CHAPITRE XlVll
guille de boussole , fait un nombre de circonvolutions convenable autour d'un fera cheval ^ et en fait un électro-aimant véritable à l'instant où la pression du doigt sur la touche établit le circuit et détermine le courant. Auprès de l'appareil est placé un petit levier de fer qui vient battre contre le fer à cheval toutes les fois que celui-ci devient magnétique au moyen du courant qui le traverse, ce qui revient à dire, toutes les fois qu'on press la touche, ce qu'on peut faire aisément plus de 5o fois par minute. Voilà un moteur trouvé; quant à la production des signes, on peut en varier le mode de diverses façons; il nous suffira d'en décrire un seul.
En avant de l'électro-aimant se trouve fixé un mouvement d'horlogerie qui fait marcher une roue dentée dont l'axe est horizontal; cette roue est gouvernée par un échappement comme dans les pendules, et l'échappement est lié au petit levier de fer qui joue le rôle de balancier. Quand le levier va frapper l'électro-aimant, l'échappement laisse passer une dent de roue, et au contraire il arrête la roue en s'y engrenant quand le levier retombe. La roue, en tournant de une... deux... cinq... huit dents , entraîne dans son mouvement une aiguille qui se promène sur un cadran extérieur, et la fait avancer d'autant de divisions. Nous supposerons que les divisions du cadran sont au nombre de aS, auxquelles correspondent autant de lettres de l'alphabet. Cela posé, veuton , par exemple , transmettre de la première sta- II. 14
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tion à la seconde un mot tel que celui-ci : Partez^ voici comment on procédera:
L'opérateur de la première station, qui a sous les yeux un cadran et un électro aimant tout à fait semblables à ceux de la seconde station, appuiera le doigt sur le couple voltaique autant do fois successivement que Taiguille a de divisions à paiv courir pour passer de sa position actuelle à la lettre/? du cadran. Par exemple, si Taiguille était restée sur /, on toucherait trois fois, le levier battrait trois fois sur Télectro-aimant, l'échappe* ment laisserait passer trois dents de roue, et l'ai-* guillci avançant de trois divisions, viendrait se placer eu p. Or, le mouvement de l'aiguille qui s'exécute devant les yeux de l'opérateur de la première station, se répèle, à la seconde station, comme si les deux appareils étaient tout d'une pièce; et ils le sont en effet, puisque tous deux reçoivent le même courant par l'intermédiaire du même fil conducteur qui les unit} et autant il y aura d'ap< pareils semblables placés sur la route et engagés dans le même fil conducteur, autant il y aura de mouvements d'aiguilles semblables et simultanés. Ainsi l'on a transmis en un instant , d'une station à l'autre, la lettre /?, et l'on transmettra, de la même manière, les autres lettres du mot; donc ou fera des mots et des phrases quelconques. Il n'est pas besoin de dire que le lecteur de la seconde station répondra par les mêmes moyens ; car les deux stations extrêmes spnt fournies des mêioes appareils.
GHAPlTa£ XlVil. 2U
402» Dans le système d'un fil unique et des électro-aimants, on peut s'adresser aux oreilles au lieli de parler aux yeux. Le petit levier de fer qui bat contre le fer à cheval battrait en mémo temps contre un timbre, comme cela a lieu dans l'apipareil avertisseur. Or, si l'on partage l'alphabet en cinq séries comme ci-deçsus, on donnera d'abord à une touche unique autant de coups de doigt qu'il y a d' unités dans le numéro de la série , puis un autre nombre égal au rang qu'occupe dans celte série la lettre voulue. 11 se frapperait alors sur le timbre autant de coups que la touche a reçu de pressions, et un aveugle connaîtrait par ià la lettre qu'on s^ dépêchée. Dans ce système, il n'y aurait ni mouvement d'horlogerie, ni roue. Mais il n'offre pas d'avantages pratiques très-réels, et présente au contraire divers inconvénients, l^in desquels serait la longueur comparative de I9 'transmission des dépêches.
403. Toutefois, dn trouvera que, même dans le système qui s'adresse aux yeux, la transmission lettre par lettre est quelque chose d'assez imparfait sous différents rapports. Or, on conçoit qu'on puisse remplacer les lettres par les caractères d'une écriture plus rapide et plus abrégée, comme dans la télégi'aphie optique ordinaire. Ceci n'est plus l'affaire de la physique, qui ne se charg^ que d'une transmission matériellement rapide, et ne s'occupe pas de la signification des caractères, ou de ee qu'on appelle la langue télégraphique. Il importe de bien saisir cette distinction : le mode
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de transmissiou pourrait être excellent, et le dictionnaire imparfait; et si la télégraphie électrique est appelée à un bel avenir, il y aura peut-être beaucoup à faire sous le rapport séméiologique, avant d'en tirer tout le parti dont ce nouvel art est susceptible. Mais revenons à nos appareils.
404. Il existe encore deux conditions à remplir, pour que le service de notre télégraphe soit sûr et complet. Les correspondants aux deux bouts de la ligne télégraphique ne sauraient avoir sans cesse les yeux fixés sur les cadrans ; et il peut arriver même que l'un d'eux soit absent au moment de la transmission d'une dépêche. Or, nous avons d'abord une sonnette mise enjeu par le courant, et par laquelle on avertit qu'une dépêche va passer. Cela est facile à comprendre par ce qui précède. Au coup de sonnette ainsi donné par l'envoyeur, le receveur répond par un carillonnage semblable qui signifie. Me voilà : et les deux acteurs de celte scène se disposent à entrer en correspondance.
Mais supposons qu'il n'y ait pas de réponse au premier coup de sonnette; l'employé est absent; or, il faut que l'on puisse se passer de lui. Et on le peut en effet, en imprimant sur son bureau même la dépêche qui ne le trouve pas à son poste.
On a imaginé plusieurs procédés pour cette impression , et en ce moment on n'est pas fixé partout sur celui qui devra obtenir définitivement la préférence. Il nous suffira d'en décrire
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un seul y non comme le meilleur peut-être, mais comme exemple de ce qui peut être fait dans ce genre pour parvenir au but proposé.
On a un électro-aimant qui fait tourner une roue horizontale, de la même mapîère que nous avons vu tourner la roue dentée verticale que gouverne l'opérateur. Cet électro-aimant est animé par le même courant qui fait tourner la roue verticale; il produit donc sur la roue horizontale qui lui fait face les mêmes phénomènes qui ont lieu sur Tautre, et la fait tourner d'autant de crans que la roue verticale a tourné. Donc le doigt qui presse les touches de manière à amener l'aiguille de la roue verticale sur une certaine lettre du cadran y fera par le même mouvement tourner la roue horizontale, de manière à amener dans une position voulue une des lettres que porte en relief la circonférence de cette roue. Alors un second électro-aimant imprime à un levier convenable un mouvement par l'effet duquel on voit avancer vers la roue une feuille de papier blanc bien tendue; cette feuille devient tangente à la roue , au point où se trouve la lettre dont il s'agit, et se trouve pressée très-fortement contre elle. Derrière la feuille blanche, est une feuille enduite de savon noir : cette substance s'applique sur la feuille blanche au point pressé, et y trace, en s'y détachant, la lettre voulue. Du reste, la feuille de papier blanc tourne sur un cylindre que les appareils mettent en mouvement.