CHAPITRE XXVI
DE L'ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE. — CONTACT. — ACTIOlfS CHIMIQUES. — PILES DIVERSES.
Électricité 372. Le contact de deux métaux développe sur
de
contact, tous dcux de 1 électricité , el les constitue dans des élats contraires. Ce n'est point au frottemeiTt accidentellement produit dans le contact qu'on peut attribuer les effets observés; soudés l'un à l'autre, les deux métaux sont par cela seul, l'un positif, l'autre négatif, comme on le reconnaît avec l'éleotroscope à lames d'or. Le développement des fluides est donc le résultat de la juxtaposition de deux métaux différents. Si la cause est perraa* nente, l'efTet sera constant : un conducteur réunissant les deux plaques métalliques, les deux fluides contraires se recombineront sur ce conducteur; mais les deux plaques se constitueront de nouveau et immédiatement dans des états opposés. Nouvelle recomposition des fluides sur le conducteur intermédiaire, et nouvelle production d'électricité par le contact; il y aura donc continuité d'action : de là des courants contraires. On est dans l'usage de ne considérer que le courant positif.
Le conducteur intermédiaire ne doit pas être
CaUPITBE XXTI. U9
unmëtahil est toujours un liquide, qui, dans la théorie du contact, n'exerce pas sur les métaux d'action électromotrice.
373. Les courants produits par contact ou toute Théorie. autre cause agissant d'une manière incessante , s'expliquent mieux dans l'hypothèse d'un fluide unique, qu'avec les deux fluides. On ne conçoit guèie comment ces deux fluides, séparés par le contact, se fixent sur les deux plaques, sans pouvoir se réunir, tandis qu'ils se rëcombinent sur un intermédiaire beaucoup moins bon conducteur qu'eux-mêmes, et en faisant un plus long chemin. A une distance nulle, leur attraction mutuelle et leur tension maximum ne suffiraient pas pour les combiner, et la combinaiso*n aurait lieu sur d'autres conducteurs dans des circonstances beaucoup moins favorables ! Ce n'est pas fout : car si le conducteur intermédiaire est continu, il y a sur lui une circulation complète des deux fluides, comiiie le prouve la parfaite similitude d'action danstousles points du conducteur intermédiaire; or, comment concevoir cette circulation de deux courants, traversant en sens contraire la même aurface conductrice, ne se combinant pas dans * cette rencontre, et allant au contraire se combiner plus loin sur les plaques? Il y a là contradiction évidente et impossibilité manifeste.
Dans le système d'un seul fluide, on conçoit que le contact produit entre deux plaques, cuivre et zinc, par exemple, mette en rapport d'action mutuelle deux systèmes d'atomes hétérogènes H
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de molécules éthërées en équilibre avec eux; or, par l'effet de cette action nouvelle , les molécules d'éther se constitueront dans un état d'équilibre différent; de sorte qu'une certaine quantité pourra passer de Tune des plaques à l'autre. Il y aura donc d'un côté surcharge d'éther, et de l'autre, déficit; et cet état sera permanent comme le contact lui-même, puisque c'est un état d'équilibre déterminé par la juxtaposition des corps. Admettons l'interposition d'un conducteur doué faiblement delà force électromotrice, c'est-à-dire, dont le contact avec les métaux ne dérange que trèsfaiblement l'état mutuel d'équilibre. Alors l'excès d'étlier résidant sur le métal positif refluera sur ce conducteur, et modifiera l'état de son éther intérieur; mais l'état d'équilibre de celui-ci ne saurait se maintenir, à moins de rejeter d'un atome au suivant l'excès que chacun reçoit à son tour; et cet excès se transmettra de la sorte à la plaque qui est en déficit d'une quantité égale, et qui sera remise à l'état neutre momentanément; car, la première cause subsistant toujours^ l'effet précédent se répétera, et il y SLursi ,coufvnt du métal positif au métal négatif, par le conducteur inerte qui les réunit. C'est ainsi que nous envisagerons la force électromotrice, pour la simplicité des explications; quant aux faits qui, après tout, nous importent seuls, ils sont indépendants de l'exactitude de telle ou telle théorie.
Aiectrieité 374. La force électromotrice de deux métaux s'observe entre deux quelconques de ces sub*