'est brisé dans sa chute.
Les rapaces se divisent en deux familles bien distinctes, les diurnes et les nocturnes.
Le vautour, le condor, le faucon, l'aigle, le milan de la Caroline, représentent, parmi les rapaces diurnes, des types particulièrement caractéristiques sous le rapport de l'expression.
Le vaidour. — Ce qui donne au vautour une physionomie tout à fait à part, c'est la nudité de sa tête et de son cou, que fait ressortir davantage la collerette hérissée dont il est entouré.
L'ANIMAL 4il
Le rengorgement de ce cou pelé donne encore plus de saillie au bec énorme qui forme à lui seul presque toute la figure de Foiseau, et l'absence de plumes sur le crâne laisse voir l'exiguïté de cette partie; de là résulte une expression de bestialité plus marquée, ce qui se produit toutes les fois que, chez un animal, la masse antérieure de la face prédomine sur celle du crâne. C'est ainsi qu'avec une tête peu différente de celle de l'aigle, le vautour se place en regard de l'aigle à peu près comme est le tigre en regard du lion ; on lui trouve un air de bassesse et de lâcheté, tandis qu'on a fait à l'aigle une dignité égale à celle du lion; au fond cependant l'aigle ressemblerait au vautour si on lui plumait la tête et le cou, de même que le lion ressemblerait au tigre si on lui retranchait sa crinière.
Le condor. — Le condor, qui n'est qu'un grand vautour, pourrait justifier cette réflexion, car tout vautour qu'il est, il a été choisi comme emblème national par les peuples de l'Amérique. Ses mœurs ne diffèrent cependant en rien de celles des vautours et des autres rapaces, mais il est d'une telle force et d'une telle grandeur, qu'on conçoit comment il a dû naturellement être pris comme une image de la puissance guerrière. C'est en effet le plus beau et le plus grand des oiseaux de proie^ et la noirceur de son plumage ajoute encore à ce que son aspect a de menaçant. Sa tête, quoique dépourvue de plumes, n'est pas hideuse comme celle du vautour ; elle est drapée de caroncules qui en augmentent le volume et donnent au cou plus de mouvement ; ces caroncules forment sur la gorge une sorte de jabot, et s'étalent sur le haut du front en un disque charnu.
Comparé aux autres oiseaux de la même famille, le condor est celui qui donne l'idée de la plus haute puissance oii s'élève, dans un oiseau, l'expression de la force et de la férocité. C'est le lion de l'ornithologie.
L'aigle. — L'aigle, bien des siècles avant le condor, avait été pris par les hommes comme emblème du pouvoir,' puisque son iniage servait d'étendard aux légions romaines ; le Saint Empire, l'Autriche, la Russie, la France impériale, l'ont aussi fait figurer dans leur écusson ou à la hampe de leurs drapeaux. Lorsque l'on considère l'aspect et les mouvements de cet oiseau, on reconnaît
que sa physionomie est en effet très caractéristique, très particulière, et l'analyse de ses traits justifie le symbolisme que la majorité du genre humain, on peut le dire, s'est accordée de tout temps à lui reconnaître.
Outre que sa taille, sa couleur sombre et ses formes ^/igoureuses, annoncent chez lui, comme chez tous les rapaces, la force et la cruauté, sa tête se distingue de celle de ses congénères par une largeur beaucoup plus grande de la base du bec, par l'enfoncement de ses yeux, ombragés sous des espèces de sourcils qui donnent à la fois plus de vivacité à son regard et plus de modelé à sa tête. Cette largeur à la base isole le bec, en fait mieux ressortir la sailhe, et forme une espèce de face que les sourcils accentuent et développent encore. La tête a des mouvements brusques de côté ou en avant qui marquent la vigueur, la décision. La garniture de plumes qui cache une partie des serres les fait paraître plus puissantes. Enfin, lorsque, déployant ses ailes, l'aigle s'élève, plane dans l'espace, ou fond comme un trait du haut des airs, il y a dans sa figure, dans son ascension ou dans sa descente rapide, dans ses mouvements, tous les signes de force, de grandeur, de rapidité^ de majesté imposante, qui répondent dans l'esprit des hommes à l'idée du pouvoir suprême, et l'aigle semble vraiment un oiseau royal.
Le faucon. — Chez le faucon et les oiseaux du même type, la taille diminue beaucoup, le corps s'effile, le bec et les serres ont moins de force, les ailes sont moins larges, le vol est moins puissant. Destinés à chasser une proie plus légère et plus faible, ces oiseaux perdent en masse ce qu'ils gagnent en vitesse, et comme si la nature voulait marquer leur infériorité par un signe visible, leur couleur est moins foncée en général que celle des grands rapaces.
