‹ La physique en actionChapitre 33 sur 93 · Le mouvement perpétuel se compose de Mouvement · texte numérisé non relu

Le mouvement perpétuel se compose de Mouvement

%i !•/ 1 • perpétuel.

deux piles sèches disposées en colonnes verticales, l'une auprès de l'autre, et présentant à

laS FHTSfQUE m ACTION.

leur sommet leurs pôles de noms ^^^o^^ contraires. Entre ces deux pôles est suspendue^ par un fil de soie^ une très-légère aiguille , qui oscille entre les deux pôles contraires ; car^ si elle est d'abord poussée vers le pôle positify elle s'y chargera positivement , sera repous* sée^ et se portera, tant par l'effet de cette répulsion que par celui du mouvement acquis, vers le pôle négatif, où elle se déchargera pour se charger de fluide contraire. Repoussée vers le pôle positif, elle repassera par les mêmes phases, et il semble que ces oscillations ne doivent pas s'arrêter. En fait, elles durent fort longtemps, mais elles ont un terme dû à la décharge de la pile. En passant de l'un à l'autre pôle, Taiguilie mobile neutralise, en les combinant, de petites parties des fluides contraires : la tension va donc en diminuant continuellement; mais il est vrai que l'aiguille peut être établie de telle sorte que ce qu'elle enlève ainsi par contact soit rétabli tout juste par la force électromotrice de la pile. Il parait que cela est difGcile à réaliser ; de sorte que, même en abstrayant de ce que l'air enlève, la pile perdra peu à peu, et que l'aiguille ne pourra plus être attirée jusqu'aux contacts. Avec le temps la pile se rechargera , et le mouvement pourra recommencer, mais à la condition d'une impulsion extérieure donnée à l'aiguille. On n'a donc pas précisément le mouvement perpétuel, mais on a un mouvement d'une durée remar-

mètre.

GHAPITaC XXTI. 183

quable. On Farréte à volonté en soufflant sur les pôles y ou en les touchant; car alors on enlève la plus grande partie des électricités motrices,

385. Le diagomètre de Rousseau est un instru- Diago ment fondé sur les mêmes principes ^ mais qui offre de plus des applications fort utiles. Une aiguille aimantée très-fine et très-légère , garnie d'un petit disque de clinquant à l'une- de ses extrémités /est supportée par un pivot métallique; quand l'aiguille est en équilibre de position , son petit disque se trouve contigu à un autre disque métallique et vertical j qui communique par un conducteur avec le pied du pivot; cet ensemble est placé sur un gâteau de résine , et recouvert d'une cloche. Le conducteur qui communique au pivot passe par-dessous la cloche, et rencontre un plateau métallique sur lequel on pose les corps dont on veut mesurer la conducibilité; car telle est la destination de cet instrument y comme son nom l'indique. Sous le gâteau de résine est une pile sèche , dont le pôle inférieur communique avec le sol, tandis que l'autre peut être mis en contact avec le plateau métallique. A l'instant où le contact a lieu, le disque métallique sous la cloche est électrisé, ainsi que l'aiguille mobile ; le petit disque de clinquant est repoussé y et l'aiguille tourne d'un certain nombre de degrés, qu'on peut mesurer sur un cadran. Lorsqu'on agit , comme nous venons de le dire , sans interposition d'aucune autre substance, la

dëviation de raiguille est instantanée , et elle atteint du premier coup sa position extrême; mais si l'on pose sur le plateau métallique un conducteur imparfait , comme un morceau de bois sec ou de verre , et que l'on force l'électricité à traverser ce morceau, l'aiguille se meut lentement, et n'arrive à son maximum d'écart qu'après un temps plus ou moins long. La déviation serait toujours nulle, si le corps interposé était complètement isolant. La durée du temps nécessaire à l'effet total est donc une bonne mesure de la conducibilité.

Au moyen de cet instrument, on peut reconnaître le degré de pureté de l'huile d'olive, qu'on falsifie souvent avec de l'huile d'œillelte. La première de ces substances est un conducteur trèsimparfait; la seconde au contraire conduit bien l'électricité. Or, il se trouve qu'une très-petite quantité de cette dernière, mêlée à de l'huile d'olive, donne à celle-ci un pouvoir conducteur assez considérable. L'application du diagomètre à l'huile douteuse manifestera donc l'existence du mélange , même dans de très-faibles proportions. préservaUon 386. La décompositiou de l'eau, et de tant

galvanique '■

do d'autres composés oxygénés, nous a montré l'oxyde gène se portant toujours au pôle positif; d'où il résulte qu'un couple voltaïque, dont le pôle négatif serait formé par un métal qu'on voudrait empêcher de s'oxyder, serait un excellent moyen de dérivation pour l'oxygène. C'est sur ce principe

navires.

CHAPITBB XXTI. 185

qu'ont été fondés un certain nombre d'appareils préservateurs, dont nous signalerons les deux principaux.

