‹ La Physiothérapie des Arthrites GonococciquesChapitre 17 sur 45 · PEUT. CRE · texte numérisé non relu

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eu aussi recours aux bains chargés d'émanation à la dose de 10.000 à 30.000 millimicrocuries (la balnéation agissant surtout d’ailleurs comme mode d’inhalation) et aux pommades radioactives, dont nous avons déjà parlé.

Actuellement, le procédé de choix parait être l’injection hypodermique loco dolenti de radon et surtout de ithoron. Strassburger, Jeatser et Wasener, Happel, etc., injectent des solutions huileuses. Le procédé Vaugeois utilise l’air ou l’oxygène comme vecteur. Le tube générateur de radon ou de thoron est relié d’une part à un oxygénateur ou a une souffllerie de Richardson à débit courant et d’autre part à une aiguille pour injection hypodermique. On injecte habituellement 500 à 1.000 millimicrocuries à chaque séance. En général, on pratique une séance tous les deux jours.

Si les injections sont mal supportées par le malade, on peut aussi introduire l’oxyradon ou l’oxythoron par insufflation rectale qui offre l’avantage d’une application facile et indolore.

Résultats et indications. — Dans l’ensemble, les résultats publiés sont favorables à la méthode tout au moins avec la technique des injections sous-cutanées. D’après Simone Laborde, cependant, les inhalations se sont montrées efficaces dans quelques formes chroniques. Par contre, Gudzent avec les inhalations, Van Noorden avec cures combinées d’inhalation et de boisson disent n’avoir pas eu d'amélioration sensible.

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Tout le monde est, il est vrai, d'accord pour affirmer que les rhumatismes infectieux réagissent moins favorablement que les autres à l’émranothérapie, maïs, parmi les rhumatismes infectieux, « les arthropathies blennorragiques sont les plus influencables, surtout avec le thoron » (Gasquet, Godin, Sourdeau), si comme le recommandent ces auteurs on utilise la méthode des injections hypodermiques périarticulaires. Dausset, Massina, Brace-Gillot sont du même avis : ils ont même obtenu des guérisons ou des améliorations dans des cas où le thorium X avait échoué. Chérigié et Ledinh-Thi ont eu aussi des guérisons, parfois très belles, par des injections d’oxyradon, sur des malades traités dans le service de De- Jherm à la Pitié.

Toutes les observations publiées portent sur des cas subaigus ou chroniques, souvent même laissés pour compte de la médecine.

L'amélioration porte principalement sur l’élément douleur. Celle-ci cède généralement dans les cas favorables vers la 6° ou la 8° piqûre. Puis le gonflement disparaît et la liberté des mouvements revient plus ou moins grande. L’amélioration est parfois plus longue à se manifester, mais les échecs complets sont rares.

En tout cas, on n’a jamais observé d'accidents ni même d'incidents avec les doses moyennes actuellement employées en France. On note seulement parfois une légère « réaction de cure », quand le processus inflammatoire n’est pas tout à fait éteint.

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Le thoron semble même avoir une excellente action sur l’état général quand il est déficient (Massina). À petites doses, il exerce en effet une action hyperglobulisante indubitable qui le fait employer dans les anémies.

« Les seules contre-indications formelles sont limitées au cancer et à la tuberculose pulmonaire évolutive, à cause de la tendance aux hémoptysies, résultant des propriétés hémoptoïques de la radioctivité. Quand la tendance aux hématuries se manifeste, Ia contre-indication s'étend aussi à la lithiase rénale ; elle comprend encore les cardiopathie avec asystolie. » (Gasquet, Godin et Sourdeau.)

En conclusion, l’émanothérapie par injections sous-cutanées « loco dolenti » d’oxyradon et surtout d’oxythoron parait constituer l’une des meilleures facon de pratiquer la curiethérapie interne des arthrites blennorragiques : à une innocuité absolue, elle joint une grande commodité d'application et une activité remarquable, supérieure parfois à celle du thorium X : nous la préférons donc à ce dernier.

ELECTROTHERAPIE

A l’époque où la radiothérapie était encore inconnue ou inutilisée, l’électrothérapie a tenu la première place dans le traitement physiothérapique des arthrites gonococciques, ou de leurs séquelles.

