‹ La physionomie et l'expression des sentimentsChapitre 43 sur 172 · MORPHOLOGIE COMPARÉE DU VISAGE HUMAIN · texte numérisé non relu

MORPHOLOGIE COMPARÉE DU VISAGE HUMAIN

On écrira des volumes sur le beau en général et sur le beau humain en particulier tant que l'homme foulera cette planète, et l'on fondera des écoles d'esthétique qui changeront plus d'une fois d'étiquette. J'écrirai aussi mon volume qui pourra rester vox clainans in deserlo^ si mon opinion ne représente que mes vœux et ma pensée, ou qui, dans le cas le plus favorable, pourra être considéré comme l'expression d'un temps et d'une nation.

En attendant, qu'il me soit permis de tracer, à la façon des mages, un triangle qui, à mon sens, renferme toute la casuistique esthétique. Pour moi, ce grand problème est circonscrit par ces trois définitions sublimes qui émanent de trois génies, non seulement divers, mais opposés :

Le beau est la S])lendeur du vrai. Platon. Le beau pour le crapaud c'est sa crajcaude. Voltaire. La beauté pliy si qiœ .. . n'est-elle pas soumise aux caprices des sens, du climat et de l'opinion ? Mirabeau.

Dans le beau, nous cherchons le type de la perfection, le type de toute chose, le prototype de tout type. Le papillon est beau quand il réunit la légèreté idéale à la splendeur éclatante et nuancée des formes propres à cet insecte; le lion fauve est beau dans sa force avec sa crinière poudreuse; l'homme est beau plus que toute créature vivante, parce que, placé au sommet de l'animalité, il unit les formes les plus élégantes aux plus puissantes manifestations d la vie; il est beau surtout pour nous parce que nous l'entourons d'une sympathie sans bornes et qu : la beauté se multiplie à l'infini, quand un grand nombre de besoins intellectuels sont satisfaits à la fois.

Il y a un beau humain, un beau sexuel, un beau pour chaque âge, pour chaque race, pour chaque famille, pour chaque individu. On croit trop facilement, en paraphrasant la spirituelle définition de Voltaire, que la femme blanche est pour nous la plus belle parce que nous sommes blancs, et qu'en revanche pour le nègre, rien n'est plus beau que sa compagne charnue aux lèvres épaisses. Cela n'est pas exact, au moins en ce qui concerne les nègres et les Américains du sud ; si entre la négresse et l'indienne ils préfèrent celle qui se rapproche le plus du type de leur race, je puis affirmer que, lorsqu'ils ont à choisir entre une belle blanche et une belle négresse ou une beUe indienne, ils donnent sans hésiter la préférence à la première.

Mancilla rapporte dans son voyage militaire à travers

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la pampa argentine le dialogue suivant qu'il a eu avec un Eanquele * :

— Qu'aimes-tii mieux, une china ou une chrétienne ?

— Une chrétienne.

— iY pourquoi ?

— La chrétienne est plus blanche, plus grande ; elle a la peau plus fine, elle est plus gracieuse.

Je crois fermement à un type de beauté humaine, supérieur à tous les types secondaires de beauté mongole, américaine, nègre, etc. Je trouve toujours, lorsqu'un homme de race inférieure est exceptionnellement beau, qu'il se rapproche de notre type aryen. On peut le constater chez les femmes japonaises et chez les Cafres.

Le sexe apporte un élément si perturbateur dans la morphologie humaine, qu'il y a deux types de beauté, l'un pour 1 homme, l'autre pour la femme, et que dans la même race le mâie et la femelle ne sont pas toujours également beaux. Il semble que le type spécial de chaque race se prête mieux, tantôt à la beauté masculine, tantôt à la beauté féminine. Ainsi, en Italie, les hommes sont plus beaux que les femmes ; le contraire se remarque en Espagne. Toutes les fois que la femme i)rend un aspect viril, elle devient laide.

Parmi les nations que je connais, je citerai comme ayant les plus belles femmes les Espagnols et les Anglais ; quant à celles que je ne connais que sur le rapport d'autrui, je rappellerai la réputation de beauté des Géorgiennes et des Circassiennes.

Nous trouvons d'admirables spécimens de beauté masculine en Italie, en Angleterre et en Orient.

Les femmes tongouses sont peut-être les plus horribles de toutes. Chez beaucoup d'entre elles, les rrâchoires occupent la plus grande p-Ttie du visage, et les yeux ne sont que des fentes longues et étroites à travers lesquelles on aperçoit deux petits globes noirs sans expression.

Les hommes les plus laids sont les Australiens, les Mocovis de la république Argentine, que j'ai visités plusieurs fois, les habitants de Fetz.

Toutes les races ont le sentiment de la fraternité humaine. Tout homme né sous le soleil a le même tourment de Vexcelsior. On en voit la preuve dans la répugnance que beaucoup

1. LuGio V. Mancilla, Una escnrsion a ios Judios Hjtifjueles, Leipzig, Brockaus, 1877, vol. II, p. 277,

Mantkgazza. 5

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