‹ La Physiothérapie des Arthrites GonococciquesChapitre 16 sur 45 · NOT · texte numérisé non relu

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tions sous-cutanées hebdomadaires de 100 microgrammes : (une injection suffit souvent », dit cet auteur, «je n’en ai jamais fait plus de trois. Peut-être même, si à la troisième le bénéfice n’est pas acquis, est-il vain de le poursuivre ». Heitz-Boyer, Marsan et Tissot pratiquent des injections intraveineuses hebdomadaires à doses croissantes : 100 microgrammes, puis 150, puis 200. Contrairement à l’avis d’Aversencq, ils continuent dans les cas rebelles à raison de 200 micros par semaine, renouvelés 7 à 8 fois. Si au bout de ce temps le résultat n’est pas obtenu, ils reprennent après un mois de repos.

Tous ces auteurs n’ont employé le thorium X que dans les cas chroniques, les cas aigus constituant une contre-indication, dans la crainte d’accidents infectieux graves, par exaltation microbienne. Cependant, depuis 1932, Felix Marsan traite par les injections intraveineuses de thorium X les cas aigus ou subaïigus.

Les résultats publiés sont dans l’ensemble favorables à la méthode des injections de thorium X dans l'arthrite blennorragique. Aversenq donne les observations de cinq malades guéris ou très améliorés après échec de traitements divers, en particulier vaccinothérapie et mésothoriumthérapie. Heïtz-Boyer, Marsan et Tissot (1930) disent avoir traité 50 malades par le thorium X. Ils ont toujours obtenu « des résultats satisfaisants, parfois incomplets, le plus souvent complets même dans les formes qui semblaient vouées à une ankylose définitive et après échec d’autres méthodes. Léri a eu aussi de beaux résultats, mais (néanmoins »,

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dit-il, « les rhüumatismes infectieux nous ont paru, dans l’ensemble, sensiblement moins influencés que les rhumatismes dits diathésiques ».

Quant le traitement réussi, on constate assez rapidement la diminution puis la disparition des douleurs. On note parfois une petite réaction douloureuse du côté des articulations malades, à la suite des premières injections. Léri considère cette réaction à distance comme plutôt favorable. Bien entendu, il n’y a aucune action sur les déformations osseuses. Cependant, par suite de l’atténuation des douleurs et de la contracture réflexe, la mobilisation peut être tentée et on peut récupérer une certaine mobilité ; parfois même la guérison fonctionnelle peut être complète.

Léri dit n’avoir jamais eu d'accident avec les doses moyennes qu’il emploie. Marsan est du même avis : il n’a jamais vu d’accident.

Cependant d’autres auteurs, en France ou à l'étranger, ont reproché au thorium X de provoquer des états anémiques parfois graves, avec pigmentation brune de la peau. Laignel-Lavastine et George (1928) et Aubertin ont rapporté deux cas d’anémie pernicieuse mortelle survenus après des traitements prolongés. On a aussi signalé des brûlures graves au point d'injection et des diarrhées hémorragiques.

En réalité, ces accidents sont rares maintenant qu’on n’emploie plus des doses aussi fortes qu’au début. 11 n’en reste pas moins que le thorium X « doit être manié avec la plus grande prudence » (Simone Laborde), et qu’il y a contre-indication formelle à son

Lee à LME

emploi chez les sujets atteints d’une maladie hémorragique et chez ceux dont la résistance globulaire est diminuée. |

En conclusion, ces réserves étant faites, nous croyons que le traitement par le thorium X, — par suite de son action analgésique qui est indiscutable et de son action indirecte sur la mobilité articulaire, — mérite d’être employé dans de nombreux cas d’arthrite blennorragique chronique plus particulièrement peut-être dans les cas de spondylose. Quant aux cas aigus, ils ne nous semblent justiciables des injections de thorium X qu’à défaut des irradiations externes par les rayons X ou gamma.

4° EMANATIONS. — Depuis la plus haute antiquité, on a fait de l’'émanothérapie — sans s’en douter jusqu’à J.-J. Thomson, Curie et Labôrde — en utilisant les sources thermominérales. C’est en effet en partie à l’émanation du radium en dissolution dans la plupart de ces eaux que doivent être rapportés « leur dynamisme et le potentiel qu’elles dégagent ». (Lan- -douzy.)

Il s’agit la d’une émanothérapie naturelle que nous envisagerons plus en détail au chapitre des eaux minérales.