Actuellement, elle jouit encore d’une faveur méritée que lui vaut l’efficacité d’agents anciennement connus, comme les courants galvanique et faradique et d’autres, plus récents, les courants de haute-fréquence.

A GALVANISATION SIMPLE

Remack, puis Cleaves et Sudnick (1891) ont été les promoteurs du traitement du rhumatisme articulaire aigu par la galvanisation.

Mais c’est Delherm, alors interne de Mathieu, qui le premier eut l’idée d’appliquer le courant galvanique aux arthrites blennorragiques et en précisa les modalités d'application (1901).

Par la suite, Laquerrière, Vignoux, Chauffour, Petit, etc., reprirent la méthode de Delherm et publièrent leurs résultats, tous favorables dans l’ensemble.

Si d’autres thérapeutiques jouissent actuellement d’une plus grande vogue, dans bien des cas que nous préciserons la galvanisation — ne serait-ce que par sa simplicité même d’application — mérite encore d’être employée.

a) Mode d'action. — Le courant galvanique, quoi- . Que ayant certaines propriétés microbicides (à forte intensité et surtout au pôle positif) ne peut être envisagé comme spécifique des arthrites gonococciques. Les bons effets qu'on en retire, en particulier la diminution des œdèmes et des stases circulatoires, seni-

blent dus au brassage des ions dans la région interpolaire. Le corp humain peut en effet être considéré schématiquement comme un électrolyte complexe, formé d’une solution de chlorure de sodium répartie dans les cellules, séparées les unes des autres par des membranes poreuses. Sous l’influence du courant électrique les cellules perdent d’un côté un ion sodium et de l’autre un ion chlore, maïs ces ions sont remplacés immédiatement par d’autres ions venant des cellules voisines : il y a donc une sorte de brassage des éléments chimiques cellulaires, sans modification finale du milieu.

Pour expliquer l'effet analgésique on invoque l’influence des ions électrolytiques qui se dégagent aux électrodes et surtout l’action sur l’inflammation de la névroglie qui, augmentant de volume, et comprimant les nerfs, provoquerait la douleur.

b) Technique.— Delherm utilisait d’abord les électrodes en terre glaise d’Apostoli (1882). Ces électrodes étaient idéales parce qu’elles se moulaient parfaitement sur les tissus, condition nécessaire pour que le malade puisse supporter les hautes intensités préconisées par l’auteur. Mais ces électrodes étaient sales, froides et il fallait les refaire tous les jours.

Actuellement Delherm et Laquerrière, dans leur traité d’électrologie, préconisent le procédé suivant :

« On dispose préalablement de petites lames de coton hydrophile mouillé de telle sorte que les premières comblent d’abord les creux, puis que les suivantes recouvrent toute la région à traiter, et c’est au-

dessus de ce matelas qui réalise une pression uniforme sur les convexités et les concavités, qu’on pose l’électrode. Celle-ci n’a alors qu’à être modérément appliquée soit par des lacs, soit par un sac de sable léger pour que le contact soit bon en tout point. »

On place donc une électrode de chaque côté de articulation et on fait passer l’intensité la plus forte possible: 40, 60 M.A. 6

Les séances doivent être longues : 3/4 d’heure, une heure, et répétées tous les jours, ou même deux fois par jour.

c) Résultats et indications.— Delherm applique sa méthode à toutes les formes d’arthrites blennorragiques aiguées sauf aux cas d’arthrites suppurées. Il insiste pour qu'on commence le traitement le plus précocement possible, dès que le médecin voit le malade, même s’il y a un gros mouvement inflammatoire et fébrile.

Delherm obtient avec sa méthode la disparition de la douleur dès les premières applications. L’œdème diminue peu à peu pour disparaître au bout de 8 à 10 séances. La mobilisation — prudente — peut être tentée dès la deuxième ou troisième séance, grâce à Patténuation de la douleur et du gonflement.

Finalement « 20 ou 25 jours après le début du traitement le malade peut reprendre son travail, ayant récupéré toute l'amplitude physiologique de ses mouvements ».

« Les résultats que nous venons de décrire », disent encore Delherm et Laquerrière, « sont ceux

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