On sait que pour préserver le bois des navires de l'action de Teau de mer, et surtout de celle des insectes, on double extérieurement les carènes en feuilles de cuivre. Mais ces feuilles ne tardent pas à s'altérer par l'oxygène de l'air contenu dans Feau de la mer; et le cuivre oxydé qui remplace le métal, se perce, se brise, et découvre le bois. Pour empêcher l'oxydation, on n'a qu'à placer sur les feuilles de cuivre, de distance en distance, des bandelettes de zinc, ou simplement des clous de fer; ces deux métaux étant beaucoup plus oxydables que le cuivre, formeront le pôle positif d'autant de couples, attireront l'oxygène, qui, par TefTet voltaïque, fuira le cuivre, et l'oxyderont à la place de ce métal. Tel est le procédé qu'imagina Davy, pour protéger contre la corrosion le doublageen cuivre des vaisseaux. Le métal protecteur devait occuper à peine un centième de la surface totale.

Cette combinaison obtint d'abord un plein succès, en ce sens que le cuivre était préservé de l'oxydation^ mais il portait avec lui un inconvé^ nient grave et intrinsèque qui en devait neutraliser les avantages. Le fer et le cuivre formant un couple, avaient action sur les sels calcaires et magnésiens contenus dans l'eau de mer, et en les décomposant chassaient sur le cuivre négatif les

186 PHTSIOUB m ACTION.

bases de ces sels, lesquels, absorbant Facide carbonique que l'eau de la mer contient à certain^ dose, donnaient des carbonates de chaux et c! magnésie qui se fixaient au doublage, et dai lesquels s'incrustaient des coquillages de tout. sortes et des plantes marines } de sorte que le cuivre était préservé, on trouvait une comp^ sation fâcheuse dans l'alourdissement progrr du navire et le ralentissement de sa marche, considération de cet inconvénient majeur, « les dernières expériences de Davy ne seml^l pas avoir fait disparaître, on a renoncé à l'ac voltaïque pour protéger le cuivre.

Toutefois on a gagné quelque chose en ren çant le cuivre par des feuilles de bronze. L'ai du cuivre et de l'étain , dans le rapport de 6, forme de nombreux petits couples voila qui agissent sur l'eau de mer, et prévienner.' tiellement l'oxydation et la destruction. Des riences comparatives ont prouvé l'effîcacilc moyen ; elles se sont toutes accordées à pi que l'altération du bronze était beaucoup dre que celle des feuilles de cuivre. C' bronze qu'on double maintenant tous les i de l'État } ceux du commerce, par raison nomie, sont souvent doublés en zinc, et 1 que le service de ce doublage vaut celui du I Nous serions tentés de croire qu'il a moins autant, attendu que le zinc jouit (' propriété importante, que son oxyde, u

galvanisé.

ÙÊMTOm XXfl. tST

foi'mé superficiellement^ coinpose une coudbe di& fieilemeni perméable à Toxygène, et s'oppose à une altération ultérieure du métal sous-jàcent.

387. Le principe sur lequel Davy fondait son Fer appareil préservateur, est aussi celui qui préside à l'art de la galvanisation du fer. Le fer galvanisé^ dont l'Usage se répand assez l'apidement/ est une sorte d'étamage au zinc; mais la combinaison des deux métaux est moitis superficielle que dans le fer-blanc. L'enveloppe de zidc^ quand elle est oxydée à sa surface ^ forme^ comme nous venons de le dire ^ une couche qui préserve d'une oxy* dation ultérieure le reste du métal , et par suite le fer que celui-ci recouvre ^ et qui est si altérable à l'air. En cela d'abord le zinc agit comme un fourreau préservateur; mais il fait plus. Si le zingage n'est pas parfait, et que le fer se trouve à découvert sur quelques points, cette circonstance^ qui, dans rétamage ordinaire, détermine un centre d'oxydation énergique qui mine le fer autour de lui , même sous l'enveloppe d'étain , et perce la tôle en peu de temps; cette circonstance, dis-je, ne produit rien de semblable dans le cas dont il s'agit, attendu que le zinc ambiant agit comme préservateur, en s'emparant de l'oxygène qui tendrait à se combiner avec le fer. Ici , le métal zingué est un couple qui agit comme les couples de Davy. Peut-être serait-il bon de doubler les navires de tôle galvanisée , ou de feuilles de cuivre zinguées.

Il y aurait avantage à appliquer ce procédé de

iSd phtsiqob en action.

galvanisation aux projectiles en fonte des bouches à feu , qui se détériorent à l'air, et finissent, en s'usant peu à peu , par n'être plus de calibre. Les tôles galvanisées seraient d'excellent service pour la couverture des toits, la confection des gouttières; préférables en cela au zinc lui-même, qu'on emploie pour ces objets , en ce qu'en cas d'incendie ils ne céderaient pas comme le zinc, métal éminemment combustible. Les tuvaux de conduite pour l'eau et pour le gaz seraient préservés, par la galvanisation, des perforations, trop communes, auxquelles la rouille les assujettit. Enfin, des plaques de tôle zinguées seraient employées avec succès et économie, pour revêtir les pieds de mur humides et salpêtres. Une boiserie légère, appliquée par-dessus, serait entièrement soustraite à l'influence de l'humidité du sol et de la muraille.

Page 1