Nous ne nous occuperons ici que de l’émanothérapie artificielle « qui a pour objet l’utilisation exclusive, de la radioactivité, et cela en quantités dosées et généralement supérieures à celles de Ja teneur des eaux minérales naturelles ». (Zimmern.)

Les émanations radioactives constituent le premier stade de désintégration du radium, du thorium X et de l’actinium X. Elles prennent le nom de radon, thoron, et actinon. Seuls le radon et le thoron sont utilisés en thérapeutique. Ces émanations se désintègrent elles-mêmes en une série de corps, radiums ou thoriums A, B, C, D... avec émission des 3 sortes de rayonnements : Alpha, beta et gamma, dans les proportions que nous avons déjà indiquées.

Le radon a une période de demi transformation de 3 jours et 20 heures et le produit actif solide auquel il donne naissance se désintègre rapidement (de moitié en 40 minutes).

Le thoron a une durée éphémère : il se désintègre de moitié en 54 secondes avec production d’un dépôt actif solide à destruction lente (de moitié en près de 11 heures).

Les émanations du radium et du thorium sont des gaz inertes, dénués de propriétés chimiques ; elles ne peuvent donc pas se combiner avec d’autres corps dans l’organisme, ni former de composé insoluble. Par contre, les émanations sont solubles dans différents liquides: eau, sang, humeurs, etc. et surtout dans les lipides.

Si on conserve un fragment de radium en vase clos, l'émanation s’y accumule en même temps qu’elle se désagrège. Au bout de 30 jours environ, ces deux processus parviennent à s’égaler, déterminant un état d'équilibre entre l’émanation et son générateur et ses descendants. On appelle 1 curie la quantité d’émana-

tion en équilibre avec 1 gramme de radium. Cette unité comporte des sous-multiples : millicurie, microcurie et millimicrocurie.

Les émanations du radium et du thorium s’absorbent par voies gastro-intestinale (ingestion), pulmonaire (inhalation), sous-cutanée, intra-organique et cutanée (ce dernier ‘mode d’absorption est très peu important).

Introduites dans l'organisme, les émanations se dissolvent dans le sang et sont disséminées ainsi dans tout l'organisme où elles agissent par leur rayonnement alpha et par radioactivité induite. Il est à noter que le thoron possède une affinité particulière pour la moelle osseuse et l’appareil Iymphopoïétique.

L’élimination est rapide et se fait surtout par les poumons (Falta). D’après Markl, l'élimination serait quasi-totale 2 heures après l’ingestiof et 4 heures après l'inhalation. Si l'organisme a absorbé de fortes doses d'émanation, il y a élimination par les urines (1/4.000 de l'élimination pulmonaire d’après Laqueur) et aussi par la peau, la sueur, la salive, en très faibles proportions.

Quant aux produits de désintégration qui constituent le dépôt actif, ils sont éliminés beaucoup plus lentement et prolongent l’action de l’émanation, mais « leur quantité pondérable est si faible qu’on doit la tenir pratiquement pour négligeable ». (Zimmern.)

Technique d'application. — « C’est à l’état dissous », dit d’Arsonval (Académie des Sciences, séance du 13 juin 1932) « que les sels de radium laissent dé-

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gager le plus complètement l’émanation ou radon (M. et Mme Curie).

Mais cette extraction du radon d’une source liquide nécessite un appareillage complexe d’un maniement trop délicat en dehors du laboratoire. C’est la raison qui a empêché la radonthérapie de se répandre malgré les beaux résultats cliniques obtenus, Les praticiens n’ont ni le temps, ni les connaissances voulues pour se livrer à ces manipulations spéciales,

Il y avait donc intérêt, pour les applications médicales, à trouver une source d’émanation plus simple.

C'est à résoudre ce problème que s’est attaché, en 1925, sur mes instigations, un de mes assistants M. Georges Vaugeois.

A la solution radifère, classique depuis Curie, Veaugeois a substitué une source émanogène solide de très faible volume (donc transportable) ne nécessitant aucune manipulation. Cette source s’adapte avec la plus grande facilité à toute une série d’accessoires qui permettent de charger d’émanation les solides, les liquides et les gazs les plus divers, en vue de leur application thérapeutique. »

Dans le traitement du rhumatisme blennorragique qui seul nous intéresse, on a tout d’abord utilisé les inhalations d’émanation diluée dans un gaz vecteur (air ou oxygène) à raison de 20 à 250 millimicrocuries par litre et l’ingestion de solutions de radon titrant de 300 à 1.000 millimicrocuries, qui doivent être absorhbées en trois fois à l’issue des repas, On a

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