CRITERIUMS ANATOMIQUES ET MIMIQUES
cris; oculi cocrulci, fulvi; color candidus ; capilli plane moUiores, lougœ maDus, digiti longi, milis aspeclus ; supercilia coniuncta, modicus risus, frcns exporrecta, tempora modicc concava, caput in figuram mallei conformatum et hoc ^lUimum praestantissiinuin signum.
Hebeti viri figura. — Carnosum collum, carnosa bracbia, sicut et faciès, lumbi, costœ, pectus, mamillae, occipilum cavum aut rolundum, nec extans ullo modo, frons magna, carnosa; oculus pallidus, capriui aut aquili coloris, aspeclus bebes, etc.
Peu après Cardan, dans sa Metoposcopia (Paris, 1G58), a poussé jusqu'à l'absurde ses divinations lioroscopiques et astrologiques. (Voyez les lignes de Jupiter dans les pages 5*2 et 53 de son livre, fig.39et40).
Mgr Giovanni Ingegneri, évêque de Capo d'Istria, dit dans sa 101)16 des choses j^emarquables (Padoue 1626, page 61) : « Une tête petite par rapport au corps est signe d'une intelligence médiocre. »
Cela est très bien, mais il s'en ôte le mérite en ajoutant : « Une petite tête indique un homme colère et un homme ran- » cunier. »
Ces quelques exemples suffisent pour donner une idée des critériums dont se servaient les anciens physiognomonistes pour lire l'intelligence sur le visage humain. Arrivons maintenant à exposer les critériums véritablement scientifiques.
Les expériences que j'ai faites et que j'ai racontées plus haut seraient décourageantes si l'on oubliait qu'il s'agissait de portraits et non de figures vivantes.
Pour la beauté, les critériums sont presque tous anatomiques ; pour la valeur morale ils sont presque tous mimiques; mais pour exprimer la valeur intellectuelle, ils sont à la fois anatomiques et mimiques, et il n'est pas possible de déterminer exactement quelle part a dans nos jugements chacun de ces deux groupes de critériums. Il me semble pourtant qu'en général les critériums anatomiques indiquent avec précision les différences capitales, tandis que les éléments mimiques signalent les différences légères et la tournure diverse de l'esprit cliez des hommes appartenant à une même race. Niccotini (dont je possède le masque ne peut, même mort, être confondu avec un nègre ni même avec un homme vulgaire ; mais tous ceux qui visitent mon musée et à qui je montre le masque de Mazzini me demandent si c'est un saint.
Les caractères analomiques qui nous servent à évaluer l'intelligence probable d'un liommo d'après l'examen de son visage sont tous tirés du dévelo[ipomcut relatif de la face et du
DE LA VALEUR INTELLECTUELLE D'UiNE PHYSIONOMIE
crâne, soit qu'on cube, à vue d'œil, le volume du cerveau, soit que l'on cherche, en mesurant grossièrement certains angles, à déterminer la projection de la face sur le crâne.
Bien des siècles avant qu'on eût créé la crâniologie, les artistes grecs, ces grands observateurs, avaient donné à Minerve et à Jupiter une forte tête, un front spacieux, une face si orthogonale que quelquefois l'angle facial surplombe et dépasse 90<*. Ils faisaient, au contraire, du satyre un microcéphale avec le front étroit et fuyant, et des mâchoires grosses et saillantes. Aujourd'hui encore, la foule appelle stupide une tête humaine qui présente beaucoup de caractères simiesques. Regardez une tête de chimpanzé, vous verrez combien il y a d'idiots qui y ressemblent, et rappelez-vous combien vous répugnent un nez écrasé, deux oreilles énormes, un front étroit et fuyant, caractères qui tous appartiennent au singe.
Quelques caractères anatomiques, sans avoir de rapport direct avec la capacité du crâne ou avec sa situation relativement à la face, sont pourtant, par suite de l'harmonie morphologique, des signes d'un rang inférieur dans la hiérarchie intellectuelle. Aucune raca élevée n'a le crâne très petit ni les oreilles très grandes, ni le nez écrasé, ni le menton fuyant; et quand nous rencontrons ces caractères sur le visage d'un homme de notre race, nous sommes invinciblement portés à le considérer comme peu intelligent, peut-être comme idiot, même avant qu'il ait ouvert la bouche, ou accompli devant nous quelque acte psychique permettant de le juger.
Le tableau suivant résume l'état actuel de la science relativement à la valeur des caractères anatomiques pris pour guides dans la détermination de la place d'un visage humain dans la hiérarchie intellectuelle.