Le milan de la Caroline. — Une mention particulière est due au milan de la Caroline, parce que cet oiseau de proie présente dans ses formes le dernier terme de la tendance que nous venons de signaler. Il a les ailes et la queue tellement longues qu'il ne peut être comparé qu'à la frégate, qui est le plus surprenant des oiseaux sous ce rapport.
Le messager. — Le messager ou serpentaire offre une physio-
nomie encore plus à part : c'est un véritable écliassier quant à la longueur de ses jambes. Il se nourrit spécialement de serpents, et la longueur de son tarse lui permet de tenir ces animaux à distance sans avoir à redouter leur piqûre. Tous les autres oiseaux à longues pattes sont des échassiers, dont les mouvements sont toujours lents et mesurés: le messager, qui a du sang d'oiseau de proie dans les veines, marche au contraire vivement ; ses grandes enjambées^ sa tête haute, son bec recourbé, la plume détachée qu'il porte derrière l'oreille^ tout cela lui donne un air conquérant et agressif qu'on ne retrouve dans aucune autre espèce d'oiseaux.
Les rapaces nocturnes, — La chouette, le grand-duc, le hibou, par la grandeur de leurs yeux, par l'apparence arrondie de leur tête et les deux aigrettes qui s'y dressent, offrent une ressemblance extérieure saisissante avec les félins, et ils sont nocturnes aussi.
L'épaisseur du plumage de leur tête les rend tout à fait différents des autres oiseaux et les revêt d'un aspect de tristesse qui les a fait choisir comme emblème et comme présage de la mort; ils figurent, en compagnie du crapaud et de la chauvesouris, dans les scènes fantastiques dont notre imagination aime à peupler l'obscurité des nuits. La rondeur de leurs yeux, entourés d'une auréole rayonnante de plumes pâles, leur donne un regard étrange, parce qu'en effet, dans tout objet environné de lignes divergentes, l'expression, qu'on cherche naturellement vers le centre, se disperse dans toutes les directions. Leur couleur est terne et sombre, leur corps est ramassé ; nous ne les voyons guère que pendant le jour, et ils sont alors éblouis par -la lumière, immobiles, ahuris: tout cela en fait des volatiles fort laids, sinistres même; et puisqu'il fallait aux hommes une image vivante des idées funestes que leur inspirent la mort et la nuit, ils ne pouvaient rien choisir de mieux que ces vilaines bêtes, qui ne vivent que de sang et de ténèbres.
Passereaux. — L'ordre des passereaux comprend un nombre immense d'oiseaux de petite ou de moyenne taille depuis le corbeau jusqu'à l'oiseau-mouche. Us se distinguent très nettement des autres ordres par la conformation de leurs pattes, qui sont
courtes, grêles, presque toujours pourvues de trois doigts en avant et d'un quatrième en arrière, et dont les ongles sont faibles et peu courbés. Chez certains d'entre eux qui par exception vivent de proie vivante, le bec est crochu. Les autres sont granivores ou insectivores: dans le premier cas, leur bec est conique; dans le second cas, il est faible et grêle ou très élargi. Une seule espèce, le calao-rhinocéros, porte un bec énorme surmonté d'une espèce de corne en croissant.
C'est dans cet ordre que se trouvent la plupart des petits oiseaux tels que le moineau, le pinson, la mésange, la linotte, le rossignol, tous les becs-fins, et les colibris. La petitesse de leur corps, la finesse de leurs pattes et de leur bec, leur donnent un caractère d'élégance et de légèreté. Les insectivores sont les plus élégants de tous ; l'hirondelle en est un des types remarquables, par la longueur extraordinaire de ses ailes et de sa queue.
C'est parmi les oiseaux de cet ordre qu'on voit éclater le suprême éblouissement des couleurs. La plupart des oiseaux des tropiques, et à leur tête le cohbri, sont de véritables joyaux vivants. Ici, comme à l'aspect des couleurs splendides des papillons, des coquillages, la raison n'a rien à espérer qui lui découvre la cause de ce déploiement de magnificence, puisque les plus brillamment ornés des passereaux diffèrent à peine, par la taille et les conditions de vie, de leurs congénères les plus modestes et les plus obscurs.
A part le corbeau, le calao, la pie-grièche et la pie, qui sont presque carnassiers et dont la taille est d'ailleurs plus forte, ces oiseaux n'ont pas grande intelligence; leur vie s'agite dans un cercle étroit, leur vol n'est ni très élevé ni très soutenu sauf chez les hirondelles, et par conséquent leurs mouvements multipliés et toujours les mêmes n'ont pas d'autre expression que celle de la grâce légère et de la vivacité. Telles sont, au point de vue de la physionomie, les seules observations à retenir sur ces oiseaux. Par cet ensemble de caractères et par leur manière de vivre, ils représentent d'une manière frappante les rongeurs et les insectivores de la classe des mammifères.
Grimpeurs. — Bien que placés en zoologie après les passe-