CHAPITRE XXVII
DE L'ÉLECTRO-MAGinSTISHE.
388. Si l'on joint par un seul fil de cuivre les AigaiUe deux pôles d'une pile en activité, et qu'on place ^ÏÏn^'wiiîîrt.* une portion .de ce fil au-dessus et tout près d'une aiguille aimantée libre sur son pivot, cette aiguille sortira du méridien magnétique , pour se placer en croix avec le fil interpolaire. Si le fil est très-voisin et la pile énergique, l'axe de l'aiguille se placera presque à angle droit avec le fil. L'angle des deux directions augmente à mesure qu'on approche le fil de l'aiguille; mais jamais l'angle droit n'est atteint rigoureusement, parce que cette action révolutive est toujours contrariée dans l'aiguille par l'action magnétique de la terre.
Dans la théorie ordinaire, on dit que le courant positif va du* pôle zinc au pôle cuivre par le fil interpolaire; le courant négatif suivrait la marche opposée. Alors c'est le courant positif, qui porte spécialement le nom de courant^ et qui est désigné par ce mot lorsqu'on l'énonce seul. £n n'admettant qu'un seul fluide, nous n'avons d'autre courant que celui-là. Ainsi ce mot : courant j
a UB &&0& hifin défini. Par le fil intêf polaire ^ il va du zinc au cuivre. Ceci posé, voici les particularités du mouv^mept de Taiguille sous l'influence du fil :
Quand le fil 0^% pl^cé au-de^si^s de Taiguille, celle-ci se tourne de telle sorte que sa pointe nord ou pointe bleue tourne à l'ouest, le courant allant du sud au nord. Si le fil est placé au-dessous de l'aiguille, la pointe nord s'en va à l'est. Placé à droite ou à gauche, le fil tend à tourner l'aiguille verticalement, dans un seas ou dans un autre. Le mode de suspension de l'aiguille oppose quelque obstacle à cette dernière épreuve ^ qui est d'ailleurs suffisamment constatée. Or, cet ensemble assez complexe peut se formuler de la manière suivante : Imaginons l'observateur couché sur le fil, le courant allant de ses pieds à sa tête, et sa face étant tournée vere l'aiguille, la pointe nord se tournera toujours ixers le cœur, ou à gauche.
389. Cette expérience fondamentale nous donnera donc le moyen de reconnaître : i** l'existence de courants électriques dans un fil conducteur; ^ la nature du fluide qui y circulera, ou plutôt la direction du coMrant. Sur ce principe, on a construit un instrument précieux par son extrême sensibilité, pour constater la présence et le sens des courants ; c'est un des plus utiles moyens d'investigation que possède aujourd'hui le physicien. C'est le m;ultipUealeuré\^c\x\^e de Schweigger, appelé aussi gai^fmèomkre. Voici en quoi il consiste :
CHiPlTM XXVII. 191
Comme on a remarqué que l'aiguille aimantée Muitipuobéit à la force révolutive qui a son stége dans le "^^ "^u'que/^ fil parcouru par un courant, quelque court que soit ce fil , et que plusieurs fils juxtaposés muUi^ plient l'effet par leur nombre, on en a condu et r«xpérienoe a copfirmé qu'en faisant faii>e k un même fil plusieurs tours autour de l'aiguille, celle-ci serait influencée comme par un nombre de fils égal à celui de ces tours ; et eu appliquant le principe d'appréciation donné ci-dessus, on reconnaît que si la partie supérieure d'une spii« le»d à diriger l'aiguille dans un certain sens, h. partie inférieure exerce une action qui conspire pour tourner l'aiguille dans le même sens; de sotie que l'effet est doublé. Si donc un même fil fait 3oo révolutions autour de l'aiguille , l'effet sera le même que celui qui serait produit par 600 fils, d'une longueur indéfinie, qu'on placerait ensemble et parallèlement au<lessus de l'aiguille. D'après ce principe, on prend un cadre de bois, autour <luquel on enroule un fil métal* lique, à <{m l'on fait faire un très-grand nombve de tours, comme au fil commun autour d'une bobme; le fil métallique est revêtu de soie dans toute sa longueur, pour que les diverses parties en fil replié soient isolées les unes des antres; au ^centre de ce cadre est suspendue une aiguille aimantée, mobile, qui tourne pour obéir à l'action -des courants qui traversent le fil.
Si les courants sont très4aibles, faction que la terre exaree sur f aiguille, et qui tend à la fixer
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dans le méridien magnétique , s'opposerait à ce que l'aiguille cédât à ces courants; mais on annule à peu près complètement cette action du globe , eu fixant près l'une de l'autre, sur un même axe vertical, tel qu'une paille, deux aiguilles légères, ayant à très-peu près la même puissance magnétique, mais disposées de manière à ce que les pôles de l'une soient juxtaposés aux pôles contraires de l'autre. Si les magnétismes étaient rigoureusement égaux , ce système serait dépourvu de toute force directrice , puisque l'action attractive que le pôle nord de la terre exerce sur le pôle sud de l'une des deux aiguilles , serait neutralisée par l'action répulsive et égale qu'il exerce sur le pôle nord de l'autre aiguille placé du même côté. Mais il est impossible de trouver des aiguilles rigoureusement semblables sous le rapport magnétique; et même cette égalité absolue rendrait impossible l'objet qu'on se propose ; car il faut que le système conserve une force directrice quelconque pour résistera l'action du fil, et donner une mesure de cette action. Or, si les aiguilles sont équivalentes, 9l très-peu près ^ ce qu'il est facile d'obtenir, on reconnaît aisément que l'appareil aura une très-petite force directrice , égale à la différence de celle des deux aiguilles. Le système n'est donc retenu dans le méridien magnétique que par une très-petite puissance; donc elle pourra céder à l'action des plus faibles courants. La figure ci-contre présente le multiplicateur complet, renfermé sous une cage de verre, pour