‹ La physionomie et l'expression des sentimentsChapitre 127 sur 172 · ethnique · texte numérisé non relu

ethnique

Quand j'ai eu le bonheur de compter comme élèves quelques jeunes gens intelligents, qui suivaient les cours de philologie et de philosophie à l'Institut des études supérieures de Florence, je me suis efforcé d'aiguiser en eux l'esprit d'observation. Les naturalistes seuls exercent cette faculté, et pourtant tous ceux qui veulent étudier les phénomènes psychiques devraient chercher à la développer par une gymnastique régulière et rationnelle. Au lieu de cela, justement parce que ces phénomènes sont complexes et obscurs, on les abandonne aux divinations de l'empirisme, ou bien l'on prétend les atteindre avec les ailes d'Icare de la métaphysique.

Voici de quelle façon j'exerçais mes jeunes gens : Je mettais devant eux une bonne photographie d'homme ou de femme, et je les invitais à exprimer sur ce visage inconnu trois jugements : l'un esthétique, l'autre moral, et le troisième intellectuel. Je ne posais ni le problème de la santé, ni celui de la race, parce qu'une photographie ne fournit pour le premier que des données insuffisantes, et que le second exige une science ethnologique que mes jeunes gens ne pouvaient posséder. Après avoir recueilli les bulletins qui contenaient le triple verdict, je les discutais avec mes élèves en leur demandant les motifs de leurs jugements, puis je réunissais les chiffres et je préparais ma statistique. Pour que les jugements ne s'égarassent point, je n'admettais que trois formules de verdict : beau, laid et moyen pour l'esthétique ; bon, méchant et

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