‹ La physionomie et l'expression des sentimentsChapitre 126 sur 172 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

LE JUGEMENT PHYSIOLOGIQUE — LA BONNE MINE ET LA MAUVAISE — LES PHYSIONOMIES PATHOLOGIQUES

La face humaine est pour nous un tel champ d'observations que depuis l'enfance nous la considr'Tons comme l'objet le plus important de tout le monde animé qui nous entoure. On peut dire que le sauvage le plus primitif, le plus semblable au singe, étant après tout un animal sociable, sent le besoin de regarder en lace un autre sauvage pour lire sur son visage la menace ou l'amour, le désir ou la douleur. Nos enfants, dès l'âge le plus tendre, avant d'avoir reçu aucune éducation, acquièrent bien vite assez d'expérience pour interpréter le langage mimique d'une figure humaine ; ils ont en cela une perspicacité singulière et savent deviner nos désirs, notre mauvaise humeur, nos soupçons avant que nous les ayons exprimés par la parole. Cette expérience s'accroît d'année en année et finit par constituer chez chacun de nous un certain patrimoine physiognomonique qui, de l'interprétation inconsciente des faits les plus automatiques, s'élève par degrés jusqu'à l'examen le plus machiavélique des rides, des sourires et des larmes. C'est là la récolte brute d'où la science doit extraire les quelques grains mûrs et sains qui s'y cachent, en les séparant de toute la paille des divinations hasardées, des conjectures et de tout cet instinct obscur qui sait prossentip la vérité, sans pouvoir la traduire dans la forme nette et précise du langage.

Pour nous, après avoir regardé un visage humain, nous ne

saurions dire la couleur des yeux, la forme du menton ou la longueur du nez ; mais presque toujours nous pourrions formuler quelques jugements se rapportant à l'un des cinq grands problèmes que présente le visage d'un homme.

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