CHAPITRE XXIII
331. Le pistokt de Vol ta, qui ne semble qu'un Eadioméire jeu, est devenu, entre les mains de ce physicien, un instrument très-important et très-employé, connu sous le nom ^eudiomètre, et qui sert à analyser les gaz. Nous donnons, ci-contre, la figure du plus simple des eudiomètres. C'est un gros tube à parois très-épaisses et très-résistantes, fermé à sa partie supérieure par un bouchon de cuivre que traverse une tige, terminée à ses deux extrémités par des boules j, a, A l'intérieur, et à une petite distance de la boule a, se trouve une autre boule by tenue là par un fil de cuivre en hélice qu'on introduit dans l'eudiomètre, et qui s'y tient par sa pression élastique contre les paroig. Supposons le tube rempli d'eau, et posé debout suria planche d'une cuve hydro-pneumatique. Si on y fait passer un mélange de gaz oxygène et hydrogène, ce mélange remplacera l'eau; et lorsqu'on donnera une étincelle à la boule j, une autre éclatera en même temps entre les deux petites boules a^ byk travers le mélange gazeux , et produira comme ci-dessus la combinaison ; alors l'eau de la cuve remontera pour remplir le vide formé , et devra , si le mélange est fait dans les proportions dites, occuper entièrement la capacité de l'appareil. Or, selon qu'en effet celte capacité sera ou non remplie entièrement par l'eau ascendante , on jugera que le mélange contenait ou non les proportions dites.
1^ PHÎSU^I» EU AGTKMK.
Cela tient à ce que l'étincelle combine l'hydrogène et l'oxygène dans le rapport constant de a à I , jamais autrement ; résultat fort remarquable, et dont voici l'application dans l'analyse des gaz.
Supposons qu'on fa^se passer dans l'eudiomètre loo parties d'air pris dans une salle , et loo parties d'hydrogène pur, mesures qu'on reconnaity soit dans un long tube gradué dont on se sert préalablement, soit sur l'eudiomètre luimême, qui peut être gradué. Après qu'on aura donné l'étincelle , l'eau de la cuve remontera, et remplira l'eudiomètre seulement en partie. On mesure le gaz excédent, et l'on trouve qu'il reste i4o. Alors il est clair que 60 parties sur 200 ont disparu, et ont formé de la vapeur d'eau qui s'est condensée, en laissant un vide d'égal volume que l'eau de la cuve a- rempli. Sur ces 60 parties, l'hydrogène a dû fournir deux tiers et l'oxygène un tiers ; il y a donc ^o d'hydrogène absorbés, et 20 d'oxygène; donc telle était la dose d'oxygène contenue dans les 100 parties d'air. 11 n'y en avait pas davantage; car puisqu'il y avait de l'hydrogène en excès, il se serait formé une plus grande quantité de vapeur d'eau, et un vide plus con^dérable. Comme d'ailleurs il reste évidemment 60 parties d'hydrogène, si l'on introduit de l'oxygène en quantité égale à la moitié de ce nombre, et qu'on donne de nouveau l'étincelle , il y aura encore formation d'eau ^^ réduction de volume égale à 90 1 et disparition complète de l'hydro-
gène. Après cette double opération ^ il rester* dans l'éprouvette 80 parties de gaz* Comme Tair pur contient 79 parties d'azote, 00 jugera qu'il. y a là une partie d'acide carbonique qui s'est formée par la respiration aux dépens d'un égal volume d'oxygène ; ce qu'on vérifiera en l'absorbant avec la potasse ou l'eau de cbaux. Cette analyse particulière donne une idée générale des autres y qui sont toutes fondées sur la combinaison de l'oxygène et de l'hydrogène par l'étincelle électrique^ dans le rapport de i : a. Toutefois, la combinaison ne s'opère plus , si l'un des deux gaz est en très-grand excès par rapport à l'autre. L'eudiomètre de Yolta diffère de celui-ci dans la forme. Au lieu d'être ouvert par en bas, il a une fermeture à robinet qui plonge dans l'eau,, et qu'on ouvre après l'étincelle : de plus, il porte à sa partie supérieure une cuvette susceptible elle-même d'être remplie d'eau , et de recevoir un long tube gradué, dans lequel passe le résidu gazeux, au moyen d'un second robinet qu'on ouvre après la combinaison. Ce ne sont là que des circonstances accessoires , qui ne modifient au fond ni l'instrument ni surtout l'expérience. L'eudiomètre de Gay-Lussac porte à sa partie inférieure une soupape au lieu de robinet } l'explosioo gazeuse ne projette pas l'eau de la cuve, et la garniture en fer permet d'opérer sur le mercure. Les eudiomètres sont fort employés; toutefois, l'emploi de l'eudiomètre à eau siu*tout est passible d'objections assez sérieuses, qui laissent
du doute sur la parfaite exactitude des mesures.
Limpe éiec- 332. Nous avoiis parlé au n" i52 de la lampe "^'**' électrique au gaz hydrogène; or, cet appareil est une application fort intéressante de l'étincelle électrique appliquée à la combinaison des gaz. En même temps qu'on y donne issue, par un robinet à ajutage très-fin, au gaz hydrogène formé dans le corps de la lampe, on fait éclater une étincelle électrique entre deux pointes, dont l'intervalle est traversé par le jet de gaz. Là , l'hydrogène se trouvant mêlé avec l'oxygène de l'air, l'étincelle produit la combinaison , et la flamme qui en résulte suffit pour allumer une petite bougie. Quant au moyen de produire l'étincelle, il consiste dans un petit gâteau de résine préalablement battu avec une peau de chat, et que recouvre un plateau métallique isolé, et tenu avec un cordon de soie. Cet appareil^ qui est un petit électrophore, se trouve chargé d'avance; sa charge peut durer très-longtemps, et fournir beaucoup d'étincelles. Lorsqu'on tourne le robinet qui donne issue au gaz , ce mouvement tire le cordon de soie, et, par suite, le petit plateau métallique chargé, qui va rencontrer une des tiges pointues et lui donne une étincelle.
vîtesM de 333. I^ passage de l'étincelle d'une boule à * l'autre se fait avec la rapidité de l'éclair, c'est-àdire dans un temps d'une vitesse inappréciable; et la vitesse de transport des fluides électriques dépasse celle de la lumière, qui est de 77,000 lieues par seconde. Cette vitesse s'élève, en effet,